OVNI DANS LE CIEL - 16 AOUT 1954 – TANANARIVE - MADAGASCAR
Cigare aluminium, sa petite lueur verte
devant et la courte traînée orange derrière qui survole au fond de l'avenue.de
la Libération à Tananarive – Madagascar le 16 Août 1954.
Résumé des observations :
16 août 1954 - TANANARIVE / Antananarivo - LA BOULE VERTE + OBJET
MÉTALLIQUE
C'est LE cas malgache, cité dans le rapport COMETA et qui a
poussé De Gaulle à créer le futur GEPAN.
1. Le déroulé chronologique
Le 16 août 1954, vers 17 h (heures), une boule de lumière verte est vue
tomber du ciel, avant de disparaitre vers une colline. Environ une minute plus
tard, l'objet réapparaît, survolant les hauteurs d'Antananarivo, avant de
survoler l'avenue de la Libération (l'une des grandes artères de la ville)
devant des centaines de témoins, à moins de cent mètres du sol, le tout sans
aucun bruit
Version détaillée Air
France:
On August 16, 1954, at
around 5 p.m., a large luminous green object was reported over Tananarive, now
Antananarivo
as the
object reappeared and passed at an estimated 50–250 meters altitude, witnesses
described a clearly structured craft: a metallic cigar- or rugby-ball-shaped
fuselage about 40 meters long, comparable to the fuselage of a DC-4, with an
aluminum-like sheen and no visible ports. Approximately 30–40 meters ahead of
this fuselage, a separate bright green, lens-shaped section appeared to lead
the craft, while intermittent orange sparks or a short trail were reported from
the rear
Traduction :
Avant : lentille vert brillant qui guide
Milieu : cigare métallique 40m couleur
aluminium, sans hublot
Arrière : étincelles de couleur orange
intermittentes
2. Les effets physiques
Les habitants remarquèrent que l'ovni provoquait des pannes d'électricité
dans les zones survolées, et que les animaux domestiques étaient paniqués
Witnesses
described the Madagascar object moving silently over the main avenue of the
city, reportedly adjusting altitude in a deliberate manner rather than
following a ballistic path. According to accounts cited by the host, shop
lighting along the route flickered or went out as the craft passed overhead,
and animals in nearby parks, particularly zebu herds, reacted with pronounced
panic
3. La deuxième observation - 150 kms plus loin
Il fut vu quelques minutes plus tard à 150 kms au Nord, où il provoqua une
panique dans un troupeau de bétail
A similar or
identical object was said to appear later roughly 150 kilometers away over a
farm school, where livestock again reacted strongly. If these were the same
craft, the implied speed of about 3,000 kilometers per hour
4. Les témoins et l'enquête
Témoin clé : Edmond Campagnac, directeur technique Air France à
Tananarive et pilote, ancien officier d'artillerie.
Parmi les témoins, figurait Edmond Campagnac, directeur technique d'Air
France à Antananarivo et pilote. Il estimera la taille de cette boule à
quarante mètres de diamètre et sa vitesse à environ 400 km/h
Ampleur : plusieurs centaines à dizaines de milliers de témoins
potentiels (ville entière)
The Angry
Astronaut emphasizes that hundreds, and possibly tens of thousands, of people
from different cultural and professional backgrounds reportedly witnessed the
Madagascar event
Commission scientifique : Général Fleurquin, commandant en chef à
Madagascar, monte une commission.
5. Pourquoi ce cas reste inexpliqué
Ce cas est régulièrement cité par les ufologues partisans de l'hypothèse
extraterrestre comme étant l'un des plus mystérieux. L'hypothèse du prototype
[Quoi ?] est quant à elle rejetée en raison de la date de l'événement
Ce cas motiva Charles de Gaulle à envisager, quelques années plus tard, la
création d'un organisme officiel français d'étude des ovnis, projet qui ne fut
réalisé qu'en 1977 avec la création du GEPAN.
Par ailleurs, en 1999, ce cas fut cité en exemple dans le Rapport COMETA
En résumé pour le CREDO : cigare métallique silencieux à 100m
au-dessus de l'avenue principale de la capitale, avec dissociation boule verte
/ fuselage, pannes électriques et panique animale. Aucun prototype 1954 ne
pouvait faire ça.
