dimanche 2 août 2026

Des experts se sont réunis au MIT pour discuter de la possibilité d'une technologie extraterrestre autour des trous noirs

 Des experts se sont réunis au MIT pour discuter de la possibilité d'une technologie extraterrestre autour des trous noirs.

Cette information, résumée dans ce titre est globalement exacte, mais elle a parfois été présentée de manière sensationnaliste sur les réseaux sociaux. En réalité, il ne s'agissait pas d'un colloque affirmant l'existence de technologies extraterrestres, mais d'un atelier scientifique prospectif organisé au MIT afin d'examiner si des civilisations très avancées pourraient laisser des techno signatures détectables à proximité des trous noirs supermassifs.

Photo : Deux trous noirs en collision – Doc. Nasa

Un atelier scientifique au MIT

L'événement, baptisé « Dyson Minds 2025 Workshop », s'est tenu au Center for Brains, Minds and Machines du MIT. Il a été organisé conjointement par Penn State, le MIT et l'Ultraintelligence Foundation. Plus de vingt chercheurs issus de disciplines variées y ont participé, notamment des scientifiques du domaine de l’astrophysique, d’autres du SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence), des spécialistes dans l’intelligence artificielle et de l’ingénierie ou encore de l’informatique de la philosophie des sciences.

Parmi les participants figuraient notamment :

·         Sara Seager (MIT),

·         Jason T. Wright (Penn State),

·         Martin Elvis (Harvard-Smithsonian),

·         Olivia Curtis (Penn State), première auteure du compte rendu scientifique.

Le point de départ est une extension de la célèbre hypothèse des sphères de Dyson proposée par le physicien Freeman Dyson dans les années 1960. Au lieu d'imaginer une civilisation construisant une mégastructure autour d'une étoile pour récupérer son énergie, les chercheurs se sont demandé : « Et si une civilisation extrêmement avancée préférait exploiter l'énergie colossale produite par un trou noir supermassif ? » et le fait que les trous noirs actifs émettent en effet des quantités d'énergie gigantesques par leurs disques d'accrétion et leurs jets relativistes.

Des citations qui résument l'esprit de la réunion

Olivia Curtis insiste sur le caractère spéculatif mais scientifique de la démarche :

« Nous savons que c'est une hypothèse très audacieuse. Mais nous voulions nous appuyer sur des faits physiques et réfléchir aux observations que nous pourrions réellement détecter. »

Elle ajoute :

« Même si notre hypothèse de départ est fausse et qu'il ne s'agit pas d'extraterrestres, nous découvrons souvent des idées scientifiques auxquelles nous n'avions jamais pensé auparavant. Les extraterrestres restent toujours la dernière explication. »

Cette dernière phrase est particulièrement importante : elle montre que les chercheurs suivent le principe classique de la méthode scientifique, consistant à privilégier d'abord les explications naturelles.

Les chercheurs ont souligné qu'un trou noir supermassif constitue probablement la plus grande source d'énergie exploitable dans une galaxie.

L'étude évoque plusieurs avantages théoriques :

·         Puissance énergétique immense ;

·         Durée de vie de plusieurs milliards d'années ;

·         Possibilité d'alimenter d'énormes centres de calcul ;

·         Stabilité gravitationnelle à grande distance.

L'idée est qu'une intelligence post-biologique, davantage comparable à une immense infrastructure informatique qu'à une civilisation biologique, pourrait rechercher ce type d'environnement.

Les discussions ont porté sur des problèmes très concrets tels que « quelle distance de sécurité maintenir vis-à-vis du trou noir » ou « comment éviter les radiations extrêmes », « comment transmettre des informations sur plusieurs années-lumière » et « quelles signatures observables une telle structure pourrait produire ».

Olivia Curtis note même qu'à ces distances :

« Il est plus rapide de lancer physiquement un disque dur que de transmettre les données par faisceau. »

Cette remarque, surprenante au premier abord, découle simplement des limites imposées par la vitesse de la lumière.

