samedi 15 août 2026

UAP ALLEMAGNE - le CENAP reçoit plusieurs témoignages chaque jour

L’Allemagne face à une nouvelle vague de signalements d’OVNI : le  CENAP reçoit plusieurs témoignages chaque jour
 

Le nombre de signalements de phénomènes aériens non identifiés (PAN/UAP) adressés au CENAP, l’un des plus anciens organismes allemands consacrés à l’étude des OVNI, connaît actuellement une forte activité. Son directeur, Hansjürgen Köhler, indique que plusieurs nouveaux cas lui parviennent quotidiennement. Mais un chiffre spectaculaire qui circule mérite d’être rectifié : les quelque 14 000 dossiers évoqués correspondent au total historique traité par le CENAP, et non à 14 000 observations enregistrées durant le seul mois d’août 2026.

L’Allemagne connaît-elle actuellement une véritable « vague » d’OVNI ? La question mérite d’être posée, tant l’activité des organismes allemands spécialisés dans les phénomènes aériens inhabituels semble soutenue. Selon les informations attribuées à Hansjürgen Köhler, directeur du CENAP — Centralen Erforschungsnetz außergewöhnlicher Himmelsphänomene, le réseau reçoit désormais entre trois et six nouveaux signalements par jour. Ce rythme représenterait approximativement 90 à 180 témoignages par mois si celui-ci se maintenait.

Le chiffre est loin d’être anecdotique. Il montre surtout que, malgré plusieurs décennies de démystification et d’identification des phénomènes célestes, le public allemand continue à observer dans le ciel des objets ou des lumières qu’il ne parvient pas immédiatement à identifier.

14 000 cas : attention à l’interprétation

Une précision est cependant indispensable. Le chiffre de près de 14 000 signalements qui circule actuellement ne signifie pas que le CENAP aurait reçu 14 000 observations au cours du seul mois d’août 2026. Une telle interprétation serait incompatible avec le rythme quotidien annoncé de trois à six nouveaux cas. Les données disponibles indiquent plutôt que le CENAP a accumulé environ 14 000 signalements depuis le début de ses activités, qui remontent à 1976. Une source récente consacrée au fonctionnement du réseau évoque ainsi environ 13 621 rapports traités, dont seulement une petite fraction demeurait alors sans explication définitive. Cette distinction est essentielle : 14 000 dossiers historiques et 3 à 6 nouveaux cas quotidiens ne décrivent pas le même phénomène statistique. Elle n'enlève cependant rien à l'intérêt de l'information actuelle. Au contraire, elle permet de comprendre que l'Allemagne dispose d'une base de données constituée sur près d'un demi-siècle, susceptible de servir à comparer les périodes de forte et de faible activité.

Fondé en 1976, le CENAP est devenu au fil des décennies l'une des principales structures civiles allemandes consacrées à la collecte et à l'analyse des observations d'OVNI. Son approche est traditionnellement beaucoup plus prudente que celle de certains courants ufologiques. L'objectif n'est pas de transformer chaque lumière étrange en « engin extraterrestre », mais de déterminer ce que le témoin a réellement observé. Cette méthode conduit naturellement à une proportion importante de phénomènes parfaitement conventionnels : avions, satellites, fusées, ballons, drones, météores, planètes brillantes ou effets lumineux. Le phénomène Starlink a notamment créé de nombreuses méprises ces dernières années, tandis que les lancements spatiaux et les rentrées atmosphériques peuvent produire des apparitions particulièrement spectaculaires. Le CENAP utilise notamment les données astronomiques, les informations relatives au trafic aérien et différents outils permettant de confronter le témoignage à ce qui se trouvait effectivement dans le ciel au moment de l'observation.

C'est ici que se situe toute la difficulté du débat car en effet un UAP - PAN n’est pas un OVNI Extraterrestre !  Un PAN est, par définition, un phénomène qui n'a pas encore été identifié. Il ne constitue donc pas automatiquement la preuve d'un objet extraordinaire. La distinction entre signalement, cas non identifié au moment du témoignage et phénomène réellement inexpliqué après enquête est fondamentale.

L'expérience allemande l'illustre particulièrement bien. La GEP — Gesellschaft zur Erforschung des UFO-Phänomens, autre importante organisation allemande de recherche, dispose elle aussi d'une base de données considérable. Sa base statistique publique permet de distinguer les cas identifiés, les cas presque identifiés, les dossiers problématiques et les observations demeurant ouvertes. Au mois de juillet 2026, la GEP indiquait ainsi disposer de 6 600 signalements UFO/UAP, avec une proportion d'environ 2,4 % de cas non expliqués dans sa propre base. Ces chiffres ne sont pas directement comparables à ceux du CENAP, car les critères de collecte, les périodes étudiées et les méthodes de classification peuvent différer. Ils montrent néanmoins une réalité importante : l'immense majorité des signalements ne débouche pas sur la découverte d'un objet véritablement mystérieux.

Pourquoi les témoignages augmentent-ils ?

La hausse actuelle peut avoir plusieurs explications, et il serait prématuré de l'attribuer à une augmentation réelle du nombre de phénomènes inhabituels dans le ciel allemand.

1.    Première hypothèse : l'omniprésence des satellites.

Depuis plusieurs années, les constellations de satellites, notamment Starlink, ont profondément modifié l'apparence du ciel nocturne. Des alignements lumineux ou des groupes de points se déplaçant silencieusement peuvent paraître extrêmement inhabituels à un observateur non averti.

2.    Deuxième facteur : la multiplication des drones.

Le ciel européen est désormais beaucoup plus fréquenté par des drones civils, professionnels et militaires. De nuit, leur identification à distance peut devenir extrêmement difficile.

3.    Troisième facteur : les réseaux sociaux.

Une personne qui observe une lumière étrange peut aujourd'hui filmer immédiatement le phénomène et diffuser la vidéo à des milliers de personnes. Le témoin est également beaucoup plus susceptible de rechercher un organisme auquel transmettre son observation.

