23 MAI 1967 – REGION ANKAZOLAHY – CENTRE OUEST MADAGASCAR (?)
Un atterrissage
peu connu, mais qui ne repose que sur un témoignage.

Le récit Source Première du
témoin à Henri Julien Ufologue dans le Sud Est de la France.
MONSIEUR WOLF, résidant à La
Verdière (83), a eu la gentillesse de fournir les détails suivants lors de mon
entretien.
D'origine allemande, il a servi dans la Légion
étrangère française dans le but d'obtenir la nationalité française et de s'y
installer finalement. Il dirige désormais un hôtel très compétent dans la
région du Haut-Var.
Voici son histoire :
« C'était en mai 1967. J'étais à Madagascar,
et je servais dans la Légion étrangère. Nous venions de faire un exercice de
reconnaissance dans un terrain de brousse. Nous étions en contact radio toutes
les heures avec le quartier général central. Nous nous étions arrêtés à midi
dans une clairière d'environ 100 mètres de large et commencé à manger. Le temps
était beau. Soudain, nous avons observé l'arrivée et la descente d'une machine
à coloration indéfinissable. Je suis moi-même daltonien, mais je peux affirmer
avec certitude que la chose brillait très fort, et avait la couleur d'une
nouvelle pièce au soleil. Autour d'elle, il y avait une lueur intense et
éblouissante. Elle descendait avec le mouvement d'une feuille qui tombait, et
on aurait dit qu'il devait y avoir eu un accident – c'était comme un œuf
brillant au bout d'un fil. Elle est tombée très rapidement. Et nous avons
ressenti un choc très puissant au sol quand elle a atterri. Puis un sifflement
perçant. À présent, l'appareil n'était plus lumineux.

« Après ça, tout était incroyable. Nous étions
23 légionnaires, avec un officier et quatre sous-officiers. Et nous étions tous
paralysés. Nous avons tous vu la machine atterrir et décoller à nouveau, mais
aucun de nous n'a perçu le temps écoulé.
Croquis de la scène interprété par le témoin
« Laissez-moi vous expliquer :
lorsque la machine est partie, nous avons tous retrouvé l'usage de nos membres.
Nous étions tous exactement aux mêmes positions et aux mêmes endroits que lors
de son atterrissage. Mais en vérifiant l'heure, nous avons réalisé qu'il était
maintenant 15h15. Deux heures et trois quarts s'étaient écoulées sans que nous
ne le remarquions. Nous avions manqué trois rendez-vous radio avec le quartier
général. Notre officier a reçu une réprimande effrayée pour cela, car il était
incapable de donner une explication efficace.
« La machine était lisse, sans
portes ni fenêtres visibles. Elle ne semblait porter aucune marque. Aucune
antenne. C'était comme un œuf lisse, deux fois plus haut que large. Je ne peux
pas dire sa taille exacte, vu la végétation dans la clairière. Mais, en la
comparant à la hauteur des arbres au décollage, on pouvait estimer qu'elle
mesurait entre sept et huit mètres de haut. À sa base, elle avait plusieurs
ouvertures, dont nous avons pu bien voir pendant son décollage. Des flammes en
émanaient, pas des flammes normales, ni comparables à celles que nous
connaissions. Ces flammes ou lumières étaient de différentes couleurs. On
aurait pu les prendre pour des flammes, mais elles devaient sûrement être autre
chose. Quelque chose comme ce que l'on voit avec une machine à souder pour
couper du métal. Chacune des ouvertures émettait une « flamme », l'ensemble
produisant une grande flamme épaisse et courte d'environ un vingtième de la
longueur de la machine elle-même.
« Il avait des pattes. Je ne
les ai pas vues, à cause de la végétation, mais au sol il y avait trois
marques, disposées en triangle, là où il se trouvait. Au centre du triangle, il
y avait un cratère calciné de trois mètres de profondeur – un cratère qui
s'élargissait vers sa base. Au fond du cratère, il y avait des cristaux de
toutes couleurs, comme des morceaux de verre brisé. Le fond du cratère en était
rempli, surtout dans les coins. C'était comme un anneau vitrifié.