L'atelier ne visait pas à démontrer l'existence d'extraterrestres. Il cherchait à définir des signatures observables, par exemple :

·         Émissions infrarouges anormales ;

·         Perturbations inexpliquées autour des trous noirs ;

·         Anomalies dans les données du télescope Event Horizon Telescope ;

·         Objets atypiques pouvant avoir été éliminés par les traitements classiques des données.

Les chercheurs recommandent notamment d'appliquer des méthodes modernes de détection d'anomalies aux archives de WISE, du JWST et de l'Event Horizon Telescope afin de rechercher des phénomènes qui auraient pu passer inaperçus.

Cette approche s'inscrit dans une évolution du SETI. Plutôt que de rechercher uniquement des signaux radio artificiels, certains scientifiques privilégient désormais la recherche de techno signatures comme les mégastructures, les modifications énergétiques d'un système stellaire, les émissions thermiques inhabituelles ou encore les anomalies astrophysiques compatibles avec une activité technologique.

Cette orientation est aujourd'hui un domaine de recherche reconnu, même si aucune preuve d'une civilisation extraterrestre n'a encore été obtenue.

Analyse critique

Cet atelier est intéressant car il montre que certaines hypothèses autrefois considérées comme relevant de la science-fiction peuvent désormais être examinées avec des outils scientifiques rigoureux. Les participants n'ont jamais prétendu disposer d'indices sur une présence extraterrestre autour des trous noirs ; ils ont simplement cherché à déterminer quelles observations permettraient, un jour, de tester une telle possibilité.

Il convient donc d'éviter deux écueils :

1.    L’exagération médiatique, qui transforme un exercice théorique en annonce de découverte ;

2.    Le rejet a priori, car explorer des hypothèses très spéculatives fait partie de la recherche fondamentale dès lors qu'elles conduisent à des prédictions testables.

En ce sens, le « Dyson Minds Workshop » illustre une évolution du SETI vers une approche plus quantitative : au lieu de demander « Les extraterrestres existent-ils ? », les chercheurs posent une question plus scientifique : « Si une civilisation extrêmement avancée existait, quelles traces physiques laisserait-elle dans les observations astronomiques ? » C'est cette démarche, fondée sur des signatures observables et vérifiables, qui constitue le principal apport de cette réunion au MIT.

Équipe rédactionnelle du GEOS France

 

Quelques sources documentaires

23 avril 2026

 

 

26 juin 2026 — LISTENING FOR THE ECHOES OF BLACK HOLES By analyzing X-ray reverberations and other astrophysical data, Erin Kara seeks to understand the most extreme objects in the universe. Jennifer Chu | MIT Ne...

 

26 juin 2026 — Image: Woman smiles and poses with arms crossed Photo: Bryce Vickmark “It’s amazing that we as humans can know anything about what’s happening billions of light years away,” Erin Kara says. “There’...

 

26 juin 2026 — LISTENING FOR THE ECHOES OF BLACK HOLES Image BY ANALYZING X-RAY REVERBERATIONS AND OTHER ASTROPHYSICAL DATA, ERIN KARA SEEKS TO UNDERSTAND THE MOST EXTREME OBJECTS IN THE UNIVERSE. Image: “It’s a...

 

26 juin 2026 — LISTENING FOR THE ECHOES OF BLACK HOLES Published on June 26, 2026 Black holes are

 

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samedi 1 août 2026

LA CONFERENCE DE MICHAEL VAILLANT A TORONTO

LA CONFERENCE DE MICHAEL VAILLANT A TORONTO

Voici ce qu'il convient de retenir de cette intervention et de son contexte :

Michael Vaillant incarne la passerelle entre l'analyse de données moderne (IA, apprentissage automatique, statistiques) et l'étude institutionnelle des PAN. Son travail aux côtés du GEIPAN (le service du CNES dédié à ces questions en France) lui donne une assise méthodologique rare, le GEIPAN étant l'un des seuls organismes publics d'État au monde à étudier ces phénomènes de manière transparente depuis des décennies.