4.    Quatrième élément : le contexte international.

Les débats américains autour des UAP, les auditions du Congrès, les publications de documents déclassifiés et l'activité de l'AARO ont considérablement contribué à normaliser le vocabulaire des « UAP ». Le phénomène n'est plus nécessairement présenté comme une curiosité ésotérique, mais comme un problème potentiel d'identification, de sécurité aérienne ou de renseignement.

Il existe donc un paradoxe.

Plus les autorités et les scientifiques expliquent que les UAP doivent être étudiés rationnellement, plus le public semble disposé à signaler ses observations. C'est plutôt une bonne nouvelle pour la recherche. Pendant longtemps, un témoin hésitait à déclarer avoir vu quelque chose d'étrange par peur du ridicule. La disparition progressive de cette stigmatisation permet aujourd'hui d'obtenir davantage de données.

Mais davantage de signalements ne signifie pas nécessairement davantage de phénomènes inexpliqués. C'est une différence fondamentale que les statistiques doivent préserver.

Le véritable intérêt du phénomène allemand

Le cas allemand est particulièrement intéressant parce qu'il permet d'observer ce qui se produit lorsqu'un organisme accumule des milliers de témoignages sur plusieurs décennies. Une base de données aussi importante peut permettre de rechercher des tendances : saisonnalité des observations, heures privilégiées, influence des événements astronomiques, corrélation avec les lancements spatiaux, apparition de nouveaux types de drones, répartition géographique ou encore évolution du nombre de témoignages en fonction de l'actualité médiatique. La GEP dispose déjà d'outils statistiques permettant notamment d'étudier la répartition temporelle et géographique des observations et leurs différentes classifications.

L'enjeu scientifique n'est donc plus simplement de demander : « Combien d'OVNI ont été observés ? »

Il faut désormais demander :

Combien ont été signalés ? Combien ont été identifiés ? Combien demeurent réellement inexpliqués après enquête ? Et surtout, pourquoi ?

La situation allemande rappelle finalement celle observée dans plusieurs autres pays européens. La France possède le GEIPAN, rattaché au CNES. L'Allemagne dispose de plusieurs structures civiles comme le CENAP et la GEP. La Norvège, la Suède et d'autres pays européens entretiennent également des bases historiques d'observations. Une étude scientifique internationale publiée en 2025 soulignait d'ailleurs que les phénomènes UAP ne constituent absolument pas un phénomène exclusivement américain : des programmes et recherches existent depuis longtemps en Europe et dans plusieurs autres régions du monde. L'intérêt de l'Allemagne aujourd'hui réside donc moins dans l'idée spectaculaire d'une prétendue « invasion d'OVNI » que dans la possibilité d'observer l'évolution d'un phénomène de signalement à grande échelle.

Les chiffres actuellement attribués au CENAP sont suffisamment intéressants pour justifier une surveillance statistique, mais ils ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à une augmentation des phénomènes aériens véritablement inconnus. Le rythme de trois à six nouveaux cas par jour est significatif pour une organisation spécialisée. Il représente une masse de données qui mérite d'être documentée et comparée aux années précédentes. En revanche, le chiffre de 14 000 cas doit être présenté correctement : il s'agit d'un ordre de grandeur correspondant à l'activité historique du CENAP, et non à une explosion de 14 000 observations au mois d'août 2026.

Cette nuance est essentielle pour éviter de transformer une information intéressante en sensationnalisme.

Car l'enseignement principal de l'expérience allemande est peut-être ailleurs : plus les signalements sont nombreux, plus la nécessité d'une méthode rigoureuse devient importante.

Dans le domaine des OVNI, le véritable événement n'est pas nécessairement de découvrir un objet extraordinaire. C'est parfois simplement de constater que, malgré des milliers d'enquêtes, une petite partie des observations résiste encore à l'identification. Et c'est précisément cette petite fraction — plutôt que les milliers de méprises déjà expliquées — qui constitue le véritable sujet scientifique des PAN.

 

Sources et références : CENAP ; GEP, Gesellschaft zur Erforschung des UFO-Phänomens ; statistiques publiques de la GEP ; travaux scientifiques internationaux sur les UAP.

Analyse équipe réactionnelle du GEOS France 


 

vendredi 14 août 2026

Quand l’AARO vient apprendre au CRIDOVNI de Montevideo

Quand l’AARO vient apprendre au CRIDOVNI de Montevideo


Le rapprochement entre l’AARO américain et la CRIDOVNI uruguayenne marque une nouvelle étape dans l’internationalisation de l’étude des PAN

Il est des rencontres qui, en apparence, ne produisent ni déclaration spectaculaire ni révélation fracassante, mais qui méritent pourtant une attention particulière. La récente coopération entre les autorités américaines chargées de l’étude des phénomènes aériens non identifiés et la Force aérienne uruguayenne appartient à cette catégorie.

Selon les informations communiquées côté uruguayen, des représentants de la CRIDOVNI, la Comisión Receptora e Investigadora de Denuncias de Objetos Voladores No Identificados, ont participé à des réunions de travail et à des ateliers techniques avec l’AARO — All-domain Anomaly Resolution Office, le bureau américain chargé de l’étude et de la résolution des anomalies dans tous les domaines.L'information est importante moins pour ce qu'elle prétend révéler sur la nature des PAN que pour ce qu'elle dit de l'évolution de leur traitement institutionnel. Car, derrière les sigles et le vocabulaire administratif, une réalité nouvelle apparaît : le phénomène n'est plus seulement considéré comme une question américaine. Il devient progressivement un sujet de coopération internationale entre organismes militaires, aéronautiques et scientifiques.