« Quand l'engin est parti, il
s'est élevé lentement jusqu'à être au-dessus des arbres. Puis il a disparu à
une vitesse fantastique, comme aspiré dans le ciel. Il a laissé une sorte de
traînée dans l'air derrière lui.
« Le quartier général nous a
ordonné de ne pas approcher du site d'atterrissage et de ne pas discuter de la
question entre nous. Des spécialistes sont arrivés par avion de Paris pour nous
interroger. On nous a forcés à jurer que nous garderions le secret. Les
médecins nous ont rendu visite et nous avons dû passer des tests. Pendant deux
jours après l'événement, nous avons tous eu de violents maux de tête, avec un
bourdonnement dans les oreilles et une violente correction dans la zone des
temples. On ne nous a pas informés des résultats des tests effectués sur nous.
»
ANALYSE COMMENTAIRES
L'atterrissage d'un « œuf
métallique » devant des légionnaires Le cas est effectivement connu dans la
littérature ufologique française et britannique sous le titre « OVNI au sol à Madagascar
» / « A 1967 Landing in Madagascar ».
La référence fondamentale est
: H. Julien, « A 1967 Landing in Madagascar », Flying Saucer Review, vol. 23,
n° 1, 1977, p. 29-30. Iil s'agit d'un récit transmis par un ancien légionnaire
identifié comme Wolff, publié initialement dans Lumières dans la Nuit, n° 160,
décembre 1976, puis traduit/repris dans Flying Saucer Review.
Le récit de base
Les sources secondaires
situent l'événement en mai 1967, au cours d'un exercice de reconnaissance
effectué par un détachement de la Légion étrangère française à Madagascar. Le groupe aurait compté 23 militaires, dont
le légionnaire Wolff, qui est devenu le principal témoin connu. Vers 12 h 30,
les hommes auraient fait une halte dans une clairière pour déjeuner. C'est
alors qu'ils auraient entendu un sifflement aigu et aperçu un objet lumineux
descendant vers eux.
Le récit le décrit comme un
objet métallique brillant ; ovoïde ou en forme d'œuf vertical d'environ 7 à 8
mètres de hauteur dans les versions françaises et dépourvu de marques ou
d'inscriptions visibles. Il est entouré d'une lumière intense. La descente aurait été particulièrement
inhabituelle : l'objet serait tombé ou descendu selon un mouvement comparable à
celui d'une feuille morte, plutôt qu'à celui d'un avion ou d'un hélicoptère.
Une précision importante : « la
date du 23 mai » n'est pas solidement établie. C'est le premier point que je
remarque à partir des diverses sources consultées dont certaines situent
l’incident au 23 mai.. Les sources anciennes que j'ai retrouvées parlent
simplement de : May 1967 et non de façon certaine du 23 mai 1967. Une
chronologie ufologique reprend également le cas comme « 5/1967 », sans jour
précis. Je n'ai donc pas encore trouvé
une source primaire ou secondaire ancienne permettant d'établir 23 mai 1967
avec certitude.
Je conseillerais donc :
Selon Wolff, l’objet se serait
posé. L'objet aurait atteint le sol dans la clairière et se serait posé sur ce
qui ressemblait à trois pieds ou jambes d'atterrissage. Le phénomène aurait été
suffisamment proche des militaires pour que ceux-ci puissent distinguer une
véritable structure.
Dans les versions conservées,
l'objet est décrit comme un œuf vertical, plutôt que comme une soucoupe
classique. Une source donne une hauteur d'environ 23 à 26 pieds, soit environ 7
à 8 mètres. La littérature française donne généralement une largeur d'environ 3
à 4 mètres. C'est donc un engin relativement imposant : ≈ 7–8 m de haut × 3–4 m
de diamètre.