ANALYSE DETAILLEE
La mystérieuse « boule verte » et l’objet métallique au-dessus de la
capitale malgache
Un des grands cas historiques de Madagascar
Le 16 août 1954, dans
l'après-midi ou au début de la soirée selon les différentes versions
conservées, un phénomène aérien spectaculaire fut observé au-dessus de
Tananarive, capitale de Madagascar alors sous administration française.
L'affaire est devenue l'un des
cas classiques de l'ufologie française. Elle présente une particularité qui lui
confère une place importante dans l'histoire du phénomène : le principal témoin
connu n'était ni un simple passant ni un amateur d'ufologie, mais Edmond
Campagnac, alors responsable des services techniques d'Air France à Madagascar,
ancien élève de l'École polytechnique, pilote professionnel et instructeur.
Selon son témoignage,
plusieurs membres du personnel d'Air France se trouvaient à proximité de
l'agence de la compagnie, avenue de la Libération, lorsque leur attention fut
attirée par une grosse boule lumineuse d'un vert particulièrement intense,
décrite comme une couleur « vert électrique ».
Le phénomène semblait
initialement tomber vers le sol selon une trajectoire inclinée. Les témoins
pensèrent donc spontanément à un météore. Pourtant, l'objet disparut derrière
les reliefs sans qu'une explosion ou un impact soit observé. Il réapparut ensuite,
cette fois sur une trajectoire horizontale, donnant lieu à une observation
beaucoup plus rapprochée et beaucoup plus étrange.
Le récit de Campagnac fut
publié plusieurs années plus tard dans le bulletin du GEPA, puis repris dans de
nombreuses publications ufologiques. Il fut également présenté au comité COMETA
dans les années 1990.
LE TEMOIN PRINCIPAL : EDMOND CAMPAGNAC
L'identité de Campagnac est
importante pour apprécier la valeur historique du dossier. Au moment des faits,
il travaillait comme chef des services techniques d'Air France à Tananarive.
Les sources ultérieures le présentent également comme ancien élève de l'École
polytechnique, ancien officier et pilote professionnel. Il n'était donc pas
étranger aux phénomènes aéronautiques conventionnels. Cette compétence ne
garantit évidemment pas que son interprétation du phénomène soit correcte. Elle
constitue cependant un élément intéressant dans l'évaluation de son témoignage
: Campagnac connaissait les avions, leur comportement, leur apparence et les
conditions générales de vol. Il conservera par la suite un souvenir très précis
de l'événement et deviendra un collaborateur important du GEPA — Groupement
d'Études des Phénomènes Aérospatiaux. Son témoignage a notamment été repris
dans le bulletin du GEPA n° 6, deuxième trimestre 1964, sous le titre « Une
observation exceptionnelle ».

Il faut toutefois souligner un
élément méthodologique essentiel : le récit détaillé que nous analysons aujourd’hui
n'a pas été rédigé en août 1954. La première publication connue du témoignage
détaillé de Campagnac intervient environ dix ans après les faits. Cela n'annule
évidemment pas le témoignage, mais cela doit être pris en compte dans son
évaluation.
Campagnac raconte qu'il se
trouvait devant l'agence Air France avec des membres du personnel navigant et
du personnel au sol.
Le premier phénomène apparut
dans le ciel sous la forme d'une grosse boule lumineuse d'un vert électrique
très intense. Elle semblait arriver de l'est et descendre suivant une
trajectoire rectiligne inclinée d'environ 45 degrés. La première interprétation
des témoins fut très naturelle : un météore.
Cette réaction est
particulièrement intéressante. Les témoins ne semblent pas avoir immédiatement
pensé à un « engin extraterrestre ». Ils auraient cru assister à la chute d'un
corps céleste. La boule lumineuse disparut derrière les collines, vers le
secteur du palais de la Reine. Les personnes présentes s'attendaient à entendre
une explosion. Mais rien de tel ne se produisit. Quelques instants plus tard,
le phénomène réapparut. Et c'est à ce moment que l'affaire prit une tournure
beaucoup plus inhabituelle.
Lorsque le phénomène
réapparut, les témoins ne virent plus simplement une lumière descendant vers le
sol. Campagnac décrit alors une forme beaucoup plus structurée. Dans son récit,
il s'agissait d'une sorte de : « ballon de rugby métallique » précédé par une
sorte de lentille lumineuse verte. La partie lumineuse semblait se trouver à
l'avant de la structure métallique. Campagnac l'estimait à environ 40 mètres,
soit approximativement la longueur apparente d'un Douglas DC-4. Derrière cette
partie lumineuse se trouvait une structure allongée, de couleur métallique,
suivie de phénomènes lumineux assimilés à des étincelles ou à une traînée. Les
différentes sources parlent de couleurs bleues, rouge sombre et blanches. C'est
cette deuxième phase qui rend le cas particulièrement difficile à réduire à la
simple observation d'un météore.
