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vendredi 9 octobre 2026

HOLLYWOOD FACE AUX OVNI

HOLLYWOOD FACE AUX OVNI

Quand le cinéma s'empare de la « divulgation »

De Spielberg à Joseph Kosinski, de Roswell aux X-Files : pourquoi Hollywood transforme aujourd'hui les OVNI en phénomène culturel majeur

GEOS France – Rédaction - PM

Pendant près d'un demi-siècle, Hollywood a surtout présenté les extraterrestres sous deux visages : celui de la menace venue du ciel ou celui du visiteur pacifique capable de bouleverser notre vision de l'Univers.

Mais quelque chose a changé.

En 2025-2026, les OVNI — ou plutôt les UAP, Unidentified Anomalous Phenomena — sont devenus un sujet suffisamment sérieux pour intéresser des réalisateurs de premier plan, des studios majeurs et des plateformes de streaming.

Le phénomène est d'autant plus remarquable que les nouveaux projets ne se limitent plus à raconter une invasion extraterrestre imaginaire. Ils mettent en scène des lanceurs d'alerte, des militaires, des programmes secrets, des crashs d'engins inconnus, Roswell, des enquêtes gouvernementales et la révélation éventuelle d'une présence non humaine.

Et au centre de cette nouvelle vague figure un nom qui constitue presque à lui seul un chapitre de l'histoire des OVNI au cinéma : Steven Spielberg.

1. « DISCLOSURE DAY » : LE FILM QUI A PLACÉ HOLLYWOOD AU CENTRE DU DÉBAT

Le cas le plus spectaculaire est évidemment Disclosure Day, réalisé par Steven Spielberg.

Sorti en juin 2026, le film marque le retour du cinéaste à une thématique qui accompagne sa carrière depuis ses débuts.

Spielberg avait réalisé dès 1964, alors qu'il n'avait que 17 ans, le film amateur Firelight, consacré à des scientifiques confrontés à des objets volants mystérieux. Puis vinrent Close Encounters of the Third Kind, E.T. the Extra-Terrestrial et War of the Worlds.

Avec Disclosure Day, Spielberg revient donc près de cinquante ans après Rencontres du troisième type à un sujet qui lui est particulièrement familier.

Le film réunit notamment Emily Blunt, Josh O'Connor, Colin Firth, Colman Domingo, Eve Hewson et Wyatt Russell.

Son scénario tourne autour de la découverte d'une réalité bouleversante concernant la présence extraterrestre et les efforts entrepris pour contrôler ou dissimuler cette information. Mais ce n'est pas seulement le scénario qui a attiré l'attention des ufologues.

C'est surtout le mot « Disclosure ».

2. « ALL WILL BE DISCLOSED »: LE MARKETING QUI A ENFLAMMÉ LE MONDE UFO

Avant même la sortie du film, d'immenses panneaux publicitaires apparurent à New York et Los Angeles.

Le message était particulièrement simple : ALL WILL BE DISCLOSED

Puis une date : 06.12.2026

Et un seul nom : SPIELBERG.

Pour Hollywood, il s'agissait évidemment d'une campagne publicitaire extrêmement efficace. Pour une partie de la communauté ufologique, le message semblait beaucoup plus intrigant. Le terme « disclosure », ou divulgation, est depuis plusieurs années devenu l'un des mots-clés du mouvement UFO américain. Il désigne notamment l'idée selon laquelle le gouvernement américain détiendrait des informations beaucoup plus importantes sur les UAP qu'il ne l'admet publiquement. La campagne de Spielberg a donc immédiatement provoqué une question :

Spielberg sait-il quelque chose ? La réponse journalistique doit être beaucoup plus prudente. Nous ne disposons d'aucune preuve publique que Steven Spielberg ait été informé d'un programme secret ou d'une quelconque réalité extraterrestre. Le réalisateur a lui-même expliqué en 2026 qu'il n'en savait pas davantage que le public, tout en déclarant avoir une forte suspicion que nous ne soyons pas seuls.

Cette distinction est fondamentale. Une conviction personnelle n'est pas une preuve.

3. LE PLUS IMPORTANT : HOLLYWOOD NE PARLE PLUS SEULEMENT D'EXTRATERRESTRES

C'est probablement la véritable nouveauté. Dans le cinéma classique, l'OVNI était principalement un élément fantastique. Dans la nouvelle génération de productions, l'OVNI devient un problème politique et institutionnel. Le schéma narratif change Il ne s'agit plus seulement de :

« Des extraterrestres arrivent. »

Mais plutôt :

« Que se passe-t-il si le gouvernement sait qu'ils existent ? »

Et surtout :

« Que se passe-t-il si quelqu'un décide de révéler cette information au public ? »

C'est une transformation considérable de l'imaginaire hollywoodien.

4. JOSEPH KOSINSKI : LE FILM UFO QUI SE VEUT « SCIENCE FACT »

Un autre projet mérite une attention particulière. Il est développé par Joseph Kosinski, réalisateur de Top Gun : Maverick et de F1. Apple Original Films a acquis son projet consacré aux OVNI, avec Jerry Bruckheimer à la production et Zach Baylin au scénario. Mais surtout, le projet est associé à David Grusch, ancien officier du renseignement américain devenu l'une des figures majeures de la controverse UAP après son témoignage devant le Congrès en 2023. Grusch est annoncé comme consultant et producteur associé. Et Kosinski a employé une formule particulièrement spectaculaire pour qualifier son projet : « Ce n'est pas de la science-fiction. C'est de la science factuelle. »

La déclaration est évidemment remarquable. Car elle modifie complètement le positionnement du film. Kosinski ne présente pas simplement son œuvre comme une histoire imaginaire inspirée des OVNI. Il affirme vouloir s'appuyer sur des événements et des témoignages réels.

