Décès de Guy Tarade (1930–2026)
Hommage à l'un des derniers pionniers français de
l'ufologie
Par Gérard Lebat
J’ai la tristesse de vous annoncer le décès, à l’âge de 96 ans, de mon ami Guy Tarade. Son décès marque la disparition de l'une des dernières grandes figures de la première génération de l'ufologie française. Pendant plus d'un demi-siècle, son nom est demeuré associé aux grands mystères de notre planète : les objets volants non identifiés, les civilisations disparues, les anciennes traditions ésotériques, les énigmes archéologiques et les hypothèses d'une intelligence non humaine ayant influencé l'histoire de l'humanité.
Je l’ai rencontré pour la première fois en 1966 ou 1967 à Nice ou il
habitait alors dans les hauteurs de Nice (de l’époque). Cette année-là, avec
Jean Luois Becquereau, tous deux membres alors du GEPA, nous nous étions rendus
à Nice lui rendre une petite visite alors que nous organisions pour un mois, un
camp d’observation du ciel 24 h sur 24 au sommet du Mont Baouz des Blanc, au-dessus
de Vence.
Nous ne nous sommes ensuite jamais perdus de vue. En 1969, Guy Tarade participe à
l'émission de la télévision française « Les Dossiers de l'écran » sur le sujet des « soucoupes volantes » avec en première partie une projection du film « la Guerre des Mondes » (première version). Je suis alors invité
à le rejoindre dans les coulisses des studios de la télévision ou nous
échangeons avant et après la partie télévisée.
Très régulièrement, je lui rendrai visite, par la suite, il
habita près du vieux port, puis plus récemment dans une rue tranquille plus
éloignée de la côte, mais toujours à Nice, ville qu’il ne quitta jamais. Je l’ai
suivi régulièrement, notamment lors de la fondation du CEREIC, puis par la
suite de l’IMSA, deux associations qui ont réunies les plus grands ufologues et
passionnés d’insolite de la côte d’azur. Il y a quelques années, j’ai eu le
plaisir encore de déjeuner chez lui avec son épouse Maria Guette, c’est en fait
notre dernière rencontre, ou nous avons eu l’occasion d’évoquer les grands
moments de notre vie, plus de 60 ans d’amitié et d’échange.
Il faut rappeler qu’à cette époque, les années 60 – 70, les sujets ovni et l’insolites
en générale étaient largement ignorés ou tournés en dérision. Guy Tarade fit partie
alors partie des auteurs qui contribuèrent à les porter devant un vaste public.
Ses livres, traduits ou diffusés dans plusieurs pays, ont accompagné des
milliers de lecteurs à la découverte d'un univers où se mêlaient histoire,
archéologie, mythologie et phénomènes inexpliqués.
Sa disparition referme un chapitre important de l'histoire de l'ufologie
française.
Né le 25 avril 1930, Guy Tarade appartient à cette génération ayant connu
les bouleversements de la Seconde Guerre mondiale. Très tôt attiré par
l'histoire et les sciences, il effectue une carrière militaire au sein des
troupes parachutistes avant de s'installer durablement sur la Côte d'Azur ou il
exerça le métier de conducteur de bus.
Cette expérience militaire, souvent évoquée dans ses entretiens, dont il me
parla si souvent, nourrit chez lui un intérêt particulier pour les technologies
aéronautiques, les phénomènes observés dans le ciel et les dossiers demeurés
inexpliqués.
Au fil des années, il se passionne pour les travaux de Robert Charroux, Charles
Fort, d'Aimé Michel, de Jacques Vallée, de Louis Pauwels et de Jacques Bergier.
Il sera l’ami de certaines de ces personnalités. Ces influences orientent progressivement ses
recherches vers une approche multidisciplinaire des phénomènes mystérieux.
À partir des années 1960, il entreprend une carrière d'écrivain qui ne
cessera plus jusqu'à un âge très avancé.
Après le succès du Matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier
en 1960, le public français découvre une nouvelle manière d'aborder les grands
mystères du passé. Ses ouvrages proposent une vision ambitieuse de l'histoire
humaine, où les traditions anciennes, les mythologies, les découvertes
archéologiques insolites et les témoignages d'OVNI pourraient relever d'une
même réalité encore inconnue.
Cette démarche rencontre un succès considérable auprès du public. Son succès
d’écrivain sur l’insolite grandi et au fil des années, Guy Tarade publie une
œuvre abondante, plus d’une trentaine d’ouvrages.
Parmi ses principaux livres :
·
Soucoupes volantes et civilisations d'outre-espace, Paris, J'ai lu,
« L'Aventure mystérieuse », n° A214, 1969.
·
Les Dossiers de l'étrange, Paris,
Robert Laffont, « Les Énigmes de l'Univers », 1971.
·
Les Archives du savoir perdu,
Paris, Robert Laffont, « Les Énigmes de l'Univers », 1972.
·
Les Chroniques des mondes
parallèles, Paris, Robert Laffont, « Les Énigmes de l'Univers »,
1974.
·
Les Portes de l'Atlantide, Paris,
Robert Laffont, « Les Énigmes de l'Univers », 1976.
·
Les Dossiers noirs de la pollution,
Paris, Robert Laffont, « Les Énigmes de l'Univers », 1977.
·
Les Dernières prophéties pour
l'Occident, Paris, Robert Laffont, « Les Énigmes de l'Univers »,
1978.
·
J'ai retrouvé la piste des
extra-terrestres, Nice, A. Lefeuvre, « Connaissance de
l'étrange », 1980.