L'Uruguay, un pays qui enquête depuis 1979

L'intérêt de cette rencontre tient d'abord à l'identité du partenaire choisi par les Américains. L'Uruguay ne découvre pas aujourd'hui les PAN. La CRIDOVNI a été créée le 7 août 1979 par la Force aérienne uruguayenne afin de recevoir, étudier et évaluer les signalements d'objets volants non identifiés dans l'espace aérien national. Sa mission est directement liée au contrôle de l'espace aérien et à la sécurité aéronautique. Cette longévité est remarquable. Alors que plusieurs pays ont créé puis abandonné des programmes consacrés aux OVNI, l'Uruguay a maintenu pendant près d'un demi-siècle une structure institutionnelle consacrée à ces observations.

La CRIDOVNI n'est donc pas une organisation apparue dans le sillage de la vague UAP américaine de ces dernières années. Elle possède une expérience accumulée sur plusieurs décennies. C'est précisément ce qui rend le dialogue avec l'AARO intéressant.

Le rapprochement met en présence deux modèles.

D'un côté, l'AARO est une structure américaine récente, née dans le contexte de la résurgence du dossier UAP au sein du Département de la Défense et du Congrès américain. Elle dispose potentiellement de moyens technologiques, de capacités de renseignement et d'accès à des données auxquelles une petite commission étrangère ne peut naturellement prétendre.

De l'autre, la CRIDOVNI possède une expérience historique exceptionnelle de la réception et de l'analyse des signalements dans un espace aérien national.

L'intérêt d'une coopération est donc évident : l'un possède une puissance technologique et institutionnelle considérable ; l'autre possède une expérience opérationnelle de longue durée. Il ne s'agit pas nécessairement de déterminer qui « sait » ce que sont les PAN. Il s'agit d'améliorer la manière de poser la question.

C'est probablement là que se trouve l'aspect le plus intéressant des ateliers techniques / passer du témoignage à la donnée. Depuis plusieurs décennies, l'enquête sur les OVNI a souffert d'un problème fondamental : la plupart des observations reposent sur des témoignages humains difficiles à vérifier, parfois accompagnés de photographies ou de vidéos de qualité insuffisante. L'approche UAP contemporaine cherche au contraire à multiplier les sources objectives : radar, infrarouge, électro-optique, données météorologiques, trajectoires aéronautiques, données satellitaires, spectrométrie, signaux électromagnétiques et autres capteurs.

Le propre atelier UAP organisé par l'AARO en 2025 illustre cette évolution méthodologique : les travaux portaient notamment sur l'identification et l'intégration des sources de données, les méthodes d'analyse à grande échelle ainsi que le nettoyage, l'organisation et la mise en relation des données.

La coopération avec la CRIDOVNI peut donc être comprise comme une tentative de standardisation internationale des méthodes d'enquête.

Et c'est probablement beaucoup plus important qu'une nouvelle vidéo mystérieuse.

L'Uruguay constitue également un partenaire particulièrement intéressant pour Washington. Son territoire est suffisamment vaste pour permettre l'observation de phénomènes aériens, tout en demeurant relativement limité par rapport aux immenses espaces des États-Unis. Sa Force aérienne exerce une responsabilité directe dans le domaine aérospatial national, et le gouvernement uruguayen définit officiellement la FAU comme la branche des forces armées chargée de planifier, conduire et exécuter les missions relevant de la défense du pouvoir aérospatial. La CRIDOVNI dispose en outre d'un historique considérable. Des publications et témoignages antérieurs montrent que ses enquêteurs procèdent notamment à des vérifications du trafic aérien, des conditions météorologiques, des satellites, des phénomènes astronomiques et des activités militaires afin d'éliminer les explications conventionnelles.

Cette méthode de réduction progressive des hypothèses est fondamentale.

Un PAN n'est pas nécessairement un objet exotique. C'est d'abord un événement qui, au moment de l'observation ou après une première analyse, n'a pas encore reçu d'identification satisfaisante.

Cette distinction est capitale. Le mot « non identifié » ne signifie pas « extraterrestre »

C'est probablement ici que l'information doit être abordée avec le plus de prudence. Le rapprochement AARO-CRIDOVNI ne constitue aucunement, à lui seul, la preuve d'une présence extraterrestre. Il ne signifie pas davantage que les deux gouvernements disposent d'informations secrètes démontrant l'existence d'engins d'origine non humaine.

Ce que cette coopération démontre, en revanche, est beaucoup plus concret : les autorités aéronautiques considèrent suffisamment sérieuse la question des anomalies pour consacrer des moyens à l'amélioration de leur identification.

Cette nuance est essentielle.

Dans une enquête scientifique ou militaire, le terme « inexpliqué » décrit l'état des connaissances. Il ne constitue pas une conclusion sur la nature du phénomène. Un objet peut rester non identifié parce que les données sont insuffisantes, parce que les capteurs ont produit des informations contradictoires ou parce que l'événement n'a pas pu être reconstitué avec suffisamment de précision. L'enjeu de la coopération internationale est justement de réduire cette zone d'incertitude.

Une petite commission qui possède une grande expérience

La CRIDOVNI mérite à cet égard davantage d'attention en dehors de l'Amérique latine. Depuis sa création, elle a accumulé un important corpus de signalements. En 2026, son président, le colonel Ariel Sánchez, expliquait encore que la commission travaillait selon un protocole destiné à recueillir les témoignages et les éléments graphiques avant de rechercher les explications conventionnelles.

Cette philosophie rejoint finalement celle affichée aujourd'hui par les programmes UAP modernes : ne pas partir de la conclusion, mais partir des données. Il existe néanmoins une différence importante entre cette ambition méthodologique et les moyens réellement disponibles.