Le projet a été comparé à : « All the President's Men » avec des OVNI.

Autrement dit, un thriller politique et journalistique dans lequel l'enquête sur les UAP remplacerait l'affaire du Watergate.

5. DAVID GRUSCH ENTRE DANS HOLLYWOOD

La présence de David Grusch dans ce projet constitue probablement l'un des aspects les plus intéressants.

Son témoignage de 2023 devant le Congrès américain avait propulsé la question des programmes de récupération d'engins supposés non humains au cœur du débat politique américain. Mais il faut conserver une distinction essentielle : La présence de Grusch comme consultant n'authentifie pas les affirmations du film. Elle signifie simplement qu'un personnage directement impliqué dans le débat UAP participe au développement du projet. Cela n'est pas très différent, sur le plan méthodologique, d'un réalisateur travaillant avec un ancien militaire pour rendre crédible un film de guerre. La participation d'un témoin réel peut augmenter la crédibilité narrative. Elle ne transforme pas automatiquement la fiction en documentaire.

6. ROSWELL: HOLLYWOOD REVIENT AU « CRIME SCENE »

Autre surprise : Roswell revient en force. L'incident de juillet 1947 demeure le mythe fondateur de l'ufologie moderne américaine. Deux productions différentes sont actuellement associées à cet événement historique.

Le projet de Scott Cooper Le réalisateur Scott Cooper développe pour 20th Century Studios un film consacré à Roswell. Il doit écrire et réaliser lui-même le projet. Le film devrait privilégier une approche dramatique et humaine plutôt qu'un simple spectacle de science-fiction.

« Unidentified » - Un deuxième projet porte le titre Unidentified. Il est associé au producteur et podcasteur Bryce Zabel, avec Sylvain White à la réalisation. Son concept est particulièrement intéressant puisqu'il doit fonctionner sur trois périodes :

1.    1947, au moment de Roswell ;

2.    Les années 1990, avec des chercheurs enquêtant sur les témoignages ;

3.    L’époque contemporaine, autour d'une intrigue policière liée à des morts suspectes.

L'idée est donc de transformer Roswell en véritable enquête historique à suspense.

Ce n'est plus simplement : « Avait-il vraiment un extraterrestre à Roswell ? » Mais : « Pourquoi cette histoire n'a-t-elle jamais été définitivement résolue ? »

7. ROSWELL : UNE HISTOIRE PARFAITE POUR HOLLYWOOD

Il n'est pas difficile de comprendre l'intérêt des scénaristes. Roswell possède pratiquement tous les ingrédients du thriller :

Une découverte mystérieuse ;

Une armée ;

Des décennies de controverses ;

Un communiqué officiel

Une rétractation ;

Des accusations de dissimulation

Des débris ;

Des témoins ;

Des morts et témoignages tardifs

Des déclarations contradictoires ;

Des documents ;

 

Et une question demeurée sans réponse définitive pour une partie du public.

Pour un scénariste, c'est presque un scénario pré-écrit. Mais il y a un piège. Roswell est aussi l'un des dossiers les plus controversés de toute l'ufologie. Un film peut donc facilement transformer une histoire historiquement complexe en récit beaucoup plus simple :

OVNI → crash → extraterrestres → cover-up.

Or la réalité documentaire est beaucoup plus compliquée.

8. LE RETOUR DES « X-FILES »

La télévision n'est pas en reste. Ryan Coogler, réalisateur de Black Panther et de Sinners, travaille sur un reboot de The X-Files pour Hulu. Un pilote a été commandé et Danielle Deadwyler doit notamment participer au projet. L'histoire doit une nouvelle fois tourner autour d'une unité du FBI consacrée aux phénomènes paranormaux. Le projet est particulièrement symbolique car The X-Files a joué un rôle majeur dans la transformation de l'OVNI en phénomène culturel mondial. La série créée par Chris Carter en 1993 avait popularisé une formule devenue mythique : « The truth is out there. » Trente ans plus tard, Hollywood revient donc à cette même question. Mais le contexte n'est plus celui de 1993.

Lorsque The X-Files est apparu, l'ufologie était encore largement considérée comme une sous-culture marginale. En 2026, les UAP sont discutés : au Congrès américain ; au Pentagone ; à la NASA ; dans les commissions parlementaires ou encore par d'anciens responsables du renseignement.

Même les organismes officiels utilisent désormais le terme UAP. Cela permet à Hollywood de raconter une histoire différente. Les OVNI ne sont plus nécessairement présentés comme une superstition. Ils peuvent devenir : une question de sécurité nationale.

9. « THE AGE OF DISCLOSURE » : LE DOCUMENTAIRE QUI A CHANGÉ LA DONNE

Impossible de parler de cette nouvelle vague sans évoquer The Age of Disclosure, le documentaire réalisé par Dan Farah. Ce film est particulièrement important parce qu'il se situe à la frontière entre cinéma documentaire, journalisme et militantisme pour la divulgation. Le film rassemble 34 personnalités issues du gouvernement, de l'armée et du renseignement américains.