Avec la création de UAP Check, par Michael Vaillant l’objectif est d'appliquer les standards du data engineering et du data mining aux bases de données d'observations. L'enjeu majeur de ce domaine a longtemps été la mauvaise qualité et l'hétérogénéité des données. Les outils modernes permettent de croiser les récits de témoins avec les données de trafic aérien, de satellites ou de météo pour écarter rapidement les bruits de fond et isoler les véritables anomalies.

La SCU (Scientific Coalition for UAP Studies) ou il a donné cette conférence est l'une des organisations internationales les plus rigoureuses en la matière, regroupant scientifiques, ingénieurs et chercheurs. La présence de chercheurs français à cet événement à Toronto montre la volonté de mutualiser les méthodologies à l'échelle internationale, notamment en interconnectant les bases de données européennes et américaines.

C'est un signal clair de l'institutionnalisation et de la scientificité croissante de ces travaux au sein de la communauté internationale.

Lors de son intervention à la conférence SCU 2026 à Toronto, l'exposé de Michael Vaillant était intitulé : « Lessons from the GEIPAN Experience : Science, UAP Investigation, and the Case for an International Standards Coalition » (Leçons de l'expérience du GEIPAN : Science, investigation des PAN et plaidoyer pour une coalition internationale de normes).

Son propos s'est structuré autour de trois axes principaux :

·         Bilan critique du "modèle français" (GEIPAN)

L'objectif était de faire partager à la communauté internationale près de 50 ans de méthodologie d'État en France.

Les forces : La rigueur de la collecte, le filtrage systématique des hypothèses prosaïques (météo, satellites, aviation …) et le classement transparent des observations en catégories (de A à D).

Les limites : La structure dépend des archives nationales d'un seul pays, ce qui freine le traitement des données transnationales et limite l'utilisation à grande échelle de l'intelligence artificielle si les bases de données ne sont pas interconnectées.

·         Le constat du morcellement mondial

Michael Vaillant a souligné l'obstacle majeur auquel se heurte actuellement la recherche scientifique sur les PAN : la fragmentation des données. Chaque pays ou organisation (AARO aux États-Unis, GEIPAN en France, réseaux associatifs en Europe) utilise ses propres formats de compte rendu, ses propres vocabulaires et ses propres critères d'évaluation, ce qui empêche les analyses statistiques globales.

·          L'appel à un cadre international fédéré (Standards Coalition)

C'est le cœur de sa présentation et de sa démarche avec UAP Check :

Normalisation des données : Définir une grille d'évaluation et de métadonnées commune pour que n'importe quelle observation documentée en Europe puisse être analysée par les mêmes algorithmes que ceux utilisés en Amérique du Nord ou en Asie.

·         Interopérabilité : Créer un réseau décentralisé permettant aux chercheurs et data scientists du monde entier de croiser les récits de témoins avec les jeux de données open-source (réseaux d'astronomie, registres de vols, observations météo).

L'argument central de son intervention est que la recherche sur les PAN ne pourra progresser significativement qu'en passant d'initiatives nationales en silos à un effort scientifique coopératif et standardisé à l'échelle internationale.

 

Sources :

https://www.youtube.com/watch?v=xTGixa290Ds

https://arxiv.org/html/2502.06794v2#:~:text=8.8%20UAP%20Check.%20Report%20issue%20for%20preceding,for%20preceding%20element.%202.%20Build%20a%20vetted

https://www.uapcheck.com/news/uapcheck/

 

            Commentaires, Équipe rédactionnelle du GEOS France ; MR

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Des experts se sont réunis au MIT pour discuter de la possibilité d'une technologie extraterrestre autour des trous noirs

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