Selon le récit conservé, le
phénomène ne suivit pas une simple trajectoire balistique. Après avoir disparu
derrière les collines, il réapparut et sembla effectuer un parcours au-dessus
de Tananarive. Il passa notamment au-dessus ou à proximité de l'avenue de la
Libération. Certains récits indiquent une altitude extrêmement faible, de
l'ordre de 50 à 100 mètres, tandis que Campagnac donnera dans d'autres versions
une estimation supérieure, de quelques centaines de mètres. Cette divergence
mérite d'être signalée.
Les estimations d'altitude
réalisées sans instrument, particulièrement pour un objet inhabituel se
déplaçant dans un environnement urbain et montagneux, peuvent être très
imprécises. Il serait donc préférable d'écrire : « Les témoins estimaient que
l'objet évoluait à très basse altitude, les différentes sources donnant des
évaluations allant de quelques dizaines à quelques centaines de mètres. » plutôt
que de retenir une altitude unique comme une donnée instrumentale.
L'un des aspects les plus
souvent soulignés par Campagnac est le silence du phénomène. Pour un
professionnel de l'aéronautique, cette caractéristique était particulièrement
surprenante. Le phénomène aurait évolué relativement rapidement et à basse
altitude sans produire de bruit perceptible. Les récits ultérieurs insistent
sur le fait que les témoins ne perçurent ni moteur, ni bang, ni bruit
aérodynamique notable. Cette caractéristique est importante, mais elle doit
être évaluée avec prudence. L'absence de bruit rapportée par un témoin ne
permet pas à elle seule d'établir la nature d'un objet. La perception
acoustique dépend de nombreux facteurs : distance réelle, direction du
déplacement, vent, relief, bruit urbain et durée d'observation. Elle constitue
néanmoins une caractéristique à prendre en compte dans l'analyse.
C'est l'un des aspects les
plus spectaculaires du récit. Plusieurs versions rapportent que les éclairages
des magasins et de la rue s'éteignirent au passage du phénomène, avant de se
rallumer. Dans certaines versions, les coupures semblent suivre la progression
apparente de l'objet. Le phénomène aurait ainsi donné l'impression d'affecter
les installations électriques situées sous sa trajectoire. Cette information
est souvent présentée dans la littérature ufologique comme une preuve d'une
interaction électromagnétique. Mais il faut ici introduire une réserve
importante. Nous ne possédons pas, à ma connaissance dans les sources
actuellement accessibles, un relevé technique contemporain du réseau électrique
de Tananarive établissant une corrélation entre le passage du phénomène et des
coupures successives. Il faut donc distinguer : Témoignage : des lumières se
seraient éteintes au passage du phénomène. Interprétation : le phénomène aurait
provoqué ces coupures.La seconde proposition n'est pas démontrée.
Autre élément récurrent du
dossier : les animaux. Le phénomène aurait survolé un secteur où étaient
parqués des zébus destinés au marché. Selon Campagnac et les récits ultérieurs,
les animaux auraient été pris d'une violente panique. Cette réaction est
devenue un élément important de la légende du cas.
Là encore, il convient de
rester prudent. La réaction d'un troupeau ne constitue pas en elle-même une
preuve de l'existence d'un phénomène extraordinaire. Des animaux peuvent réagir
à un grand nombre de stimuli imperceptibles ou difficilement identifiables par
les humains : bruit, lumière, mouvement, prédateur, agitation humaine, etc. Cependant,
si plusieurs témoignages indépendants confirmaient simultanément une réaction
inhabituelle du bétail exactement au moment du passage du phénomène, cela
constituerait une donnée intéressante.
Le dossier devient encore plus
intrigant avec une seconde observation.
Deux ou trois minutes après le
passage au-dessus de Tananarive, un phénomène présenté comme identique aurait
été observé environ 150 kilomètres plus au nord, au-dessus d'une ferme-école. Les
troupeaux auraient eux aussi paniqué. Selon le récit transmis, c'est grâce à
cette seconde observation que les témoins de Tananarive auraient appris qu'un
phénomène similaire avait été vu ailleurs.