On y retrouve notamment :

  • Marco Rubio ;
  • Kirsten Gillibrand ;
  • James Clapper ;
  • Jay Stratton ;
  • Luis Elizondo ;
  • David Fravor ;
  • Ryan Graves ;
  • Chris Mellon ;
  • Eric Davis ;
  • Garry Nolan ;
  • Tim Gallaudet ;
  • Et plusieurs autres personnalités du dossier UAP.

Le documentaire affirme notamment l'existence d'une dissimulation mondiale vieille de plusieurs décennies concernant une intelligence non humaine et une compétition secrète pour récupérer ou reproduire une technologie supposée d'origine non humaine.

10. MAIS « THE AGE OF DISCLOSURE » EST-IL UNE PREUVE ?

C'est ici que l'analyse critique devient indispensable. Le film présente de nombreux témoignages de personnalités importantes. Mais : un témoignage, même prestigieux, n'est pas automatiquement une preuve matérielle. C'est précisément la principale faiblesse méthodologique du documentaire. Le Washington Post relevait déjà que le film présente de nombreux responsables affirmant avoir connaissance d'un programme de récupération d'engins extraterrestres, mais que les éléments matériels permettant de vérifier ces affirmations ne sont pas présentés de manière indépendante et concluante.

Le Guardian soulignait également que la force du documentaire réside largement dans la qualité apparente des personnes interrogées, davantage que dans la présentation d'un « smoking gun » vérifiable.

C'est une nuance capitale.

Nous sommes peut-être en train d'assister à une situation paradoxale. Plus Hollywood parle de « disclosure » ... plus le public risque de confondre : fiction avec témoignage et témoignage avec preuve.

Le danger est réel. Imaginons un spectateur qui regarde successivement :

  • The Age of Disclosure
  • Puis Disclosure Day
  • Puis le film de Kosinski
  • Puis X-Files.

Les quatre œuvres utilisent des éléments similaires :

  • ·         Gouvernement ;
  • ·         Secrets ;
  • ·         OVNI ;
  • ·         Militaires ;
  • ·         Extraterrestres ;
  • ·         Lanceurs d'alerte ;
  • ·         Programmes clandestins ;
  • ·         Dissimulation.

Le cerveau humain peut facilement finir par construire une continuité entre des éléments qui n'ont pourtant pas la même valeur documentaire.

C'est probablement la conclusion la plus importante de ce dossier ? Hollywood ne divulgue rien !  Même lorsqu'un film affirme être inspiré de faits réels, il reste une œuvre cinématographique. Le cinéma peut : informer ; populariser ; sensibiliser ou encore provoquer un débat mais il ne peut pas, à lui seul, démontrer l'existence d'une technologie extraterrestre.

Un film de fiction ne devient pas une preuve parce qu'un ancien responsable gouvernemental a participé au scénario.

De même : un documentaire ne devient pas automatiquement une démonstration scientifique parce qu'il rassemble 34 personnalités.

La question fondamentale demeure : Où sont les données vérifiables ?

Il serait toutefois erroné de considérer ces productions comme de simples divertissements. Elles constituent un excellent indicateur sociologique. Il y a vingt ou trente ans, un grand studio aurait probablement hésité à investir des dizaines de millions de dollars dans une histoire explicitement consacrée à la divulgation des OVNI.

  • *      Aujourd'hui : Spielberg le fait. - Kosinski le fait.
  • *      Apple investit.
  • *      20th Century Studios développe Roswell.
  • *      Hulu ressuscite X-Files.
  • *      Et des producteurs comme Bryce Zabel ou Dan Farah travaillent directement sur la frontière entre Hollywood et la culture UFO.

UAP Digest recense actuellement cinq projets majeurs dans cette nouvelle génération : Disclosure Day, le film UAP de Kosinski, les deux projets Roswell et le reboot de The X-Files.

Le phénomène peut être interprété de plusieurs façons. Regardons 


                    Première hypothèse : Hollywood suit simplement le marché.

  • Les OVNI font parler.
  • Les auditions du Congrès font parler.
  • Les lanceurs d'alerte font parler.
  • Les histoires de secret gouvernemental font parler.
  • Donc Hollywood transforme ce phénomène en produits culturels.
  • C'est l'explication la plus simple.

Deuxième hypothèse : les OVNI sont devenus culturellement acceptables

Il y a vingt ans, prononcer publiquement le mot « extraterrestre » pouvait encore provoquer le sourire. Aujourd'hui, un sénateur américain peut parler d'UAP devant le Congrès sans que la question soit immédiatement classée dans la catégorie de la science-fiction. Hollywood accompagne donc une évolution sociale.

Troisième hypothèse : le cinéma prépare psychologiquement le public

C'est l'interprétation préférée d'une partie du mouvement « disclosure ».

Selon cette lecture, Hollywood préparerait progressivement les populations à une éventuelle révélation officielle. Les films seraient alors une forme de pré-conditionnement culturel. C'est une hypothèse fascinante.

Mais elle ne possède actuellement aucune démonstration documentaire permettant de l'établir comme un fait.

11. LA THÉORIE DU « SOFT DISCLOSURE »

Cette idée mérite néanmoins d'être examinée. Depuis Close Encounters of the Third Kind, le cinéma américain a souvent présenté les extraterrestres non comme des monstres mais comme des êtres avec lesquels l'humanité pourrait entrer en communication.