C'est l'un des aspects les
plus spectaculaires du dossier, l’effet de paralysie. Lorsque l'objet se serait
posé, les militaires auraient été incapables de bouger normalement. Les récits
parlent de paralysie temporaire, certains précisant que les hommes seraient
restés comme figés, certains tenant encore leur nourriture ou leurs armes. Ce
phénomène aurait cessé lorsque l'objet repartit.
Il faut toutefois être
extrêmement prudent sur le terme « paralysie ». Nous ne disposons pas d'un
examen médical contemporain démontrant une paralysie neurologique. Il pourrait
aussi s'agir, dans le récit du témoin, d'un état de sidération ou d'une
incapacité temporaire à réagir.
Il est donc plus prudent de
dire que « les témoins rapportèrent avoir été temporairement incapables de
bouger ou de réagir normalement. » plutôt que : « Les légionnaires furent
paralysés par le rayonnement de l'OVNI. » La seconde formulation introduit déjà
une interprétation.
C'est probablement l'élément
le plus extraordinaire du témoignage, un « missing time » d’environ trois
heures ! Lorsque les hommes auraient retrouvé leurs capacités normales,
ils auraient constaté que plusieurs heures s'étaient écoulées. Les différentes
sources donnent environ 2 h 45 à 3 heures. Une chronologie donne : 12 h 30 →
environ 15 h 15 soit 2 h 45 de temps manquant. Les témoins ne se seraient pas
souvenus de ce qui s'était passé durant cet intervalle.
Cela constitue donc un
véritable cas de « missing time » dans la terminologie ufologique. Mais ici
encore, il faut appliquer une règle importante : le missing time est un élément
du témoignage, pas un phénomène objectivement mesuré. Nous n'avons pas : de
relevé horaire militaire ; de journal de marche ; de rapport opérationnel ou de
document démontrant que les 23 montres indiquaient effectivement un décalage.
Le départ constitue l'une des
parties les plus spectaculaires du récit. Après être resté quelques instants au
sol, l'objet aurait commencé à s'élever. Il serait d'abord monté lentement,
puis aurait accéléré très brutalement. Dans le témoignage attribué à Wolff, il
aurait finalement disparu verticalement à une vitesse extraordinaire, comme
s'il était « aspiré » par le ciel. Cette accélération est cependant une
impression visuelle du témoin : nous n'avons évidemment aucune mesure radar ou
instrumentale permettant de calculer l'accélération.
Les sources anciennes
décrivent également quelque chose de très intéressant. Au-dessous de l'engin
auraient été visibles des ouvertures, d'où sortaient des flammes ou des
lumières colorées au moment du départ. C'est notamment au moment de l'ascension
que les témoins auraient aperçu ces phénomènes. Cela donne au récit une
caractéristique presque « technologique ». Mais il faut noter que nous ne
savons pas si le témoin utilisait le mot « flames » au sens littéral ou pour
décrire une émission lumineuse. Une flamme de propulsion conventionnelle aurait
normalement fourni une signature acoustique et thermique beaucoup plus
importante.
La littérature ufologique
décrit des traces au sol. Les sources secondaires parlent : de trois empreintes
correspondant aux points d'appui ; d'une zone centrale perturbée ; d'un cratère
et de matière ressemblant à du verre ou à des cristaux.
Une version particulièrement
détaillée parle d'un cratère d'environ 3 mètres, avec des formations
ressemblant à des cristaux ou à du verre brisé au fond. Mais je n'ai pas retrouvé à ce stade : photographie
du cratère ; prélèvement géologique ; analyse minéralogique ou de rapport
militaire. Donc « fond vitrifié » est beaucoup trop affirmatif si on ne précise
pas que c'est la description rapportée par le témoin ou la littérature
secondaire. En fait on ne peut que constater, au fil des années, l’ajout
d’informations plus ou moins spectaculaires, par rapport au rapport publié par
Henri Julien dans LDLN ou FSR.
