dimanche 6 septembre 2026

JAY STRATTON : L'HOMME DU PENTAGONE QUI PROMET DE RÉVÉLER CE QU'IL SAIT SUR LES OVNI

JAY STRATTON : L'HOMME DU PENTAGONE QUI PROMET DE RÉVÉLER CE QU'IL SAIT SUR LES OVNI

« OUT OF THE SHADOWS » : UN ANCIEN RESPONSABLE DU PENTAGONE SORT DE L'OMBRE

L'automne 2026 pourrait constituer une nouvelle étape dans l'histoire contemporaine du dossier OVNI américain.

Le 13 octobre prochain doit paraître aux États-Unis « Out of the Shadows: Revealing the Truth About Non-Human Intelligent Life, » les mémoires de Jay Stratton, ancien responsable de la UAP Task Force, la structure créée au sein du Département de la Défense américain pour examiner les phénomènes aérospatiaux non identifiés. Le titre est déjà, à lui seul, particulièrement explicite : « Sortir de l'ombre : révéler la vérité sur la vie intelligente non humaine ».

L'éditeur William Morrow, une filiale de HarperCollins, présente l'ouvrage comme le récit d'un homme qui a consacré une grande partie de sa carrière gouvernementale à l'étude des UAP et de ce que certains responsables américains désignent désormais sous le terme de Non-Human Intelligence — NHI, ou « intelligence non humaine ». Mais Jay Stratton n'est pas un ancien militaire quelconque devenu auteur de livres sur les OVNI. Son parcours explique pourquoi cette publication est particulièrement suivie par le monde de l'ufologie.

UN HOMME AU CŒUR DU DOSSIER AMÉRICAIN

Stratton a travaillé pendant environ seize ans sur les questions liées aux UAP et à l'éventuelle intelligence non humaine, selon les informations publiées lors de l'annonce de ses mémoires. Il a notamment exercé des responsabilités dans le renseignement américain avant de prendre la direction de la UAP Task Force. Il est également associé au développement des premières structures modernes d'investigation gouvernementale sur les phénomènes aériens inexpliqués. Son parcours est donc très différent de celui des chercheurs indépendants qui ont construit l'ufologie depuis les années 1950.

Stratton appartenait à l'appareil de renseignement américain. Cette distinction est fondamentale. Lorsqu'un ufologue affirme avoir découvert des informations extraordinaires, son témoignage repose généralement sur des sources civiles, des documents déclassifiés ou des enquêtes personnelles. Lorsqu'un ancien responsable du renseignement affirme avoir été personnellement confronté à des phénomènes ou à des informations extraordinaires, la question devient différente :

  • ·         qu'a-t-il réellement vu ?
  • ·         dans quelles circonstances ?
  • ·         quels documents a-t-il consultés ?
  • ·         et surtout, quelles preuves peut-il légalement rendre publiques ?

Pour comprendre Stratton, il faut revenir quelques années en arrière. Le gouvernement américain avait déjà développé des programmes confidentiels consacrés aux phénomènes aériens inhabituels. L'un des plus importants fut AAWSAP — Advanced Aerospace Weapon System Applications Program, programme financé par le Pentagone et attribué à la Defense Intelligence Agency.

Le programme est devenu particulièrement connu après les révélations concernant le financement d'études sur les phénomènes aériens inexpliqués et certains sites réputés « paranormaux ». C'est dans cet environnement que s'est progressivement constituée la génération de responsables gouvernementaux qui allait conduire à la création de la UAP Task Force. Après le départ de Luis Elizondo du gouvernement, Stratton fut chargé de participer à la mise en place d'une nouvelle structure qui deviendra officiellement la UAP Task Force. Cette évolution est également évoquée dans une longue interview accordée en 2023 à Jeremy Corbell et George Knapp.

Cette évolution marque un changement majeur. Le phénomène OVNI cesse progressivement d'être traité uniquement comme une curiosité marginale pour devenir un problème potentiel de renseignement et de sécurité nationale.