Spielberg avait déjà contribué à modifier profondément l'image populaire de l'extraterrestre.

·         Avec E.T., l'alien devient même un personnage émotionnellement attachant.

·         Avec Disclosure Day, le vocabulaire change encore.

On ne parle plus seulement de « contact ». On parle de : divulgation.

C'est une évolution sémantique considérable.

L'autre évolution intéressante concerne les personnes qui circulent entre les deux mondes. Dan Farah est un cas emblématique. Il a travaillé dans l'industrie hollywoodienne et produit notamment Ready Player One, film de Steven Spielberg, avant de réaliser The Age of Disclosure. Son documentaire est aujourd'hui directement associé au mouvement de divulgation UAP.

David Grusch constitue un autre exemple. Ancien officier du renseignement devenu témoin majeur du débat UAP, il est désormais associé à un projet cinématographique hollywoodien.

Ce phénomène mérite d'être surveillé car il signifie que le sujet UFO n'est plus uniquement traité par les ufologues, Iil est désormais traité par : des producteurs, des scénaristes, des réalisateurs, des acteurs, des plateformes et des studios.

Il existe cependant un danger majeur car le phénomène OVNI est extrêmement hétérogène. Il comprend : des observations astronomiques mal interprétées ; des phénomènes météorologiques ; des satellites ; des avions ; des ballons et bien d’autres phénomènes ou matériels volants. Hollywood a tendance à réduire cette diversité. Le scénario préfère :

Mystère → enquête → découverte → révélation.

La recherche scientifique fonctionne autrement :

Observation → données → hypothèses → vérification → reproduction → conclusion provisoire.

Ces deux logiques ne doivent pas être confondues.

Le véritable intérêt des futurs films UFO ne devrait peut-être pas être : « Les extraterrestres existent-ils ? »

Mais : « Comment une société démocratique devrait-elle réagir si une preuve irréfutable d'une intelligence non humaine apparaissait demain ? » Cette question est beaucoup plus intéressante. Elle permettrait d'examiner : la réaction des gouvernements ; celle des militaires ; les religions ; les marchés financiers ; les scientifiques….

12. LE VÉRITABLE « DISCLOSURE » POURRAIT ÊTRE CULTUREL

Et c'est peut-être là que se trouve le phénomène le plus intéressant. Hollywood ne nous annonce peut-être pas une révélation extraterrestre. Il est possible qu'il soit simplement en train de nous montrer que la société américaine est désormais prête à considérer sérieusement cette possibilité. C'est déjà une transformation considérable.

1.    En 1977, Close Encounters of the Third Kind demandait : « Sommes-nous seuls ? »

2.    En 1993, The X-Files répétait : « La vérité est ailleurs. »

3.    En 2026, Hollywood pose une question beaucoup plus contemporaine : « Et si le gouvernement savait déjà ? 

Cette évolution est probablement plus importante que n'importe quelle soucoupe volante numérique.

 TABLEAU DES PRINCIPAUX PROJETS

Production

Réalisateur / créateur

Situation en 2026

Thématique

Disclosure Day

Steven Spielberg

Sorti en 2026

Contact / révélation / gouvernement

Projet UAP Apple

Joseph Kosinski

En développement

Lanceur d'alerte / enquête / UAP

Projet Roswell – 20th Century

Scott Cooper

En développement

Roswell 1947

Unidentified

Sylvain White / Bryce Zabel

En développement

Roswell / enquête sur plusieurs décennies

The X-Files

Ryan Coogler

Pilote commandé

FBI / paranormal / UAP

The Age of Disclosure

Dan Farah

Sorti en 2025

Documentaire / divulgation

Pluribus

Vince Gilligan

Série

Intelligence extraterrestre / conscience collective

Les cinq premiers projets constituent le noyau de la vague hollywoodienne explicitement recensée par UAP

Digest.

13. UNE « DISCLOSURE CINÉMATOGRAPHIQUE » AVANT LA DISCLOSURE OFFICIELLE ?

La question mérite finalement d'être posée. Hollywood est-il en train de préparer le terrain ?

Peut-être. Mais il existe une autre explication, beaucoup plus banale : Hollywood a découvert que les OVNI sont redevenus rentables. La nuance est essentielle. Le fait que plusieurs réalisateurs prestigieux s'intéressent aux UAP ne prouve ni l'existence d'une civilisation extraterrestre, ni celle d'un programme secret de récupération d'engins.

En revanche, cela prouve quelque chose de beaucoup plus facile à démontrer : le sujet OVNI a changé de statut culturel. Il est passé progressivement :

De la culture populaire → à la télévision → aux documentaires → aux médias généralistes → au Congrès → puis au cinéma hollywoodien de prestige. 

Et cette trajectoire mérite, en elle-même, d'être étudiée.

CONCLUSION

Il y a cinquante ans, Steven Spielberg faisait rêver le public avec Rencontres du troisième type. Aujourd'hui, Spielberg revient avec Disclosure Day, tandis que Joseph Kosinski prépare un thriller UAP auquel David Grusch est associé, que deux projets distincts s'attaquent à Roswell et que Ryan Coogler travaille sur le retour des X-Files. Parallèlement, des documentaires comme The Age of Disclosure présentent directement au public les témoignages d'anciens responsables politiques, militaires et du renseignement.