Des sources uruguayennes ont décrit la CRIDOVNI comme une structure disposant de ressources humaines et matérielles très modestes. Un article consacré à son fonctionnement indiquait notamment que ses membres travaillaient dans des conditions très éloignées des moyens technologiques généralement associés aux programmes américains. C'est précisément pourquoi l'accès à des outils, des logiciels, des méthodes d'analyse et éventuellement à des données supplémentaires pourrait représenter un changement significatif.

Le développement des PAN comme objet d'étude pose un problème qui dépasse largement la question des OVNI. Chaque pays possède ses propres catégories, ses propres procédures de signalement et ses propres critères d'évaluation.

Or un phénomène aérien ne s'arrête pas aux frontières.

Un objet détecté dans l'espace aérien d'un pays peut être observé quelques minutes plus tard par les capteurs d'un autre. Une trajectoire mal comprise peut être reconstruite grâce aux données d'un système étranger. Une observation considérée comme insignifiante dans un pays peut prendre une autre dimension lorsqu'elle est rapprochée d'un événement enregistré ailleurs.

La coopération AARO-CRIDOVNI pourrait donc contribuer à une évolution particulièrement intéressante : la constitution progressive d'un langage commun de l'enquête sur les PAN.

C'est probablement l'une des évolutions les plus importantes du dossier contemporain. L'Amérique latine entre dans le nouveau paysage UAP L'histoire des OVNI est souvent racontée comme une histoire exclusivement américaine.

Elle ne l'est pas.

Des organismes gouvernementaux ont étudié le phénomène en France, au Royaume-Uni, au Canada, en Russie, dans les pays nordiques et ailleurs. Des travaux scientifiques contemporains soulignent d'ailleurs que les PAN constituent un phénomène étudié dans plusieurs pays et que leur investigation ne peut être réduite à une problématique américaine. Dans ce contexte, l'expérience uruguayenne prend une dimension particulière.

L'Uruguay possède probablement l'une des plus anciennes structures gouvernementales consacrées de façon continue à l'étude des OVNI. La coopération avec AARO constitue donc une sorte de rencontre entre l'ancien monde de l'ufologie institutionnelle et le nouveau monde des UAP, dominé par les capteurs, les bases de données, l'intelligence artificielle et l'analyse multidisciplinaire.

Il faut enfin résister à une tentation très présente dans le dossier OVNI : transformer chaque rencontre institutionnelle en événement extraordinaire.

La rencontre AARO-CRIDOVNI ne permet pas de conclure que Washington possède des preuves d'engins extraterrestres. Elle ne permet pas davantage d'affirmer que l'Uruguay aurait découvert des objets d'origine inconnue au sens physique du terme. Mais elle révèle quelque chose de beaucoup plus tangible.

Les PAN commencent progressivement à devenir un sujet de coopération internationale normalisé.

Hier, chaque pays enquêtait essentiellement dans son coin. Aujourd'hui, les organismes commencent à échanger leurs méthodes. Demain, ils pourraient échanger leurs bases de données, leurs protocoles, leurs logiciels et leurs données instrumentales. Et c'est peut-être là que se situe le véritable tournant. Car la question fondamentale n'est plus seulement : « Que sont les OVNI ? »

Elle devient progressivement :

« Comment pouvons-nous, collectivement, déterminer ce qui se trouve réellement dans notre ciel ? »

Cette formulation est moins spectaculaire. Mais elle est infiniment plus scientifique.

Et, paradoxalement, c'est peut-être en abandonnant la recherche immédiate d'une réponse extraordinaire que l'enquête internationale sur les PAN commencera enfin à produire des résultats extraordinaires.

========================================================

INFORMATION DE L’ARMME DE L’AIR URUGUAYENNE

L'armée de l'air uruguayenne continue de renforcer la coopération internationale en matière de recherche aérospatiale.

Par l'intermédiaire de la Commission de réception et d'enquête sur les plaintes d'objets volants non identifiés (CRIDOVNI), la FAU a tenu des réunions de travail et des ateliers techniques avec le Bureau de résolution des anomalies de tous les domaines (AARO) du Département de la guerre des États-Unis, dans le but d'échanger expériences et renforcer les capacités de recherche sur les phénomènes anormaux non identifiés (UAP).

Au cours de la réunion, des méthodologies scientifiques pour l'analyse de cas, l'échange de procédures visant à éliminer les phénomènes conventionnels et l'évaluation des futurs outils technologiques et logistiques qui contribueront à optimiser les capacités de recherche de l'armée de l'air uruguayenne.

De même, des progrès ont été réalisés dans la projection de l'Uruguay en tant qu'accueil possible d'un prochain atelier régional sud-américain visant à normaliser les processus de collecte et d'analyse de données, à promouvoir la coopération internationale et le renforcement de la sécurité aérienne.

Avec ces instances d'échanges, l'armée de l'air uruguayenne réaffirme son attachement à la recherche scientifique, à la coopération internationale et au renforcement des capacités qui contribuent à la surveillance et à la protection de notre espace aérien souverain.

SOURCE : COMPTE OFFICIEL DE L’ARMEE DE L’AIR URUGUYENNE SUR INSTAGRAM : https://www.instagram.com/p/DbdTUICjhmb/?img_index=3


Document intéressant :

1   -   Chambre des représentants de l’Uruguay – document officiel, 6 avril 2026
C’est probablement la source la plus intéressante que j’ai trouvée. Un député uruguayen a adressé au ministère de la Défense une demande officielle d’informations concernant un accord entre la Force aérienne uruguayenne, via la CRIDOVNI, et des organismes américains pour l’étude des phénomènes aériens non identifiés.
La demande pose notamment des questions sur le matériel et les logiciels qui pourraient être fournis, l'installation éventuelle de stations d'observation, la gestion des données, leur partage avec les organismes étrangers et la présence éventuelle de personnel américain en Uruguay.

https://documentos.diputados.gub.uy/docs/L50/Oficio/05073.pdf?utm_source=chatgpt.com