Jay Stratton est également étroitement associé à l'un des cas les plus célèbres de l'ufologie contemporaine : l'incident du Nimitz de 2004. En novembre 2004, des pilotes de chasse de la marine américaine rencontrèrent au large de la Californie un objet surnommé depuis « Tic Tac », en raison de sa forme apparente. Le cas devint mondialement célèbre après la diffusion de la vidéo infrarouge réalisée par un avion de combat américain. Stratton a joué un rôle dans la mise en lumière institutionnelle de ce dossier. Il a notamment été associé aux auditions et aux travaux gouvernementaux qui ont contribué à faire sortir ces affaires du cercle très fermé du renseignement. Ce dossier reste important parce qu'il possède plusieurs caractéristiques inhabituelles :

·         plusieurs témoins militaires ;

·         des observations visuelles ;

·         des données provenant de systèmes militaires ;

·         des témoignages de pilotes expérimentés ;

·         et une vidéo officiellement reconnue par le gouvernement américain comme représentant un phénomène dont la nature n'était pas identifiée au moment de sa publication.

Cela ne signifie toutefois pas que le gouvernement américain ait officiellement conclu à une origine extraterrestre. C'est une distinction essentielle. « Non identifié » ne signifie pas « extraterrestre ».

UNE DÉCLARATION QUI CHANGE LA NATURE DU DOSSIER

C'est cependant en 2025 que Jay Stratton franchit publiquement un seuil beaucoup plus spectaculaire. Dans le documentaire The Age of Disclosure, réalisé par Dan Farah, Stratton affirme avoir personnellement vu ce qu'il décrit comme des engins non humains et des êtres non humains. Cette déclaration est considérable. Elle ne correspond plus au discours prudent habituellement employé par les institutions américaines.

Il ne dit pas simplement :

« Certains UAP restent inexpliqués. »

Il affirme avoir été lui-même confronté à des éléments qu'il interprète comme relevant d'une intelligence non humaine.

La déclaration a été largement rapportée lors de la présentation du documentaire au festival SXSW. Il s'agit probablement de l'un des témoignages publics les plus extraordinaires jamais formulés par un ancien responsable de haut niveau impliqué directement dans les investigations gouvernementales américaines.

Les révélations annoncées dans le futur livre vont encore plus loin. Selon les informations publiées lors de l'annonce de l'ouvrage, Stratton décrit l'existence supposée d'une dissimulation gouvernementale remontant à environ 80 ans. Cette chronologie renvoie implicitement aux origines historiques du phénomène OVNI moderne. Elle pourrait donc englober :

  • ·         les premières observations militaires américaines de l'après-guerre ;
  • ·         les programmes de l'US Air Force ;
  • ·         les enquêtes du projet Blue Book ;
  • ·         les affaires liées aux installations nucléaires ;
  • ·         les programmes secrets du renseignement ;
  • ·         les recherches consacrées à la récupération éventuelle de matériels ;
  • ·         et les programmes modernes UAP.

Il faut toutefois être extrêmement prudent. Cette histoire de « 80 ans de secret » est une affirmation attribuée à Stratton. Elle ne constitue pas, à ce jour, une démonstration historique indépendante. C'est précisément ce que son livre devra permettre d'évaluer.

UNE NOUVELLE VERSION DU « COVER-UP »

L'idée d'une dissimulation gouvernementale n'est évidemment pas nouvelle. Elle constitue même l'un des piliers de la culture OVNI depuis Roswell en 1947. Mais quelque chose a changé depuis quelques années.

Les personnes qui évoquent aujourd'hui un éventuel secret gouvernemental ne sont plus uniquement des ufologues. On trouve parmi elles :

·         d'anciens responsables du Pentagone ;

·         des officiers du renseignement ;

·         des militaires ;

·         des pilotes ;

·         des responsables de programmes gouvernementaux ;

·         des élus américains.

C'est ce changement sociologique qui constitue peut-être le phénomène le plus important.

Le débat n'est plus seulement :

« Les extraterrestres existent-ils ? »

Il devient :

« Que savent réellement les gouvernements au sujet des phénomènes aérospatiaux non identifiés ? »

LE PROBLÈME CENTRAL : STRATTON POURRA-T-IL APPORTER DES PREUVES ?