Nous assistons donc à quelque chose de nouveau. Ce n'est plus seulement Hollywood qui raconte les extraterrestres. Hollywood commence à raconter la divulgation elle-même. Mais il faut garder la tête froide. 

  • Un film n'est pas une enquête scientifique.
  • Un scénario n'est pas un dossier déclassifié.
  • Un témoignage n'est pas nécessairement une preuve.

Et une campagne publicitaire affirmant que « tout sera révélé » ne signifie pas que quelque chose sera effectivement révélé par un gouvernement.

La véritable question n'est donc peut-être pas : « Hollywood sait-il quelque chose ? »

Mais plutôt : « Pourquoi Hollywood pense-t-il désormais que le public est prêt à entendre parler sérieusement des OVNI ? » C'est probablement là que se trouve le véritable phénomène de 2026. Et si une véritable divulgation devait un jour avoir lieu, elle ne viendrait probablement pas d'un écran de cinéma. Elle viendrait de documents authentifiés, de données brutes, de matériels accessibles à des laboratoires indépendants et de preuves reproductibles.

Le cinéma, lui, peut préparer les esprits. Mais la preuve, elle, devra venir d'ailleurs.

 

Service rédactionnel du GEOS France 



mercredi 7 octobre 2026

Jared Isaacman et les OVNI : la NASA veut-elle désormais avoir « voix au chapitre » ?

COMMENTAIRE


Jared Isaacman et les OVNI : la NASA veut-elle désormais avoir « voix au chapitre » ? 

GEOS France

La déclaration récente de Jared Isaacman, administrateur de la NASA, mérite une attention particulière dans l’histoire contemporaine du dossier OVNI/UAP. Interrogé le 25 septembre 2026 par Blake Burman dans l’émission The Hill de NewsNation, le patron de l'agence spatiale américaine a adopté une position qui se veut à la fois prudente et ouverte : « soyez ouvert d'esprit ».

Cette formulation est importante. Elle ne constitue évidemment pas une reconnaissance de l'existence de vaisseaux extraterrestres et encore moins la confirmation d'une présence extraterrestre sur Terre. Mais elle rompt avec une attitude qui, pendant des décennies, a souvent consisté à considérer le sujet OVNI comme périphérique aux missions scientifiques traditionnelles de la NASA.

« Soyez ouvert d'esprit »

La phrase placée par Isaacman en préambule est probablement l'élément le plus révélateur de son intervention : « Ma position avant d'aborder chacun de ces sujets : premièrement, soyez ouvert d'esprit. »

Cette attitude correspond finalement assez bien à la démarche scientifique lorsqu'elle est correctement comprise. Être ouvert d'esprit ne signifie pas croire à une hypothèse ; cela signifie accepter de l'examiner tant que les données ne permettent pas de la réfuter. Dans le cas des UAP, plusieurs hypothèses doivent donc rester simultanément envisageables :

  • ·         Phénomène astronomique mal identifié ;
  • ·         Ballon ou autre objet aérien ;
  • ·         Drone ;
  • ·         Phénomène météorologique ;
  • ·         Artefact ou problème de capteur ;
  • ·         Technologie militaire américaine ou étrangère ;
  • ·         Phénomène encore inexpliqué ;
  • et, beaucoup plus spéculativement, phénomène d'origine non humaine.

La dernière hypothèse ne peut scientifiquement être placée au même niveau que les précédentes sans éléments matériels permettant de l'étayer.

Le spectre du « moment Spoutnik »

Isaacman établit également un rapprochement avec Spoutnik 1, lancé par l'Union soviétique en octobre 1957.

Cette comparaison est particulièrement intéressante.

À l'époque, le lancement du premier satellite artificiel soviétique avait provoqué un véritable choc aux États-Unis. Il ne s'agissait pas seulement d'une prouesse scientifique : Washington découvrait brutalement que Moscou possédait des capacités spatiales susceptibles d'avoir des implications militaires considérables. Pour Isaacman, l'augmentation des signalements d'UAP pourrait produire une inquiétude comparable si les États-Unis découvraient qu'une autre puissance dispose de technologies aéronautiques ou spatiales largement supérieures aux leurs.

C'est ici que son propos doit être correctement interprété.

Il ne dit pas : « les extraterrestres sont parmi nous ». Il pose plutôt une question stratégique :

Et si certains phénomènes actuellement non identifiés correspondaient à une technologie que les États-Unis ne comprennent pas ?

Dans cette perspective, les UAP deviennent d'abord un problème de sécurité nationale, de renseignement et de supériorité technologique, avant d'être une question extraterrestre.

« Si ce sont des extraterrestres, la NASA devrait avoir voix au chapitre »

La deuxième partie de son propos est cependant beaucoup plus inhabituelle. Isaacman considère que, si une origine extraterrestre était un jour démontrée, la NASA devrait participer aux discussions et aux investigations. Cette remarque paraît évidente lorsqu'on considère les compétences de l'agence : astronomie, exploration planétaire, recherche de traces de vie, astrobiologie, observation de la Terre et étude de l'environnement spatial.

Mais elle possède également une portée institutionnelle.

Depuis quelques années, le dossier UAP s'est principalement développé autour du Pentagone, des services de renseignement, des militaires et du Congrès. La NASA avait une position plus périphérique. L'agence avait certes organisé en 2023 un groupe d'étude indépendant consacré aux UAP, mais elle avait soigneusement distingué l'étude scientifique des phénomènes de toute affirmation concernant une origine extraterrestre.