2   -   Une décision officielle de 2020 confirme également que la Force aérienne uruguayenne reconnaît la CRIDOVNI comme la commission chargée de traiter les demandes et informations relatives aux objets volants non identifiés. C'est une source intéressante pour établir le statut institutionnel de la commission.

https://www.gub.uy/unidad-acceso-informacion-publica/sites/unidad-acceso-informacion-publica/files/2020-11/RESUAIP2016_AA_FuerzaAereaUruguaya.pdf?utm_source=chatgpt.com

 

Équipe rédactionnelle du GEOS France

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++




jeudi 13 août 2026

LE PROJET UAPDA DU SENATEUR MIKE ROUNDS EST INCLUS DANS LE PROJET DE LOI NDAA DE LA CHAMBRE DES REPRESENTANTS

LE PROJET UAPDA DU SENATEUR MIKE ROUNDS EST INCLUS DANS LE PROJET DE LOI NDAA DE LA CHAMBRE DES REPRESENTANTS
 

Cette information est importante, mais elle doit être formulée avec une nuance essentielle : il ne s'agit pas encore de l'adoption définitive de l'UAP Disclosure Act. Il s'agit de son intégration dans la version adoptée par la Chambre des représentants du NDAA pour l'exercice 2027.

Le point particulièrement intéressant est que le sénateur Mike Rounds, pourtant l'un des principaux promoteurs historiques de l'UAPDA avec Chuck Schumer, semble avoir appris cette évolution par Ask a Pol UAP. Dans l'échange publié le 8 août, Rounds répond d'abord : « No, I hadn't heard that », avant d'ajouter, à propos de la possibilité que la disposition survive au processus sénatorial : « I hope so. »

Ce que cela signifie réellement

Le texte actuellement en cause est celui porté à la Chambre par le représentant républicain Eric Burlison, qui a réussi à faire adopter son amendement UAP dans le NDAA FY2027. Cette étape est particulièrement significative parce que l'obstacle principal rencontré par l'UAPDA au cours des années précédentes se situait précisément à la Chambre. En juin, Burlison expliquait encore qu'il travaillait à faire intégrer le texte au NDAA ; en juillet, il déclarait craindre que le Sénat tente ensuite de le supprimer. L'amendement va beaucoup plus loin qu'une simple demande de transparence politique. Il vise notamment à renforcer la collecte des dossiers UAP, leur transfert vers les Archives nationales et à créer un UAP Records Review Board, doté de pouvoirs importants pour examiner les documents et témoignages.

Rounds est l'un des architectes historiques de l'UAPDA. En 2023, il avait Co sponsorisé avec Chuck Schumer la première grande version de la loi sur la divulgation des dossiers UAP. Le Congressional Record confirme le rôle conjoint de Schumer et Rounds dans cette initiative.

En 2025 encore, Rounds et Schumer avaient déposé ensemble une nouvelle version de l'UAPDA.

Et pourtant, en août 2026, Rounds déclare ne pas savoir que Burlison avait réussi à faire entrer cette législation dans le NDAA de la Chambre.

Cela peut paraître surprenant, mais il faut éviter d'en tirer immédiatement une conclusion de type « Rounds ne contrôle plus son propre projet ». Il faut plutôt y voir le signe d'un processus parlementaire devenu extrêmement complexe, dans lequel plusieurs versions et amendements circulent parallèlement entre la Chambre et le Sénat.

La Chambre des représentants a approuvé par 216 voix contre 212 sa version de la National Defense Authorization Act pour l'exercice fiscal 2027, connue sous l'acronyme NDAA. Dans le gigantesque projet a été incorporée une version renforcée de la Unidentified Anomalous Phenomena Disclosure Act, destinée à localiser, préserver, examiner et éventuellement publier les documents du Gouvernement liés aux soi-disant phénomènes anomaux non identifiés.

Le vrai danger est maintenant au Sénat

C'est ici que l'information devient véritablement importante. L'adoption par la Chambre n'est pas l'adoption de la loi. Le NDAA doit encore franchir le processus sénatorial et surtout faire l'objet d'un accord entre les deux chambres. C'est précisément ce que redoute Eric Burlison. Il déclarait récemment :

« I am » — lorsqu'on lui demandait s'il craignait que le Sénat retire l'UAPDA — et ajoutait que le public devait se battre pour la conserver.

Rounds lui-même adopte une attitude prudente : il dit espérer que la disposition sera conservée, tout en soulignant la nécessité de trouver une formulation compatible avec les impératifs de sécurité nationale.

Il existe néanmoins une différence importante par rapport aux tentatives précédentes. L'UAPDA n'est plus simplement une proposition sénatoriale de Schumer et Rounds que la Chambre pourrait refuser. Elle bénéficie désormais d'un portage bipartisan à la Chambre, notamment grâce à Burlison, et elle a franchi une étape procédurale majeure en étant incorporée au texte NDAA adopté par cette chambre.

C'est un changement de rapport de force.

En 2025, la tentative UAPDA avait déjà rencontré de fortes résistances et la législation avait été considérablement réduite. L'histoire montre donc que l'inclusion dans le NDAA n'est absolument pas une garantie de survie jusqu'au texte final.

Et surtout : il ne faut pas parler encore de « Disclosure Act adopté »

Je serais très prudent avec certains titres qui circulent actuellement sur les réseaux sociaux : « Le Congrès vient d'adopter l'UAP Disclosure Act » serait faux.

« L'UAPDA est devenue une loi » serait également faux.

La formulation exacte serait : « La Chambre des représentants a intégré l'UAP Disclosure Act de Burlison au NDAA 2027 ; le texte doit maintenant survivre au processus sénatorial et aux négociations entre les deux chambres. »  C’'est une nuance essentielle.