C'est ici que commence le véritable travail critique. Le livre de Stratton peut être extrêmement important sans pour autant constituer une preuve scientifique de l'existence d'une intelligence extraterrestre. Il faut distinguer quatre niveaux.

Niveau 1 — les fonctions de Stratton

Qu'il ait travaillé pour le gouvernement américain et dirigé la UAP Task Force est documenté.

Niveau 2 — ses déclarations

Il affirme avoir eu accès à des informations extraordinaires et avoir lui-même vu des éléments qu'il qualifie de non humains.

C'est un témoignage de première main.

Niveau 3 — les documents

La question fondamentale sera de savoir si le livre reproduit ou décrit des documents permettant une vérification indépendante.

Niveau 4 — les preuves matérielles

C'est le niveau décisif.

Photographies originales, données radar, mesures spectrales, données multisenseurs, matériaux, analyses indépendantes, chaînes de conservation : voilà ce qui permettrait de passer véritablement du témoignage à la démonstration.

Il existe cependant un obstacle évident. Stratton était un responsable du renseignement américain. Il ne peut pas simplement publier des informations classifiées parce qu'il a quitté le gouvernement. Son ouvrage doit donc rester dans le cadre de ce qui peut légalement être divulgué. Cette situation crée un problème bien connu dans le dossier OVNI : les informations les plus extraordinaires seraient précisément celles qui seraient les plus susceptibles d'être classifiées.

Le public pourrait donc se retrouver avec un récit extrêmement convaincant, mais sans possibilité d'accéder aux données originales. Cela ne signifie pas nécessairement que Stratton ment. Cela signifie simplement que la vérification indépendante demeure indispensable.

L'intérêt du personnage est encore renforcé par son association avec le parcours de David Grusch. Grusch est devenu mondialement connu en 2023 après avoir affirmé, devant le Congrès américain, que des programmes gouvernementaux secrets liés à la récupération d'engins d'origine non humaine existaient. Stratton appartenait à la hiérarchie gouvernementale dans laquelle Grusch avait travaillé. Cette proximité donne au témoignage de Stratton une importance particulière dans le débat sur les affirmations de Grusch.

Mais elle ne constitue pas, à elle seule, une confirmation indépendante. Deux personnes peuvent partager une même interprétation d'informations sans que ces informations soient nécessairement exactes.

LE DOSSIER NUCLÉAIRE

Un autre thème particulièrement important du parcours de Stratton concerne les observations d'UAP autour des installations nucléaires. Ce sujet est devenu l'un des axes majeurs du nouveau discours américain sur les OVNI. Des témoignages ont été rapportés concernant des phénomènes autour de :

  • ·         bases de missiles nucléaires ;
  • ·         installations de stockage ;
  • ·         sites de production ;
  • ·         sous-marins ;
  • ·         infrastructures stratégiques.

L'intérêt militaire est évident. Un objet inconnu qui apparaît au-dessus d'une base nucléaire n'est pas simplement un problème « extraterrestre ». Il peut être : un drone ; un avion espion ; ou encore un système expérimental. (Ou bien encore d’autres explications). C'est pourquoi l'étude des UAP relève d'abord de la sécurité nationale, avant de relever éventuellement de l'exobiologie.

La publication du livre de Stratton intervient dans un contexte particulièrement favorable à la question UAP.

Depuis 2017, le sujet a progressivement quitté les marges. La publication de vidéos militaires, les auditions du Congrès, la création de structures officielles consacrées aux UAP et les témoignages d'anciens responsables ont profondément modifié le paysage. Le phénomène est devenu suffisamment institutionnel pour que la question ne puisse plus être évacuée simplement comme une curiosité populaire. Mais cela ne signifie pas que l'hypothèse extraterrestre soit devenue une réalité scientifique. Le changement porte avant tout sur le statut de la question.

LE LIVRE DE STRATTON SERA-T-IL LE « LIVRE BOMBE » ATTENDU ?