Avec Isaacman, on observe donc peut-être une évolution de langage : La NASA ne revendique pas une preuve extraterrestre ; elle revendique le droit scientifique de participer à l'examen de cette hypothèse si des éléments sérieux apparaissaient.

Une nuance fondamentale : « inexpliqué » ne signifie pas « extraterrestre »

C'est probablement le point qui doit être souligné avec le plus de force dans une analyse historique du dossier. Le vocabulaire UAP peut parfois donner l'impression qu'un phénomène « non identifié » constitue nécessairement quelque chose d'extraordinaire.

Or :

UAP ≠ extraterrestre.

Un phénomène peut être parfaitement réel tout en demeurant temporairement non identifié. Un témoignage provenant du Mali, du Sénégal, de Madagascar, d'Afrique du Sud ou de la République démocratique du Congo ne devient pas extraterrestre parce qu'il demeure inexpliqué après une première enquête. Il faut distinguer au minimum :

Observation → identification impossible → phénomène inexpliqué → hypothèse extraordinaire → preuve.

Entre ces cinq niveaux, il existe une différence considérable.

Une évolution intéressante du discours américain

L'intérêt de la déclaration d'Isaacman réside donc moins dans une prétendue « révélation extraterrestre » que dans la normalisation progressive de la question UAP dans les institutions scientifiques et gouvernementales américaines. Pendant longtemps, parler d'OVNI dans une institution scientifique pouvait être perçu comme peu sérieux. Aujourd'hui, le terme UAP permet de déplacer la discussion :

  • « Que sont ces phénomènes ? »

Plutôt que :

  • « Croyez-vous aux extraterrestres ?

Cette modification sémantique est importante. Elle permet à des scientifiques, militaires, pilotes et ingénieurs de discuter d'observations inhabituelles sans devoir préalablement accepter l'hypothèse extraterrestre.

Une déclaration importante, mais pas une preuve

Il faut donc éviter deux interprétations excessives de l'intervention d'Isaacman. La première consisterait à annoncer :

« Le directeur de la NASA reconnaît enfin les extraterrestres. »   Ce serait faux.

La seconde serait de considérer sa déclaration comme insignifiante.  Ce serait également une erreur.

Ce qui est réellement nouveau est peut-être plus subtil : le responsable de la NASA estime désormais publiquement que l'agence doit être prête à examiner sérieusement la question si des éléments suffisamment solides apparaissent.

Cela constitue une différence importante entre :

  • Croire aux extraterrestres

Et

  • Accepter d'étudier scientifiquement la possibilité d'une origine non humaine.

Conclusion

La déclaration de Jared Isaacman ne constitue donc pas une confirmation extraterrestre. Elle représente plutôt un changement de posture institutionnelle.

Le message pourrait se résumer ainsi : Ne croyons pas sans preuves, mais ne rejetons pas une hypothèse avant d'avoir examiné les données. C'est probablement la partie la plus intéressante de son intervention.

Pour l'histoire de l'ufologie, cette évolution est loin d'être anodine. Après les décennies de Project Blue Book, les travaux de Hynek, le rapport Condon, puis l'apparition du vocabulaire UAP et l'implication croissante du Pentagone et du Congrès, le dossier semble progressivement passer d'un sujet marginal à une question pouvant être traitée sous l'angle de la science, du renseignement, de la sécurité aérienne et de l'astronomie.

Et si, un jour, une observation était effectivement démontrée comme étant d'origine non humaine, la question ne serait alors plus seulement :

« Sommes-nous seuls dans l'Univers ? »

Elle deviendrait également :

« Qui doit enquêter, qui doit analyser les données et qui doit informer le public ? »

C'est précisément sur ce terrain que la phrase d'Isaacman — « si ce sont des extraterrestres, je pense que la NASA devrait avoir voix au chapitre » — prend toute sa portée historique.

 

G.E.O.S. France

 Source des déclarations : https://www.space.com/space-exploration/search-for-life/nasa-chief-jared-isaacman-wants-to-stay-open-minded-about-ufos-if-its-aliens-i-think-nasa-should-have-a-seat-at-the-table

 

Les "sorcières volantes" dans l'espace aérien de l'Eswatini : quand l'aviation civile régule le surnaturel

OVNI – SOUCOUPES VOLANTES ET SORCIERES VOLANTES !

Les "sorcières volantes" dans l'espace aérien de l'Eswatini : quand l'aviation civile régule le surnaturel

Un décret insolite qui mêle croyances traditionnelles et droit aérien moderne

Introduction : une information qui a fait le tour du monde

En mai 2013, une dépêche pour le moins surprenante a fait le tour des agences de presse internationales : l'Autorité de l'aviation civile de l'Eswatini (Swaziland Civil Aviation Authority – SWACAA) aurait officiellement interdit le vol des "sorcières" au-dessus d'une certaine altitude, sous peine de sanctions.

Reprise par la BBC, Reuters, le Huffington Post, Le Monde et des dizaines d'autres médias, l'information a suscité l'hilarité, l'étonnement, puis un certain scepticisme quant à sa véracité. Pourtant, derrière l'anecdote apparente se cache une réalité plus complexe : celle d'un pays où les croyances traditionnelles, la sorcellerie et la modernité juridique se côtoient quotidiennement, parfois jusqu'au sein des institutions de l'État.