Un élément souvent oublié est
que les militaires auraient présenté des symptômes pendant environ deux jours :
violents maux de tête - bourdonnements d'oreilles et sensation de pulsation ou
pression au niveau des tempes. Cette information figure dans les synthèses qui
reprennent le témoignage de Wolff. Là
encore, aucun dossier médical militaire n'a été retrouvé. Il est donc
impossible de déterminer si ces symptômes étaient :
- -
Physiologiques ;
- -
Liés au stress ;
- -
Liés à la chaleur ;
- -
Liés à une exposition environnementale ;
- -
Ou réellement provoqués par quelque chose
associé au phénomène.
Le témoignage est-il
vraiment collectif ?
C'est une question capitale. La
littérature parle de 23 militaires présents. Mais cela ne signifie pas
nécessairement que nous possédons 23 témoignages indépendants. La source
principale connue semble être le récit de Wolff, ancien légionnaire. C'est
précisément ce que souligne une chronologie critique du cas : l'affaire paraît
essentiellement reposer sur le récit non corroboré de Wolff.
Autrement dit : 23 personnes
auraient été présentes n'est pas équivalent à : 23 témoignages indépendants ont
été recueillis et comparés. Cette nuance est importante et il ne faut pas
l’oublier.
La source LDLN
Le cas apparaît dans : Lumières
dans la Nuit, n° 160, décembre 1976 sous le titre :« OVNI au sol Madagascar » et
il est l'article est signé : H. Julien. La
fiche bibliographique de Flying Saucer Review indique que le récit original
était précisément publié dans LDLN n°160, décembre 1976. Cela signifie que le récit a été publié
environ neuf ans après l'événement supposé.
La source Flying Saucer
Review
La deuxième référence
fondamentale est : H. Julien « A 1967 Landing in Madagascar » Flying Saucer
Review, vol. 23, n° 1, 1977, pp. 29-30. L'archive de Flying Saucer Review
confirme le cas et le rattache directement au témoignage de M. Wolff, ancien
légionnaire. Une bibliographie de
Timothy Good reprend également cette référence et précise que l'article de FSR
est une traduction par Gordon Creighton de l'article original de Lumières dans
la Nuit. Cela nous donne donc une chaîne
documentaire : Événement allégué — mai 1967 - témoignage de Wolff
↓
H. Julien, Lumières dans la
Nuit n°160, décembre 1976
↓
H. Julien, Flying Saucer Review vol.23 n°1,
1977, pp.29-30
↓
Ouvrages et catalogues
ufologiques ultérieurs
Ankazolahy : prudence sur
la localisation
Plusieurs sources parlent
d'Ankazolahy, centre-ouest de Madagascar pour localiser l’incident. Mais je
n'ai pas encore trouvé dans les sources anciennes consultables une indication
suffisamment précise permettant de fixer le lieu avec certitude à un point
géographique moderne. Le récit du témoin à Henri Julien, source originale, ne
mentionne aucun lieu. On peut considérer, sans se tromper, que cette source a
pu être imaginé.
Ce qui me gêne le plus dans le
récit pour le crédibiliser, c’est une série d'éléments extrêmement
extraordinaires qui apparaissent ensemble :
- -
Atterrissage à très courte distance
- -
23 militaires témoins
- -
Paralysie
- -
Trois heures de missing timean
- -
Cratère
- -
Cristallisation/vitrification
- -
Symptômes pendant deux jours
- -
Décollage à très grande vitesse.
Un dossier présentant
simultanément autant de caractéristiques extraordinaires devrait normalement
être accompagné d'une documentation exceptionnelle. Or nous avons
essentiellement : un témoignage publié neuf ans après les faits. C'est
précisément cette disproportion entre l'extraordinaire du contenu et la
faiblesse de la documentation primaire disponible qui me fait douter de la
réalité de ce cas. Pour en faire une véritable enquête, il est utile de
retrouver des documents d’origine militaire de cet incident et le témoignage de
certains des légionnaires présents.