C'est probablement la question que se posent actuellement les passionnés d'OVNI.Il existe plusieurs scénarios.

Scénario 1 : les révélations sont majeures

Stratton pourrait publier des informations permettant de relier plusieurs dossiers historiques.

Dans ce cas, son ouvrage pourrait devenir un document majeur de l'histoire des UAP.

Scénario 2 : beaucoup d'informations mais peu de preuves

Le livre pourrait contenir de nombreux témoignages, documents indirects et récits confidentiels.

Il serait alors extrêmement intéressant historiquement, mais moins déterminant scientifiquement.

Scénario 3 : presque aucune preuve vérifiable

Le livre pourrait surtout présenter le parcours personnel de Stratton et son interprétation des événements.

Dans ce cas, son importance serait essentiellement testimoniale.

Scénario 4 : une véritable pièce matérielle

C'est évidemment le scénario qui changerait tout.

Une donnée physique ou instrumentale authentifiée et vérifiable indépendamment aurait une portée infiniment supérieure à une centaine de témoignages.

Il serait tentant, dès maintenant, d'écrire : « Un ancien responsable du Pentagone va révéler la preuve que les extraterrestres existent. » Ce serait prématuré. Ce que nous pouvons dire aujourd'hui est beaucoup plus précis : un ancien directeur de la UAP Task Force, ayant consacré environ seize années de sa carrière gouvernementale aux UAP et à l'intelligence non humaine, affirme avoir été personnellement confronté à des éléments qu'il considère comme non humains et annonce la publication de mémoires dans lesquels il promet de révéler ce qu'il peut légalement rendre public. Cette formulation est beaucoup plus solide.

Le plus intéressant commencera probablement après la publication. Il faudra alors examiner le livre non pas seulement comme un récit spectaculaire, mais comme un document historique à vérifier. Pour chaque affirmation importante, il faudra poser cinq questions :

1. Stratton était-il réellement présent ?

2. Parle-t-il d'une observation personnelle ou d'une information rapportée ?

3. Existe-t-il un document permettant de confirmer son récit ?

4. Existe-t-il des témoins indépendants ?

5. Existe-t-il une donnée physique ou instrumentale vérifiable ?

Cette méthode permettra de distinguer le témoignage, le renseignement, l'interprétation et la preuve.

CONCLUSION

Jay Stratton occupe aujourd'hui une position singulière dans l'histoire moderne du phénomène OVNI. Ancien analyste du renseignement, ancien responsable de la UAP Task Force et acteur de la transformation du dossier OVNI en problème institutionnel de sécurité nationale, il affirme désormais publiquement avoir été confronté à des phénomènes qu'il considère comme relevant d'une intelligence non humaine.

Son futur livre, Out of the Shadows: Revealing the Truth About Non-Human Intelligent Life, annoncé pour le 13 octobre 2026, pourrait donc constituer un événement important pour l'ufologie contemporaine. Mais son véritable intérêt ne sera pas déterminé par le titre, les annonces de l'éditeur ou les déclarations promotionnelles. Il sera déterminé par une seule chose : ce que Jay Stratton pourra effectivement montrer.

Si le livre apporte des documents nouveaux, des données instrumentales ou des éléments matériellement vérifiables, nous serons peut-être devant une étape historique.

Si, au contraire, il apporte principalement de nouveaux témoignages et des informations impossibles à contrôler indépendamment, il restera un témoignage exceptionnel — mais pas une démonstration scientifique. Dans les deux cas, le livre mérite d'être étudié avec attention. Car une chose est déjà certaine : le dossier OVNI américain est entré dans une nouvelle phase, où les questions ne sont plus seulement posées par les enquêteurs et les passionnés, mais également par ceux qui ont participé de l'intérieur aux programmes gouvernementaux consacrés aux phénomènes aérospatiaux non identifiés. Et Jay Stratton est probablement l'un des hommes les mieux placés pour raconter cette transformation.