Cet article se propose de revenir en détail sur cette affaire, d'en examiner les origines, les implications et le contexte culturel, tout en démêlant la part de vérité et la part de légende médiatique.

1. Les faits : ce qui a réellement été dit

            1.1. Le communiqué de la SWACAA

L'affaire remonte à une déclaration attribuée à Sabelo Dlamini, alors porte-parole de la Swaziland Civil Aviation Authority. Selon les versions rapportées par la presse, celui-ci aurait confirmé que l'agence avait pris des dispositions pour interdire aux sorcières de voler au-dessus de 150 mètres d'altitude. La justification avancée était que les "sorcières volantes" représentaient un danger pour les aéronefs, et que leur présence dans l'espace aérien contrôlé pouvait provoquer des collisions ou perturber le trafic aérien.

Dans certaines versions de l'histoire, il était précisé que les contrevenantes s'exposeraient à une amende de 500 000 emalangeni (la monnaie locale, environ 25 000 euros à l'époque) ou à une peine d'emprisonnement. D'autres sources mentionnaient que la mesure visait également les avions privés des sorcières, et non seulement leurs balais.

            1.2. La confusion médiatique

Très rapidement, l'information a été reprise sans vérification approfondie. Plusieurs médias ont présenté la mesure comme une loi officielle, ce qui n'était pas exact. D'autres ont affirmé que le gouvernement swazi "croyait réellement aux sorcières", ce qui simplifiait à l'extrême une réalité culturelle bien plus nuancée.

Il est important de souligner que la SWACAA n'a jamais publié de texte réglementaire formel interdisant spécifiquement le vol des sorcières. Il s'agissait plutôt d'une déclaration orale faite à des journalistes, dans un contexte où la question de la sécurité aérienne et des croyances locales se croisaient.

            1.3. Le démenti partiel

Face à l'ampleur de la polémique et aux moqueries internationales, des responsables swazis ont tenté de nuancer leurs propos. Certains ont expliqué que la déclaration avait été mal interprétée ou sortie de son contexte. D'autres ont affirmé qu'il s'agissait d'une plaisanterie ou d'une réponse à une question hypothétique posée par un journaliste.

Cependant, le mal était fait : l'image de l'Eswatini comme un pays où l'État légifère sur les sorcières était désormais ancrée dans l'imaginaire collectif international.

2. Le contexte culturel : la sorcellerie en Eswatini

            2.1. Une croyance profondément enracinée

Pour comprendre cette affaire, il faut saisir la place qu'occupe la sorcellerie (appelée kuhlabela ou bugcwele en siSwati) dans la société swazie. Contrairement à ce que pourrait laisser croire une lecture occidentale rationaliste, la sorcellerie n'est pas une simple superstition folklorique : elle est une réalité sociale et juridique au Swaziland.

Le Witchcraft Act de 1889, hérité de la période coloniale et toujours en vigueur, interdit la pratique de la sorcellerie et prévoit des peines pouvant aller jusqu'à 20 ans d'emprisonnement. Ce texte n'est pas une relique oubliée : il est régulièrement invoqué dans des affaires judiciaires. En 2013, par exemple, un homme a été condamné pour avoir accusé une femme d'être une sorcière, ce qui montre que la question est loin d'être anodine.

            2.2. Les "sorcières volantes" dans l'imaginaire local

Dans les croyances traditionnelles swazies, certaines sorcières sont réputées pouvoir voler de nuit pour se rendre à des rassemblements secrets, jeter des sorts ou attaquer leurs victimes. Elles utiliseraient des balais, des paniers ou même des animaux pour se déplacer dans les airs. Ces récits sont transmis oralement et font partie du folklore, mais ils sont aussi pris au sérieux par une partie de la population.

Il n'est donc pas absurde, dans ce contexte, que la question du vol des sorcières ait été soulevée dans un cadre administratif. Ce qui l'est davantage, c'est qu'une autorité de l'aviation civile ait semblé la traiter comme un problème de sécurité aérienne.

            2.3. La peur des sorcières et la violence sociale

Il faut également rappeler que les accusations de sorcellerie peuvent avoir des conséquences tragiques. Dans toute l'Afrique australe, des personnes – souvent des femmes âgées, veuves ou marginalisées – sont accusées de sorcellerie et victimes de violences, parfois jusqu'au meurtre. L'Eswatini n'est pas exempt de ce phénomène. La législation sur la sorcellerie vise officiellement à protéger la population, mais elle peut aussi être détournée pour régler des conflits personnels ou pour exclure des individus jugés indésirables.

3. L'affaire de 2013 : analyse et interprétations

            3.1. Une réponse à un problème concret ?

Certains observateurs ont suggéré que la déclaration de la SWACAA n'était pas totalement absurde dans son intention. L'espace aérien de l'Eswatini, comme celui de nombreux pays, est traversé par des objets volants non identifiés – drones, ballons, lanternes, oiseaux – qui peuvent effectivement représenter un danger pour l'aviation. En attribuant ces phénomènes à des "sorcières", les autorités auraient cherché à rassurer la population tout en justifiant des mesures de contrôle.

D'autres ont avancé une explication plus politique : la déclaration aurait pu être une stratégie de communication visant à détourner l'attention de problèmes plus graves, comme la répression politique ou les difficultés économiques du pays.