C'est un élément important
parce qu'il pourrait transformer le cas : Tananarive seule → observation
collective locale en : Tananarive + observation éloignée → phénomène
éventuellement suivi sur une trajectoire de grande distance.
Mais là encore, la prudence
est indispensable. Nous ne possédons pas actuellement le rapport original du
directeur de la ferme-école permettant de comparer précisément :
- -
Heure ;
- -
Direction ;
- -
Couleur ;
- -
Forme ;
- -
Altitude ;
- -
Durée ;
- -
Trajectoire.
Sans ces éléments, nous ne
pouvons pas démontrer que les deux phénomènes étaient identiques.
Un détail mérite une attention
particulière. Dans son témoignage publié en 1964, Campagnac indique qu'il ne se
souvenait plus de la date exacte, mais qu'il était certain qu'il s'agissait
d'un lundi d'août 1954. Il situe l'observation vers 18 heures, au crépuscule. Cette
information a ensuite permis de rattacher l'événement au lundi 16 août 1954. Un
témoignage ultérieur attribué à un policier malgache, Razafimashatratra, aurait
conservé la date du 16 août 1954 sur un calendrier. Son rapport plus détaillé
aurait malheureusement été détruit dans un incendie de l'hôtel de ville.
Cela est intéressant, mais le
document original du policier n'étant plus disponible, il faut considérer cette
information comme une source secondaire rapportant l'existence d'un témoignage
aujourd'hui perdu.
C'est l'une des questions les
plus importantes. Selon les récits ultérieurs, le commandement militaire
français à Madagascar aurait demandé une enquête. Le nom du général Fleurquin,
présenté comme commandant en chef à Madagascar, apparaît dans cette tradition. Une
autre figure est mentionnée : le père Coze, jésuite et directeur de
l'observatoire astronomique de Tananarive. Campagnac aurait indiqué que
celui-ci aurait recueilli des témoignages auprès de différentes catégories de
personnes, notamment du personnel d'Air France et de populations malgaches. Mais
il existe ici une difficulté documentaire majeure : la trace administrative de
cette « commission scientifique » n'a pas été retrouvée dans les archives de
l'armée de l'Air consultées par les chercheurs cités.
Un des intérêts du dossier est
justement qu'il ne repose pas uniquement sur Campagnac. Une enquête ultérieure
aurait recueilli des témoignages auprès de Malgaches présents dans différents
secteurs de Tananarive. Un policier, Razafimashatratra, est notamment cité. Une
autre témoin, Jeanne Rafaramala Noro, ancienne secrétaire de l'hôtel de ville
de Tananarive, aurait également livré un témoignage détaillé plusieurs
décennies après les faits.
Mais, là encore, une réserve
s'impose : la plupart de ces témoignages malgaches ont été recueillis des
décennies après 1954, ce qui les rend particulièrement intéressants mais moins
solides qu'un rapport écrit contemporain.
Le rôle de la presse
malgache
Le cas présente également un
intérêt parce que la presse malgache avait déjà fait état d'observations de «
soucoupes volantes ». Le numéro du 21 janvier 1955 de Fandrosoam-Baovao
mentionne plusieurs observations à Madagascar en 1954-1955, notamment
Fort-Dauphin, Tananarive et Majunga/Mitsinjo. Cette publication démontre que le
thème des « soucoupes volantes » était présent dans l'espace médiatique
malgache avant les reconstructions ufologiques ultérieures. Cela est
particulièrement précieux pour votre étude.
Il faudra cependant distinguer
les différents récits : le cas de Tananarive du 16 août ne doit pas être
fusionné avec celui de Fort-Dauphin ou avec Majunga-Mitsinjo.
Le cas de Tananarive a reçu
une consécration particulière lorsqu'il a été repris dans le rapport COMETA, «
Les OVNI et la Défense : à quoi doit-on se préparer ? » Le rapport consacre au
cas une section intitulée « Phénomène observé par de nombreux témoins à
Tananarive (16 août 1954) » Le témoignage de Campagnac y est présenté comme
particulièrement intéressant parce que le témoin appartenait au monde
aéronautique. COMETA précise qu'il avait été observé par plusieurs centaines de
témoins. Attention toutefois : certaines copies numériques du rapport COMETA
donnent par erreur « 14 août 1954 » au lieu du 16 août.