 

Équipe Rédactionnelle du GEOS France  GL



jeudi 3 septembre 2026

Entretien de Robert Bigelow avec George Knapp sur les ovnis à propos d’une rencontre avec le président Trump

Entretien de Robert Bigelow avec George Knapp sur les ovnis à propos d’une rencontre avec le président Trump

 


Robert Bigelow affirme avoir rencontré Donald Trump dans le Bureau ovale le 6 février 2026, pour lui présenter sept dossiers, dont un consacré aux UAP, à l'intelligence non humaine et à la « divulgation ». Selon son récit, l'entretien aurait duré environ 75 minutes.  Bigelow explique surtout qu'il ne s'est pas contenté de présenter des informations au président : il lui aurait proposé les mots exacts qu'il souhaitait que Trump prononce publiquement.

La phrase proposée était, en substance :

« Une présence intelligente non humaine est présente sur Terre depuis très longtemps, utilisant des engins spatiaux dont les performances dépassent complètement nos capacités et notre physique humaine. »

Bigelow imaginait même le contexte : Trump aurait pu faire cette déclaration devant les journalistes, par exemple au moment de monter à bord d'Air Force One.  Mais il y a un élément essentiel : Trump ne l'a pas fait.

Et Bigelow ne fournit pas, dans cet entretien, d'explication permettant de savoir si Trump a cru son interlocuteur ; a rejeté ses affirmations ou a simplement décidé de ne pas faire une déclaration aussi extraordinaire.  Une analyse du dossier souligne également que les sept rapports présentés par Bigelow, les éventuels documents accompagnant ses affirmations et surtout la réaction de Trump ne sont pas publiquement disponibles.

Que penser de cette histoire ?

À mon avis, il faut séparer trois histoires différentes.

1. Bigelow a-t-il réellement rencontré Trump ?

C'est la partie la plus solide. Le récit du rendez-vous est suffisamment précis — date, Bureau ovale, documents, durée, personnel de la Maison-Blanche — pour qu'on puisse considérer qu'il ne s'agit pas simplement d'une rumeur Internet. Plusieurs sources ont repris le récit de Bigelow.  Mais même ici, il faut être prudent : la rencontre ne valide évidemment pas le contenu des informations présentées pendant cette rencontre.

2. Bigelow a-t-il réellement demandé à Trump de faire cette déclaration ?

Là encore, Bigelow le dit lui-même très clairement. Ce n'est donc pas une invention des journalistes : c'est bien son témoignage. Et c'est probablement l'aspect le plus intéressant de l'affaire. Bigelow ne demande pas simplement : « Monsieur le Président, pourriez-vous prendre le dossier OVNI au sérieux ? » Il propose une véritable formule de "confirmation" : une intelligence non humaine serait présente sur Terre depuis très longtemps. C'est un changement de niveau considérable. Il ne s'agit plus d'admettre l'existence de PAN inexpliqués. Il s'agit de confirmer une interprétation de leur nature.

3. Mais Trump n'a pas prononcé la phrase

Et c'est précisément là que certains articles vont trop loin. Le titre : « Bigelow a donné à Trump les mots exacts pour révéler la présence extraterrestre » est beaucoup plus spectaculaire que ce que les informations permettent d'établir. Car nous ne savons pas ce que Trump a pensé. Et surtout, le silence de Trump ne constitue pas une confirmation indirecte. Il est parfaitement possible que Trump ait entendu Bigelow et ait considéré : « Je ne suis pas suffisamment convaincu pour faire cette déclaration. » C'est même l'une des interprétations les plus prudentes.

Le point qui me paraît le plus important c’est qu’il existe une énorme différence entre :

  • « Robert Bigelow affirme que l'intelligence non humaine existe sur Terre »

        et :

  • « Robert Bigelow a fourni au président des preuves démontrant qu'une intelligence non humaine existe sur Terre. » 

La première affirmation est parfaitement documentée. La seconde ne l'est pas.