Mon appréciation

À mon avis, c'est l'une des évolutions législatives UAP les plus intéressantes de 2026 si elle est adoptée. Elle ne constitue pas encore une « divulgation » au sens spectaculaire du terme. Mais elle touche à quelque chose de beaucoup plus concret : qui possède les archives, qui peut les examiner, qui peut obliger les administrations et éventuellement les contractants à fournir des informations, et qui décide finalement de ce qui peut rester secret.

C'est précisément ce qui rend l'UAPDA beaucoup plus importante que les annonces politiques générales sur les OVNI. Et le fait que Mike Rounds découvre lui-même par un journaliste que son projet est désormais présent dans le NDAA de la Chambre ajoute une dimension assez extraordinaire à l'histoire.

En résumé :

Chambre : victoire importante.
Sénat : bataille décisive.
Conférence Chambre-Sénat : danger majeur d'amputation du texte.
Présidence : étape finale, si le texte arrive jusque-là.

Autrement dit, l'UAPDA vient de franchir une porte qu'elle n'avait pas réussi à franchir auparavant, mais elle est encore très loin de la ligne d'arrivée.

Groupe rédactionnel GEOS France GL


+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

TELECHARGER GRATUITEMENT CET OUVRAGE. SIMPLE : VOUS CLIQUEZ SUR LE LIEN OU L'IMAGE .....

https://ovnietuapinfo.com/wp-content/uploads/2026/08/la-politique-et-les-ovni-en-grande-bretagne.pdf



mercredi 12 août 2026

OVNI – UAP – FORBIDDEN SCIENCE 7 - LA DERNIERE ŒUVRE DE JACQUES VALLEE

 OVNI – UAP – FORBIDDEN SCIENCE 7 - LA DERNIERE ŒUVRE DE JACQUES VALLEE

"Forbidden Science 7"
 

Publié en 2026 chez Anomalist Books, Forbidden Science 7 vient clore un projet intellectuel et biographique monumental entamé par Jacques Vallée près de sept décennies plus tôt. Couvrant la période de 2020 à 2025, cet ouvrage retrace les réflexions, rencontres et analyses d'un astrophysicien et informaticien de formation devenant le témoin privilégié des bouleversements récents autour des phénomènes aériens non identifiés (PAN / UAP).

Sous le sous-titre révélateur de Final Report, Vallée referme ses carnets en dressant un bilan scientifique, philosophique et humain A. Le regard du scientifique face à la « fièvre de la divulgation » (2020–2025)

La période couverte par le volume 7 correspond à une accélération sans précédent du sujet UAP aux États-Unis et dans le monde : auditions au Congrès américain, débats autour des lanceurs d'alerte, création du bureau AARO (All-domain Anomaly Resolution Office) et médiatisation de masse.

Là où de nombreux ufologues ou enthousiastes crient à la « divulgation imminente » (disclosure), Jacques Vallée apporte un recul critique salutaire :

Un scepticisme institutionnel : Vallée se méfie des récits gouvernementaux simplistes ou instrumentalisés à des fins géopolitiques ou budgétaires.

Le piège du narratif réducteur : Il met en garde contre la tentation de réduire un phénomène infiniment complexe à la seule grille de lecture « d'engins métalliques venus d'une autre planète ».

B. L'antidogmatisme et la complexité de l'énigme

Au cœur du testament de Vallée se trouve le refus catégorique des certitudes préconçues :

L'hypothèse interdimensionnelle et le « Trickster » : Fidèle aux thèses qu'il a développées dès Le Collège Invisible ou Passage to Magonia, Vallée souligne que la réalité du phénomène semble interagir directement avec la conscience humaine, la physique quantique et le tissu même de notre perception de l'espace-temps.

La mise en garde contre les dérives spirituelles et sectaires : Le livre insiste sur les risques d'aveuglement idéologique, de manipulation psychologique et d'émergence de mouvements quasi-religieux créés autour des phénomènes anomaux.

C. La fidélité absolue aux témoins du réel

Malgré les intrigues politiques et les controverses d'initiés à Washington ou dans la Silicon Valley, la boussole morale et scientifique de Vallée reste invariablement tournée vers le terrain :

Il réaffirme la primauté des données empiriques et du témoignage direct des témoins de première main.

Il dénonce les spéculations en chambre au profit d'une analyse matérielle rigoureuse (analyses isotopiques de matériaux de crash, modélisations informatiques des comportements de vol, rigueur statistique).

Critique argumentée


Points forts de l'ouvrage

Une perspective historique unique : Très peu de chercheurs peuvent prévaloir d'avoir collaboré avec J. Allen Hynek dans les années 1960 (Projet Blue Book), d'avoir participé à la création d'ARPANET et d'observer les développements technologiques et politiques contemporains des années 2020. Cette trajectoire donne à ses observations une profondeur et une autorité inégalées.

Une rigueur épistémologique exemplaire : Dans un milieu trop souvent dominé par la croyance illimitée ou le déni dogmatique, Vallée incarne l'esprit du doute méthodique scientifique : observer, mesurer, émettre des hypothèses, mais refuser de conclure prématurément.

La sincérité du format de journal : Le style direct des carnets de notes offre un aperçu intimiste sur les doutes, les désillusions face aux querelles d'égos du milieu ufologique, et l'humanité d'un chercheur conscient de la finitude de sa quête.

Limites et réserves

L'absence de réponse « clé en main » : Pour le lecteur en quête d'une révélation définitive ou d'une théorie ultime expliquant l'origine exacte des PAN, ce tome pourra susciter une certaine frustration. Vallée choisit délibérément de poser des questions plus ouvertes plutôt que d'imposer des réponses préfabriquées.

La structure insulaire des journaux : Comme tout journal intime, le récit passe parfois brusquement de considérations scientifiques de haut niveau à des détails du quotidien, des réunions privées ou des anecdotes personnelles, ce qui exige du lecteur une bonne connaissance préalable des tomes précédents et du paysage ufologique mondial.