Il faut donc retenir 16 août
1954, date corroborée par les autres sources, notamment les témoignages et les
publications consacrées au dossier.
C'est l'un des aspects les
plus intéressants du dossier. Le témoignage détaillé de Campagnac apparaît
environ dix ans après l'événement, dans le bulletin du GEPA. Certains critiques
ont donc suggéré que les caractéristiques les plus extraordinaires auraient pu
être ajoutées progressivement. Or la comparaison des différentes versions
conservées montre une certaine continuité dans les éléments fondamentaux :
- -
Boule verte ;
- -
Trajectoire initiale descendante ;
- -
Disparition derrière les collines ;
- -
Réapparition ;
- -
Structure métallique ;
- -
Luminosité verte ;
- -
Trajectoire au-dessus de Tananarive ;
- -
Silence ;
- -
Réaction des animaux.
Les chercheurs ayant comparé
les versions du dossier soulignent justement qu'ils n'ont pas identifié de
contradiction majeure ou d'ajout évident permettant de démontrer une
transformation progressive du récit. Cela ne prouve évidemment pas que
l'interprétation « OVNI » soit correcte. Mais cela signifie que l'argument : «
Tout le récit extraordinaire aurait été inventé après coup » n'est pas
suffisamment démontré.
L'hypothèse du météore
C'est probablement
l'explication naturelle la plus souvent proposée. La première phase de
l'observation ressemble effectivement fortement à un bolide : boule lumineuse ;
couleur verte ; trajectoire descendante ; vitesse élevée et disparition
derrière les reliefs ; Cette interprétation mérite donc d'être prise très au
sérieux. Un météore très brillant peut présenter une couleur verte ou bleu-vert
et produire une luminosité spectaculaire. Mais une difficulté demeure. Le récit
de Campagnac comporte une seconde phase durant laquelle les témoins disent
observer une structure métallique allongée, avec une partie lumineuse distincte
et une trajectoire apparemment horizontale au-dessus de la ville. Si cette
seconde phase est correctement rapportée, elle est difficile à expliquer par un
simple météore.
C'est donc ici que se trouve
le véritable problème du dossier.
Peut-on avoir affaire à deux
phénomènes différents ? Cette possibilité mérite d'être envisagée. Il est
parfaitement possible que les témoins aient observé : 1. un météore ou bolide
descendant ; puis : 2. un autre phénomène lumineux se déplaçant
horizontalement.
La mémoire humaine tend
naturellement à relier deux phénomènes successifs lorsqu'ils présentent une
même couleur ou une apparence similaire. Mais cette hypothèse ne peut pas être
démontrée non plus.
Le témoignage de Campagnac,
lui, établit une continuité entre les deux événements.
L'hypothèse d'un avion ou d'un
prototype secret est envisageable dans le contexte de 1954. Il faut cependant rester prudent avec cette
hypothèse. La description d'un objet silencieux, très allongé, évoluant à très
basse altitude, avec une forte lumière verte et des « étincelles », ne
correspond pas facilement à un appareil aéronautique conventionnel connu de
l'époque. Mais l'absence d'identification ne permet pas non plus d'affirmer
qu'il s'agissait d'un engin révolutionnaire. L'hypothèse d'un prototype secret
est donc possible mais non démontrée.
Les dimensions rapportées sont
spectaculaires. Campagnac compare la partie métallique à la longueur d'un DC-4,
soit environ 40 mètres, tandis que certaines versions ultérieures donnent des
dimensions beaucoup plus importantes pour l'ensemble. Mais il faut garder à
l'esprit qu'il s'agit d'une estimation angulaire faite sans instrument de
mesure. La taille réelle dépend directement de la distance. Si la distance
réelle était différente de celle supposée par le témoin, la taille calculée
pouvait être fortement modifiée.
Il faut donc éviter de
présenter : « objet de 40 mètres » comme une mesure. Il est scientifiquement
plus correct d'écrire : « Campagnac estima la longueur apparente de la partie
métallique à environ celle d'un DC-4, soit une quarantaine de mètres. »
Le nombre de 200 000 témoins
potentiels est souvent répété dans les publications ufologiques. Il faut
cependant distinguer : témoins potentiels et témoins ayant effectivement
déclaré avoir observé le phénomène. Le premier chiffre correspond à une
estimation de la population susceptible d'avoir eu la possibilité de regarder
dans la direction concernée. Il ne signifie absolument pas que 200 000
personnes ont laissé un témoignage. Certaines sources parlent plutôt de
centaines de témoins ou de dizaines de milliers de personnes susceptibles
d'avoir vu le phénomène.