·
Avec et le Groupe Parallèle
30, OVNI : terre, planète sous contrôle, Nice, A. Lefeuvre,
« Connaissance de l'étrange », 1980.
·
Israël et les douze cités d'El
Elyon, Paris, Robert Laffont, « Les Énigmes de l'Univers », 1982
·
Mystérieux comte de Nice,
(coauteur Jean-Claude Barani) Terre et mémoires, Alp'azur 1984
·
Les Hauts lieux sacrés et magiques
de la Provence, S.R.V., 1986
·
Champagne mystérieuse (coauteur Alexandra
Schreyer), Dervy 1993
·
Les énergies secrètes du dragon,
(coauteur Michel Coviaux) Paris, Guy Trédaniel éditeur, « Dimension
autre », 1995
·
28 juillet 1999..., (coauteur Alexandra
Schreyer), Ramuel Eds, 1998
·
Dernier secret de Nostradamus (coauteur Alexandra
Schreyer), Ramuel Eds, 1999
·
Initiés, symbolisme et lieux
magiques, Ramuel Eds, 2000
·
Arcane 10 : Ou les secrets
initiatiques de Rouletabille et Arsène Lupin, (coauteur Christophe
Villa-Mélé), Éditions Oxus, 2004
·
La magie des cathédrales, Les 3
Spirales, 2006
·
Les templiers : l'arche
d'alliance, dvd publie le 22/5/06, ASIN: B000FNNYR8
Son style, très accessible, lui permet de toucher un lectorat dépassant
largement le cercle des passionnés d'ufologie. L'objectif en fait n'était pas
d'imposer une vérité définitive mais d'ouvrir des pistes de réflexion. Guy
Tarade accède à une véritable notoriété nationale, dès son passage aux dossiers
de l’écran en décembre 1969, ou je l’avais rejoint. Guy à bravé une sorte de
censure à cette époque, car très peu d'auteurs acceptaient de défendre
publiquement ces sujets devant des millions de téléspectateurs.
Durant plusieurs décennies, il devient un invité régulier de conférences,
salons du livre, congrès d'ufologie et émissions radiophoniques. Il participe à
l’évolution d’internet et on
peut retrouver quelques un de ses articles sur le blog qu'il a créé avec son ami
Christophe Villa-Mélé. (https://lesarchivesdusavoirperdu.over-blog.com/)
En fait, pour moi, Guy fut un formidable passeur d'idées. Nombre de
chercheurs amateurs reconnaissent avoir découvert les mystères de l'histoire
grâce à ses livres.
Guy avait d’immenses connaissances dans de nombreux domaines que la presse bien
souvent et la science écartaient. Il considérait également que le phénomène OVNI
devait être étudié dans un contexte beaucoup plus vaste et qu’en fait l’ufologie
devait dialoguer avec :
- · L’archéologie
;
- · L’histoire
des religions ;
- ·
L’anthropologie
;
- · La
physique ;
- · La
mythologie ;
- · La
psychologie.
Cette vision, très moderne sous certains aspects, rejoint aujourd'hui
certaines approches interdisciplinaires développées dans les études
contemporaines sur les PAN.
Pour de nombreuses personnes, pour moi-même, Guy Tarade était un homme
chaleureux, disponible et profondément curieux. Malgré sa notoriété, Guy Tarade
répondait volontiers aux jeunes chercheurs. Il encourageait les nouvelles
générations à conserver un esprit critique tout en refusant les certitudes
absolues. Nombreux sont ceux qui se souviennent de longues discussions après
les conférences, où il partageait volontiers souvenirs, lectures et hypothèses.
En disparaissant, Guy Tarade emporte avec lui les souvenirs d'une époque où
l'ufologie se construisait sans Internet, à travers les correspondances, les
bulletins ronéotypés, les rencontres associatives et les enquêtes de terrain. Il
appartenait à cette génération fondatrice qui côtoya Aimé Michel, Jimmy Guieu,
Jacques Vallée, Michel Figuet, Charles Garreau, René Fouéré, Joël Mesnard et
bien d'autres acteurs majeurs de l'ufologie francophone. À travers eux s'est
construite une partie essentielle de la culture ufologique française. Guy dès l’âge
de 16 ans il a contribué à me transmettre sa passion de l’insolite, du
phénomène ovni et m’a fait rencontrer de nombreux acteurs dans ce domaine, m’a
accompagné dans la découverte de la pyramide de Falicon, du site de Saint
Bernabé ou encore du vieux Nice.
Avec la disparition de Guy Tarade, c'est tout un pan de l'histoire
culturelle française qui s'efface. Il restera comme l'un des principaux
représentants d'une période où l'imagination, la curiosité intellectuelle et le
goût de l'inconnu occupaient une place essentielle dans la littérature
consacrée aux phénomènes inexpliqués. Son œuvre continuera d'alimenter les
débats, de susciter des interrogations et d'inspirer les chercheurs, qu'ils
adhèrent ou non à ses hypothèses. Guy
Tarade laissera une empreinte durable dans l'histoire de l'ufologie française.
Guy Tarade a désormais rejoint ces mondes parallèles et ces étoiles qu'il
aura scrutés et rêvés tout au long de sa vie.
Guy, tu vas nous manquer, tu vas manquer à l’ufologie Française, mais
surtout je tiens à communiquer toutes mes pensées et tout mon soutien à Maria, sa
famille et tous ses amis à qui j’adresse mes plus profondes condoléances.

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