Forbidden Science 7 ne constitue pas seulement la fin d'une série de livres ; c'est le bilan d'une posture intellectuelle. En qualifiant ce volume de « testament intellectuel d'un chercheur qui refuse les certitudes », on saisit parfaitement le message central de Jacques Vallée :

La véritable science ne consiste pas à remplacer un dogme par un autre, mais à maintenir un état de curiosité rigoureuse et d'humilité permanente face aux mystères de l'univers.

L'ouvrage laisse en héritage une méthode de travail et un avertissement : alors que le sujet des UAP entre dans la sphère publique et institutionnelle globale, il est plus que jamais nécessaire de préserver l'esprit critique, la méthode scientifique et la protection de la conscience humaine.

Équipe rédactionnelle du GEOS France MR

https://ovnietuapinfo.com/wp-content/uploads/2026/08/la-politique-et-les-ovni-en-grande-bretagne.pdf




FOIA – UAP : un juge fédéral bloque la tentative du Department of Energy de fermer des milliers de demandes anciennes

FOIA – UAP : un juge fédéral bloque la tentative du Department of Energy de fermer des milliers de demandes anciennes

Une décision importante pour la transparence gouvernementale américaine — et potentiellement pour les recherches UAP

 


Par Gérard Lebat — 9 août 2026

La justice fédérale américaine vient de porter un coup sérieux à une politique du Department of Energy (DOE) destinée à réduire son important arriéré de demandes formulées au titre du Freedom of Information Act (FOIA). Dans une ordonnance rendue le 5 août 2026, la juge fédérale Amy Berman Jackson, du tribunal fédéral du District of Columbia, a annulé la politique dite “Still Interested Inquiry” (« demandeur toujours intéressé ») mise en place par le Department of Energy. Cette décision est importante car elle interdit au DOE d'imposer de manière générale aux demandeurs ayant déposé une ancienne demande FOIA de réaffirmer leur intérêt pour que celle-ci continue à être traitée. Autrement dit, une administration ne peut pas transformer son propre retard dans le traitement des demandes en une obligation supplémentaire imposée aux citoyens.

En août 2025, le Department of Energy avait publié un avis particulièrement controversé. Il concernait toutes les demandes FOIA déposées auprès du siège du département avant le 1er octobre 2024. Le DOE demandait aux personnes concernées d'envoyer un courrier électronique afin de confirmer qu'elles souhaitaient toujours que leur demande soit traitée. En l'absence de réponse, l'administration indiquait qu'elle pourrait clôturer la demande. La mesure était présentée comme une réponse à l'explosion du nombre de demandes FOIA reçues par le département et à l'accumulation d'un important retard administratif.

Le DOE expliquait notamment que le volume des demandes avait fortement augmenté au cours des années précédentes et dénonçait également l'utilisation de demandes automatisées ainsi que des requêtes jugées abusives, répétitives ou incomplètes. Le problème était cependant évident : une demande FOIA parfaitement légitime pouvait disparaître non pas parce que l'administration l'avait traitée, mais parce que son auteur n'avait pas répondu à une nouvelle sollicitation de l'administration.

C'est précisément cette pratique que la justice vient de remettre en cause.



La justice : le FOIA ne permet pas d'imposer cette obligation générale

L'affaire avait été portée devant la justice par l'organisation américaine American Oversight, qui contestait la légalité de cette politique. Dans son ordonnance du 5 août, la juge Amy Berman Jackson a adopté une position particulièrement claire. Elle a estimé que le FOIA ne donne pas au gouvernement le pouvoir d'imposer à tous les demandeurs une obligation générale de confirmer périodiquement qu'ils souhaitent toujours obtenir les documents demandés.

La juge s'est notamment appuyée sur les recommandations du Office of Information Policy (OIP) du Department of Justice. Celles-ci recommandent aux agences fédérales de faire un usage limité des demandes de confirmation d'intérêt et de traiter, dans la grande majorité des cas, les demandes FOIA jusqu'à leur terme. La conclusion de la juge est particulièrement importante :

La FOIA n'autorise pas une agence à exiger de tous les demandeurs qu'ils prennent des mesures supplémentaires pour réaffirmer leur intérêt à l'égard de demandes restées sans réponse.

La logique est donc inversée. Le retard de l'administration ne peut pas devenir une charge supplémentaire pour le citoyen.

L'organisation American Oversight a immédiatement salué la décision. C’est une victoire !  Sa directrice générale, Chioma Chukwu, a présenté le jugement comme une victoire pour la transparence, la responsabilité gouvernementale et le droit du public à l'information.

Mais l'organisation va plus loin.

Selon elle, l'enjeu dépassait largement le seul Department of Energy. Si la politique du DOE avait été validée par le tribunal, elle aurait pu devenir un modèle reproductible par d'autres agences fédérales confrontées à un important retard dans le traitement des demandes FOIA. Chaque agence aurait alors pu demander aux auteurs de vieilles requêtes de confirmer périodiquement leur intérêt, avec à la clé la fermeture automatique des dossiers en cas de silence. La décision du 5 août empêche précisément que ce mécanisme devienne une pratique générale.

Le contexte : un système FOIA sous pression

Le DOE n'est toutefois pas le seul organisme fédéral confronté à une explosion des demandes d'accès aux documents. Les services FOIA de nombreuses agences américaines connaissent depuis plusieurs années une augmentation considérable de leur charge de travail et des retards importants. La situation aurait été aggravée par les réductions d'effectifs intervenues dans le cadre des politiques de réduction de la fonction publique fédérale de l'administration Trump.

Le problème est donc réel. Le Department of Energy devait effectivement trouver une solution à son arriéré. Mais la justice vient de rappeler qu'une agence ne peut pas nécessairement résoudre ce problème en transférant une partie de cette charge administrative aux demandeurs.