  • ·         Nous ne connaissons pas publiquement le contenu complet des sept dossiers.
  • ·         Nous ne savons pas quelles preuves Bigelow a montrées.
  • ·         Nous ne savons pas si elles étaient nouvelles.
  • ·         Nous ne savons pas si elles étaient classifiées.
  • ·         Nous ne savons pas si Trump les a considérées comme convaincantes.
  • ·         Et nous ne savons pas pourquoi il n'a pas repris la phrase proposée.

Bigelow est une personnalité très particulière dans l'histoire moderne des OVNI. Il n'est pas un simple témoin.

Car il a financé des recherches privées sur les phénomènes anormaux, notamment NIDS et BAASS, et sa société a été associée au programme AAWSAP de la Defense Intelligence Agency. Il possède donc une connaissance beaucoup plus importante du dossier que la plupart des personnes qui interviennent publiquement sur les OVNI. C'est ce qui rend ses déclarations intéressantes, mais cela crée aussi un problème méthodologique : son statut et son passé dans le domaine ne constituent pas une preuve de ses affirmations actuelles.

Pourquoi les articles sont-ils aussi enthousiastes ? - Parce que cette histoire réunit trois ingrédients extrêmement puissants :

Robert Bigelow + Donald Trump + révélation extraterrestre.

C'est pratiquement une combinaison idéale pour les titres sensationnels.

On passe rapidement de :

« Bigelow dit avoir proposé une déclaration à Trump »

À :

« Bigelow révèle que Trump sait que les extraterrestres sont ici »

Puis parfois à :

« Trump a été informé de la présence extraterrestre. »

Et ces trois phrases ne veulent absolument pas dire la même chose.

Le silence de Trump nous interpelle : si Bigelow dit vrai et qu'il a effectivement présenté au président des informations extraordinaires, plusieurs scénarios sont possibles.

1.    Hypothèse 1 — Trump n'est pas convaincu

C'est parfaitement possible.

2.    Hypothèse 2 — Trump est convaincu mais ne veut pas faire cette déclaration

Pour des raisons politiques, militaires ou diplomatiques.

3.    Hypothèse 3 — Trump veut une confirmation institutionnelle

Il pourrait considérer qu'une déclaration présidentielle personnelle n'est pas suffisante et attendre une démarche officielle.

4.    Hypothèse 4 — Bigelow surestime la portée de sa propre présentation

Il peut avoir présenté ses conclusions à Trump sans que celui-ci leur accorde la même valeur.

5.    Hypothèse 5 — Les informations sont réellement extraordinaires mais classifiées

C'est l'hypothèse la plus séduisante pour les ufologues, mais nous n'avons pas actuellement de preuve publique permettant de la privilégier.

Il y a même quelque chose d'assez révélateur dans cette affaire. Si Bigelow possède réellement les preuves permettant de confirmer une présence non humaine sur Terre, pourquoi demander à Trump de prononcer simplement une phrase plutôt que de rendre les preuves publiques ? C'est probablement la question que les journalistes devraient poser. Parce qu'une phrase présidentielle ne constitue pas une preuve scientifique. Même si Trump disait : « Une intelligence non humaine est présente sur Terre. » cela resterait une déclaration politique, pas une démonstration scientifique.

 

https://ovnietuapinfo.com/wp-content/uploads/2026/08/la-politique-et-les-ovni-en-grande-bretagne.pdf

lundi 31 août 2026

Eric Burlison évoque une opération présumée destinée à attirer ou provoquer l’apparition de PAN/UAP

A PROPOS DE LA VIDEO OU Eric Burlison évoque une opération présumée destinée à attirer ou provoquer l’apparition de PAN/UAP

RESUME ET ANALYSE DE LA VIDEO de Psicoactivo Podcast, publiée le 20 août 2026, consacrée aux nouvelles déclarations du représentant américain Eric Burlison sur une opération présumée destinée à attirer ou provoquer l’apparition de PAN/UAP, avec implication annoncée de l’ODNI, de la CIA, du FBI et du renseignement militaire.

La vidéo revient essentiellement sur une affirmation spectaculaire d’Eric Burlison, membre du Congrès américain très engagé dans le dossier UAP.