            3.2. Une méprise culturelle ?

Il est également possible que les journalistes aient mal compris les propos de Sabelo Dlamini. Dans de nombreuses cultures africaines, le mot "sorcière" peut être utilisé de manière métaphorique pour désigner des personnes qui se comportent de manière malveillante ou qui perturbent l'ordre social. Il est concevable que le porte-parole ait voulu dire que toute personne – réelle ou imaginaire – perturbant l'espace aérien serait sanctionnée, et que les journalistes aient pris l'expression au pied de la lettre.

            3.3. Une opération de communication maladroite ?

Enfin, certains ont émis l'hypothèse que la SWACAA avait volontairement exagéré la dimension surnaturelle de l'affaire pour attirer l'attention sur elle. Dans un pays où les ressources médiatiques sont limitées, une telle déclaration garantissait une couverture internationale gratuite. Le pari était risqué, mais il a fonctionné : l'Eswatini a fait la une des journaux du monde entier.

4. Les conséquences de l'affaire

            4.1. Un impact sur l'image du pays

L'affaire des "sorcières volantes" a renforcé les stéréotypes sur l'Afrique en général et sur l'Eswatini en particulier. Le pays a été présenté comme un lieu exotique et arriéré, où l'État croirait aux balais volants. Cette image a pu nuire à son attractivité touristique et à sa crédibilité internationale, notamment auprès des investisseurs étrangers.

            4.2. Un débat sur la place des croyances traditionnelles

Paradoxalement, l'affaire a aussi ouvert un débat sur la place des croyances traditionnelles dans la société moderne. Certains Swazis ont défendu la décision, arguant que la sorcellerie est une réalité et que l'État doit la prendre au sérieux. D'autres ont critiqué cette position, estimant qu'elle ridiculisait le pays et qu'il fallait séparer les croyances privées des affaires publiques.

            4.3. Une jurisprudence inexistante

À ce jour, aucune sorcière n'a été poursuivie pour avoir violé l'espace aérien swazi. Aucun texte réglementaire spécifique n'a été publié. L'affaire est restée au stade de la déclaration médiatique, sans suite judiciaire ou administrative. Elle illustre surtout la porosité entre tradition et modernité dans un pays en transition.

5. Comparaisons internationales

L'Eswatini n'est pas le seul pays à avoir régulé – ou tenté de réguler – le surnaturel. On peut citer :

Le Malawi : en 2012, le président Bingu Wa Mut Harika avait affirmé que des "vampires" attaquaient des villageois, provoquant une panique et des violences.

Le Zimbabwe : des cas de "sorcières volantes" ont été signalés, notamment dans les années 1990, et des procès en sorcellerie ont eu lieu.

L'Afrique du Sud : la loi sur la sorcellerie de 1957 (Witchcraft Suppression Act) est toujours en vigueur, bien que rarement appliquée.

L'Arabie saoudite : la sorcellerie est un crime passible de la peine de mort, et des "unités anti-sorcellerie" existent au sein de la police religieuse.

Ces exemples montrent que la régulation du surnaturel n'est pas propre à l'Eswatini, mais qu'elle s'inscrit dans un contexte plus large de croyances et de pratiques juridiques à travers le monde.

6. Conclusion : entre mythe et réalité

L'affaire des "sorcières volantes" de l'Eswatini est un cas d'école à plusieurs titres. Elle illustre :

La difficulté à distinguer le vrai du faux dans l'information internationale, surtout lorsqu'il s'agit de pays peu connus.

La persistance des croyances traditionnelles dans des sociétés modernes, et leur interaction avec les institutions étatiques.

Le pouvoir des médias à créer des légendes contemporaines à partir de faits parfois anodins.

Les enjeux de représentation des pays africains dans les médias occidentaux, souvent réduits à des clichés exotiques.

En définitive, qu'on y croie ou non, les sorcières volantes de l'Eswatini continuent de faire parler d'elles. Elles rappellent que l'espace aérien n'est pas seulement un domaine technique, mais aussi un espace culturel et symbolique, où se croisent les croyances les plus anciennes et les régulations les plus modernes.

Annexes

A. Chronologie de l'affaire

Date

Événement

Mai 2013

Déclaration de Sabelo Dlamini (SWACAA) sur l'interdiction de vol des sorcières

Mai 2013

Reprise massive par la presse internationale

Juin 2013

Démentis partiels et tentatives de contextualisation

2013-2024

Aucune poursuite, aucun texte réglementaire publié

 

B. Sources principales

-       BBC News, "Swaziland 'bans' witches from flying above 150m", mai 2013.

-       Reuters, "Swaziland bans witches from flying above 150 meters", mai 2013.

-       The Guardian, "Swaziland witchcraft law", articles divers.

-       Witchcraft Act de 1889 (Swaziland).

-       Témoignages et analyses d'anthropologues spécialistes de l'Afrique australe.

-       Pour aller plus loin

-       Film documentaire : The Witches of Swaziland (si disponible).

-       Ouvrage : Witchcraft, Power and Politics in Southern Africa (collectif).

-       Article académique : "Sorcery and the State in Swaziland", Journal of Southern African Studies.

-        

Article rédigé à des fins d'information et d'analyse culturelle. Les croyances et pratiques décrites sont présentées dans leur contexte anthropologique et ne font l'objet d'aucun jugement de valeur.

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