L'affaire prend une dimension encore plus intéressante lorsqu'on observe les autres initiatives prises récemment autour de la FOIA. American Oversight considère la politique du DOE comme l'un des éléments d'une tendance plus large visant, selon l'organisation, à rendre l'accès aux documents gouvernementaux plus difficile. L'association cite notamment certaines mesures prises au Department of Justice concernant l'identification des demandeurs, ainsi qu'une initiative comparable de l'ancienne USAID, utilisant elle aussi un mécanisme de confirmation d'intérêt. Le risque est alors de voir apparaître progressivement une série de petites contraintes administratives :

Preuve d'identité, confirmation d'intérêt, difficultés concernant les exemptions de frais, demandes de précisions supplémentaires, traitement accéléré plus difficile, etc.

Chacune peut sembler anodine. Mais leur accumulation peut modifier profondément l'accès effectif du public aux documents administratifs.

Et les archives UAP dans tout cela ?

C'est ici que cette décision devient particulièrement intéressante pour les chercheurs travaillant sur les UAP/PAN et les OVNI. Il serait toutefois abusif d'affirmer que la politique du Department of Energy visait spécifiquement les dossiers OVNI.

Ce n'est pas le cas.

La procédure concernait de manière générale les anciennes demandes FOIA adressées au DOE. Mais le Department of Energy possède des archives qui intéressent directement l'histoire des phénomènes UAP. Son périmètre comprend notamment la National Nuclear Security Administration (NNSA) et un ensemble d'installations et de laboratoires nationaux liés à la recherche nucléaire et à la sécurité nationale. Or l'histoire américaine des UAP comporte une importante dimension nucléaire. Des observations ont été rapportées à proximité ou dans le voisinage d'installations nucléaires américaines, tandis que des chercheurs tentent depuis des années d'obtenir, par la FOIA, des documents concernant ces incidents, les procédures de sécurité, les rapports d'observation et les échanges internes.

Certaines demandes peuvent également concerner des dossiers historiques remontant à plusieurs décennies.

Il faut donc faire une distinction essentielle. La décision de la juge Jackson ne constitue pas une décision sur les OVNI. Elle ne démontre pas non plus que le Department of Energy cherche à cacher des informations sur les UAP. En revanche, elle protège indirectement un mécanisme essentiel de la recherche indépendante :

La possibilité de maintenir en vie une demande FOIA jusqu'à ce que l'administration fournisse une réponse.

C'est extrêmement important.

Une demande concernant un programme nucléaire historique, une installation militaire, un laboratoire national ou un incident UAP peut nécessiter des années de démarches administratives et judiciaires. Si une administration pouvait simplement fermer des milliers de demandes anciennes parce que leurs auteurs n'ont pas répondu à un nouveau courrier, certaines recherches documentaires pourraient disparaître avant même que les archives soient examinées. La décision du 5 août réduit considérablement ce risque.

Derrière cette affaire, apparemment technique, se cache une question beaucoup plus profonde. Lorsqu'une agence fédérale accumule un retard considérable, deux solutions sont possibles.

-       Première solution : L'administration assume son retard et met en place les moyens nécessaires pour traiter les demandes.

-       Deuxième solution : L'administration demande aux citoyens de confirmer régulièrement qu'ils souhaitent toujours les documents et ferme les dossiers en l'absence de réponse.

La juge Amy Berman Jackson vient clairement de rejeter la possibilité de transformer la seconde solution en obligation générale. C'est un rappel important du principe même de la FOIA :

La transparence est une obligation de l'administration, pas une faveur accordée au citoyen.

Cette décision intervient dans un contexte où la question de la transparence gouvernementale américaine est devenue particulièrement sensible. Les débats sur les documents classifiés, les archives du Pentagone, les programmes de renseignement, les dossiers nucléaires et les UAP ont montré l'importance considérable des mécanismes permettant aux journalistes, chercheurs et citoyens d'obtenir des documents gouvernementaux.

La FOIA constitue l'un de ces mécanismes.

Mais son efficacité dépend de quelque chose de très simple :

Que les demandes restent ouvertes suffisamment longtemps pour pouvoir être réellement examinées.

La décision du 5 août rappelle donc aux agences fédérales une limite fondamentale :

Elles peuvent chercher à améliorer leur gestion administrative, mais elles ne peuvent pas créer elles-mêmes une condition générale que le Congrès n'a pas prévue dans la loi.

Une décision à surveiller de très près

Pour les chercheurs UAP, la prochaine étape sera de déterminer précisément combien de demandes anciennes concernant le Department of Energy, la NNSA et les installations nucléaires sont concernées par cette décision. Il faudra également examiner les demandes FOIA qui avaient été menacées de clôture dans le cadre de la procédure Still Interested. Cette information pourrait permettre d'identifier des dossiers historiques susceptibles de revenir dans le circuit administratif.

Il ne faut donc pas présenter la décision Jackson comme une « victoire OVNI ». Ce serait excessif. Mais il serait tout aussi erroné de sous-estimer son importance.

C'est une victoire pour l'accès aux archives fédérales.

Et pour tous ceux qui enquêtent sur les UAP, les programmes nucléaires, les installations sensibles et l'histoire secrète de la défense américaine, l'accès aux archives constitue précisément le terrain sur lequel se joue une grande partie de la recherche. Le jugement du 5 août 2026 pourrait donc avoir une conséquence très concrète : des milliers de demandes FOIA anciennes que le Department of Energy voulait pouvoir fermer administrativement doivent désormais rester dans le jeu.

Et parmi elles pourraient se trouver des demandes dont l'intérêt historique, scientifique ou documentaire n'apparaîtra que lorsque les documents seront enfin produits.


Source :



-        

UAP ALLEMAGNE - le CENAP reçoit plusieurs témoignages chaque jour

L’Allemagne face à une nouvelle vague de signalements d’OVNI : le    CENAP reçoit plusieurs témoignages chaque jour   ...