Des experts se sont réunis au MIT pour discuter de la possibilité d'une technologie extraterrestre autour des trous noirs.
Photo : Deux trous noirs en collision – Doc. Nasa
Un atelier scientifique au MIT
L'événement, baptisé « Dyson Minds 2025 Workshop », s'est tenu au Center for Brains, Minds and Machines du MIT. Il a été organisé conjointement par Penn State, le MIT et l'Ultraintelligence Foundation. Plus de vingt chercheurs issus de disciplines variées y ont participé, notamment des scientifiques du domaine de l’astrophysique, d’autres du SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence), des spécialistes dans l’intelligence artificielle et de l’ingénierie ou encore de l’informatique de la philosophie des sciences.
Parmi les participants figuraient notamment :
· Sara Seager (MIT),
· Jason T. Wright (Penn State),
· Martin Elvis (Harvard-Smithsonian),
· Olivia Curtis (Penn State), première auteure du compte rendu scientifique.
Le point de départ est une extension de la célèbre hypothèse des sphères de Dyson proposée par le physicien Freeman Dyson dans les années 1960. Au lieu d'imaginer une civilisation construisant une mégastructure autour d'une étoile pour récupérer son énergie, les chercheurs se sont demandé : « Et si une civilisation extrêmement avancée préférait exploiter l'énergie colossale produite par un trou noir supermassif ? » et le fait que les trous noirs actifs émettent en effet des quantités d'énergie gigantesques par leurs disques d'accrétion et leurs jets relativistes.
Des citations qui résument l'esprit de la réunion
Olivia Curtis insiste sur le caractère spéculatif mais scientifique de la démarche :
« Nous savons que c'est une hypothèse très audacieuse. Mais nous voulions nous appuyer sur des faits physiques et réfléchir aux observations que nous pourrions réellement détecter. »
Elle ajoute :
« Même si notre hypothèse de départ est fausse et qu'il ne s'agit pas d'extraterrestres, nous découvrons souvent des idées scientifiques auxquelles nous n'avions jamais pensé auparavant. Les extraterrestres restent toujours la dernière explication. »
Cette dernière phrase est particulièrement importante : elle montre que les chercheurs suivent le principe classique de la méthode scientifique, consistant à privilégier d'abord les explications naturelles.
Les chercheurs ont souligné qu'un trou noir supermassif constitue probablement la plus grande source d'énergie exploitable dans une galaxie.
L'étude évoque plusieurs avantages théoriques :
· Puissance énergétique immense ;
· Durée de vie de plusieurs milliards d'années ;
· Possibilité d'alimenter d'énormes centres de calcul ;
· Stabilité gravitationnelle à grande distance.
L'idée est qu'une intelligence post-biologique, davantage comparable à une immense infrastructure informatique qu'à une civilisation biologique, pourrait rechercher ce type d'environnement.
Les discussions ont porté sur des problèmes très concrets tels que « quelle distance de sécurité maintenir vis-à-vis du trou noir » ou « comment éviter les radiations extrêmes », « comment transmettre des informations sur plusieurs années-lumière » et « quelles signatures observables une telle structure pourrait produire ».
Olivia Curtis note même qu'à ces distances :
« Il est plus rapide de lancer physiquement un disque dur que de transmettre les données par faisceau. »
Cette remarque, surprenante au premier abord, découle simplement des limites imposées par la vitesse de la lumière.
L'atelier ne visait pas à démontrer l'existence d'extraterrestres. Il cherchait à définir des signatures observables, par exemple :
· Émissions infrarouges anormales ;
· Perturbations inexpliquées autour des trous noirs ;
· Anomalies dans les données du télescope Event Horizon Telescope ;
· Objets atypiques pouvant avoir été éliminés par les traitements classiques des données.
Les chercheurs recommandent notamment d'appliquer des méthodes modernes de détection d'anomalies aux archives de WISE, du JWST et de l'Event Horizon Telescope afin de rechercher des phénomènes qui auraient pu passer inaperçus.
Cette approche s'inscrit dans une évolution du SETI. Plutôt que de rechercher uniquement des signaux radio artificiels, certains scientifiques privilégient désormais la recherche de techno signatures comme les mégastructures, les modifications énergétiques d'un système stellaire, les émissions thermiques inhabituelles ou encore les anomalies astrophysiques compatibles avec une activité technologique.
Cette orientation est aujourd'hui un domaine de recherche reconnu, même si aucune preuve d'une civilisation extraterrestre n'a encore été obtenue.
Analyse critique
Cet atelier est intéressant car il montre que certaines hypothèses autrefois considérées comme relevant de la science-fiction peuvent désormais être examinées avec des outils scientifiques rigoureux. Les participants n'ont jamais prétendu disposer d'indices sur une présence extraterrestre autour des trous noirs ; ils ont simplement cherché à déterminer quelles observations permettraient, un jour, de tester une telle possibilité.
Il convient donc d'éviter deux écueils :
1. L’exagération médiatique, qui transforme un exercice théorique en annonce de découverte ;
2. Le rejet a priori, car explorer des hypothèses très spéculatives fait partie de la recherche fondamentale dès lors qu'elles conduisent à des prédictions testables.
En ce sens, le « Dyson Minds Workshop » illustre une évolution du SETI vers une approche plus quantitative : au lieu de demander « Les extraterrestres existent-ils ? », les chercheurs posent une question plus scientifique : « Si une civilisation extrêmement avancée existait, quelles traces physiques laisserait-elle dans les observations astronomiques ? » C'est cette démarche, fondée sur des signatures observables et vérifiables, qui constitue le principal apport de cette réunion au MIT.
Équipe rédactionnelle du GEOS France
Quelques sources documentaires
- mit.edu - Listening for the echoes of black holes | MIT News | Massachusetts Institute of Technology
26 juin 2026 — LISTENING FOR THE ECHOES OF BLACK HOLES Published on June 26, 2026 Black holes are
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https://ovnietuapinfo.com/wp-content/uploads/2026/07/l-ufologie-au-maroc-v-07-2026.pdf.pdf