Selon Burlison, les agences américaines auraient procédé à une sorte d'expérience de terrain. Elles auraient repris l'historique de plusieurs observations antérieures afin de déterminer quelles conditions semblaient associées à l'apparition des phénomènes. Elles auraient ensuite recréé volontairement ces conditions dans un lieu militaire où des observations avaient déjà été rapportées.

Burlison affirme que des personnels de l'ODNI, de la CIA, du FBI et du renseignement militaire étaient présents sur le site. Et surtout, selon son propre témoignage : « Something showed up » — « Quelque chose est apparu. »

La vidéo relie cette déclaration à des informations antérieures concernant des sphères lumineuses ou "orbes", parfois décrites comme des phénomènes de type plasma. Elle rappelle également que Burlison avait déjà évoqué, plusieurs mois auparavant, un événement au cours duquel les autorités auraient créé un « perfect case scenario » afin de pouvoir observer et enregistrer un phénomène UAP dans de bonnes conditions.  Un autre élément important est le témoignage de Burlison concernant des vidéos réalisées par des agents du FBI. Il affirme avoir vu des images montrant des objets lumineux ressemblant à ceux dont lui avaient parlé les responsables du renseignement. Ces observations auraient notamment été réalisées dans des secteurs résidentiels, après que des agents eurent été appelés par des témoins.

CE QUE NOUS POUVONS EN PENSER

À mon avis, la vidéo est intéressante comme document sur l'évolution actuelle du dossier UAP américain, mais elle va beaucoup plus loin que ce que les éléments publiquement vérifiables permettent actuellement d'affirmer.

1. Le témoignage de Burlison est important, mais ce n'est pas une preuve matérielle C'est le point essentiel.

Nous avons bien un membre du Congrès qui affirme avoir reçu des informations provenant de responsables du renseignement. C'est beaucoup plus sérieux qu'une simple publication anonyme sur Internet. Mais nous ne disposons toujours pas publiquement par exemple du rapport original de l'expérience, de la liste des participants ou encore du protocole expérimental.

Une analyse publiée récemment sur cette affaire souligne justement que le protocole, le lieu, les capteurs et les données de l'expérience restent indisponibles pour une vérification indépendante.

Il faut donc distinguer trois niveaux :

Ce que Burlison dit avoir appris → ce que les agences auraient réellement observé → ce que les données permettraient de démontrer. 

Pour le moment, nous sommes principalement au premier niveau.

2. La phrase « quelque chose est apparu » est extrêmement intéressante… mais ambiguë C'est probablement la phrase la plus spectaculaire de toute l'affaire. « Something showed up. » Mais elle ne signifie pas nécessairement : « Un engin extraterrestre est apparu. » Elle peut simplement signifier : « Un phénomène aérien non identifié a été détecté ou observé. » - C'est très différent. Un véritable protocole scientifique devrait ensuite répondre à des questions élémentaires : Qu'est-ce qui est apparu ? À quelle distance ? ou encore : Pendant combien de temps ?  Et à bien d’autres questions ! C'est précisément cette seconde partie qui manque actuellement.

3. L'idée « d'attirer » les OVNI est la partie la plus extraordinaire C'est ici que je serais particulièrement prudent. L'affirmation selon laquelle certaines conditions pourraient attirer les UAP constitue une hypothèse extraordinairement intéressante. Si elle était démontrée expérimentalement, ce serait probablement l'une des découvertes les plus importantes de l'histoire de la recherche sur les PAN.

Mais il faut démontrer une corrélation reproductible.

Par exemple :

Condition A + B + C → apparition d'un phénomène

Puis :

Condition A + B + C → apparition d'un phénomène

Puis encore :

Condition A + B + C → apparition d'un phénomène.

À ce moment-là, on commencerait à avoir quelque chose de scientifiquement très sérieux.

Une seule expérience réussie ne suffirait pas.

4. L'intervention d'Avi Loeb est, à mon sens, un élément à ne pas négliger, c’est un scientifique bien connu. L'affaire devient beaucoup plus intéressante parce qu'elle ne reste pas uniquement dans le domaine politique. Avi Loeb et le UAP Science Advisory Council (UAPSAC) ont indiqué qu'ils poursuivaient l'étude du cas et souhaitaient travailler sur le terrain avec des capteurs non classifiés et des instruments scientifiques avancés.