Malgré toutes ces réserves, le
dossier demeure remarquable. Nous avons en effet :
- -
Un témoin principal appartenant au monde
aéronautique ;
- -
Une observation diurne/crépusculaire ;
- -
Plusieurs témoins ;
- -
Une grande agglomération ;
- -
Une description relativement détaillée ;
- -
Un phénomène apparemment observé en plusieurs
phases ;
- -
Des témoignages concernant les animaux ;
- -
Des témoignages concernant les éclairages ;
- -
Une possible observation à distance ;
- -
Une publication ufologique ancienne ;
- -
Une reprise ultérieure par COMETA ;
- -
Des témoignages malgaches recueillis
ultérieurement.
Il constitue donc un excellent
exemple de cas historique africain à forte densité testimoniale mais à
documentation primaire incomplète.
En 1954, Madagascar est encore
sous domination française. Le principal témoin documenté appartient à
l'administration aéronautique française. Les sources ultérieures racontent
cependant que des témoins malgaches auraient également été interrogés. Il
serait intéressant de savoir si, en 1954, les autorités coloniales ont accordé
la même importance aux témoignages des populations malgaches qu'à ceux du
personnel européen d'Air France. La phrase rapportée par Campagnac selon
laquelle l'enquête aurait révélé que les populations malgaches avaient déjà
signalé auparavant des phénomènes similaires est particulièrement intéressante.
Mais cette affirmation reste une information rétrospective tant que les
rapports originaux de cette enquête n'ont pas été retrouvés.
Ce que l'on peut
raisonnablement conclure c’est que le cas de Tananarive ne doit être présenté
ni comme :« la preuve d'un engin extraterrestre » ni comme : « une simple
histoire de soucoupe volante inventée par les ufologues ».
La formulation la plus
rigoureuse est beaucoup plus intéressante : Le 16 août 1954, plusieurs
personnes à Tananarive auraient observé un phénomène lumineux exceptionnel,
initialement comparable à un météore, puis décrit comme une structure allongée
et métallique précédée d'une intense lumière verte. Le témoignage détaillé
d'Edmond Campagnac, professionnel de l'aéronautique et alors responsable
technique d'Air France à Madagascar, fut publié une dizaine d'années plus tard.
Des témoignages malgaches ultérieurs ont également été recueillis. L'origine du
phénomène demeure indéterminée.
C'est cette formulation qui
permet de préserver l'intérêt du cas sans dépasser ce que permettent les
documents.
Conclusion
Tananarive, 16 août 1954,
reste un des dossiers africains les plus remarquables de la première histoire
des OVNI. Le témoignage d'Edmond Campagnac constitue le cœur historique du
dossier. Sa compétence aéronautique renforce l'intérêt du témoignage, sans
toutefois lui conférer une valeur de preuve absolue. La réaction attribuée aux
animaux, les perturbations électriques et l'observation ultérieure à environ
150 km constituent des éléments intéressants, mais leur documentation primaire
reste insuffisante. Enfin, l'hypothèse du météore demeure une explication
sérieuse pour la première phase de l'événement, mais elle ne permet pas, sans
hypothèses supplémentaires, d'expliquer tous les détails rapportés par
Campagnac.
Sources :
Rapport COMETA Publié sous forme de livre et sous forme
de revue par VSD dans le VSD Hors-Série N°1, France, pp 16-17, juillet 1998.- https://documentaires-toniques.fr/wp-content/uploads/2018/11/rapport-cometa.pdf
Le bulletin du GEPA n° 6, 2e
trimestre 1964, contenant le récit de Campagnac, notamment la page 19
mentionnée dans les sources.
Lumières dans la Nuit, n° 328,
juillet-août 1994, qui consacra un dossier de plusieurs pages au cas. Les
références bibliographiques indiquent les pages 5 à 15.
Les archives françaises de
Madagascar et de l'armée de l'Air
Les archives de l'observatoire
astronomique de Tananarive
https://univers-ovni.com/ufologie/tananarive.html
https://ufologie.patrickgross.org/htm/tana54gepa24.htm
https://antredelacuriosite.wordpress.com/2021/03/15/ovnis-a-madagascar/
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