C'est exactement la bonne direction.

Car si l'expérience peut être reproduite sans accès à des informations classifiées, elle pourra éventuellement sortir du domaine des déclarations politiques pour entrer dans celui de la science expérimentale.

Et c'est là que l'affaire deviendrait véritablement passionnante.

5. Il existe cependant un problème avec la présentation de la vidéo La vidéo de Psicoactivo mélange plusieurs éléments : des faits documentés + des déclarations de Burlison + des interprétations + des hypothèses sur ce qui se serait produit.

C'est efficace journalistiquement, mais cela peut donner au spectateur l'impression que tous ces éléments ont le même degré de certitude. Ils ne l'ont pas. Par exemple :

Élément

Niveau de certitude

Burlison a fait ces déclarations

Très élevé

Il dit avoir été briefé par des agences

Élevé

Des agents du FBI ont filmé des phénomènes lumineux

À documenter cas par cas

Une expérience aurait été organisée

Déclaration de Burlison

ODNI/CIA/FBI/renseignement militaire étaient présents

Déclaration de Burlison

Un phénomène est effectivement apparu

Déclaration de Burlison

Le phénomène était inexplicable

Non démontré publiquement

Le phénomène était intelligent

Non démontré

Le phénomène était extraterrestre/non humain

Aucune démonstration publique

Cette distinction est fondamentale.

Un élément particulièrement intéressant : les rapports FBI - Il existe néanmoins un rapprochement intéressant avec les documents UAP récemment diffusés. Des documents attribués au FBI font état d'observations de sphères lumineuses et notamment d'un dossier de 2025 concernant une sphère rouge brillant observée par des témoins, avec des images prises par un iPhone. Le dossier indique notamment que les témoins avaient été considérés comme crédibles.  Cela ne prouve évidemment pas que ces objets soient les mêmes que ceux de l'expérience évoquée par Burlison. Mais cela montre que le phénomène des "orbes" fait désormais partie des dossiers officiellement documentés, et pas seulement de la littérature ufologique classique. C'est un changement important.

Mon appréciation globale

Je donnerais à cette vidéo 7/10 comme document journalistique, mais seulement 4/10 comme démonstration scientifique.

Ses points forts

·         Elle porte sur une déclaration récente d'un élu américain ;

·         Burlison est directement impliqué dans les efforts de divulgation UAP au Congrès ;

·         Elle met en évidence une évolution intéressante : les autorités ne se contenteraient plus de subir les observations, elles chercheraient à les provoquer ou à les reproduire ;

·         Elle établit un lien intéressant avec les dossiers FBI/ODNI ;

·         L’implication annoncée d'Avi Loeb ouvre la possibilité d'une véritable investigation scientifique.

Ses faiblesses

·         Absence de données primaires ;

·         Absence d'enregistrement brut de l'événement central ;

·         Absence de protocole expérimental public ;

·         Dépendance importante aux déclarations de Burlison ;

·         Tendance à passer rapidement de « phénomène non identifié » à « phénomène contrôlé ou attiré » ;

·         Risque de transformer une information extraordinaire en quasi-preuve alors que nous n'avons encore que des témoignages indirects.

À mon avis, le véritable intérêt de cette histoire n'est pas de savoir aujourd'hui si les OVNI sont extraterrestres. La vraie question est beaucoup plus intéressante : Les autorités américaines ont-elles découvert qu'il existe des conditions reproductibles permettant de provoquer l'apparition de certains UAP ?

Si la réponse est oui, cela changerait complètement le dossier. On passerait de :

« Nous observons occasionnellement des phénomènes inconnus »

À :

« Nous avons identifié des conditions permettant de provoquer leur apparition et nous pouvons les étudier avec des instruments scientifiques. »

Ce serait une rupture majeure dans l'histoire de l'ufologie et de la recherche UAP. Mais nous n'en sommes pas encore là.


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