lundi 24 août 2026

La vérité sur les observations d'OVNI au-dessus des installations nucléaires canadiennes

La vérité sur les observations d'OVNI au-dessus des installations nucléaires canadiennes

J'ai consacré cinq décennies à enquêter. Voici les faits.

Commentaire sur cet article et ce que nous pouvons penser du phénomène OVNI face au nucléaire. 

Un article de Chris A. Rutkowski publié dans The Walrus

https://thewalrus.ca/the-truth-behind-ufo-sightings-over-canadas-nuclear-facilities/

L’article de Chris A. Rutkowski, publié dans The Walrus le 21 août 2026, est particulièrement intéressant parce qu’il permet de replacer la question des OVNI au-dessus des installations nucléaires dans une perspective beaucoup plus rigoureuse que le récit classique du « phénomène extraterrestre surveillant nos armes nucléaires ».

Le premier mérite de Rutkowski est précisément de refuser les deux interprétations extrêmes CROYANCE ET DENI. Après cinq décennies d'enquête, il affirme qu'il n'existe pas de preuve irréfutable d'une présence extraterrestre, mais qu'il existe en revanche des raisons sérieuses de constater que les autorités canadiennes ont pris les observations d'OVNI au sérieux pendant des décennies. Il rappelle notamment avoir été sollicité par des organismes officiels, des policiers, des scientifiques et des responsables politiques.

C'est une distinction fondamentale :

« Phénomène non identifié » ne signifie pas « phénomène extraterrestre ».

Mais l'inverse est également vrai :

« Explication conventionnelle possible » ne signifie pas nécessairement « cas résolu ».

Pourquoi les installations nucléaires sont-elles si importantes dans l'histoire des OVNI ? Le sujet mérite effectivement d'être développé.

Depuis les années 1940, on retrouve une constante dans la littérature ufologique : les observations d'objets inhabituels semblent parfois se concentrer autour de sites nucléaires, militaires ou stratégiques. Aux États-Unis, les exemples historiques sont nombreux : installations du projet Manhattan, bases aériennes possédant des armes nucléaires, sites de stockage, centres de recherche et, plus récemment, bâtiments ou groupes navals liés à la propulsion nucléaire. Le phénomène n'est d'ailleurs pas exclusivement américain. Les observations associées à des installations nucléaires constituent un thème récurrent dans plusieurs pays.  Le Canada apporte ici un cas d'étude particulièrement intéressant.

1. Le cas canadien est plus sérieux qu'on pourrait le croire

En 2022, le député canadien Larry Maguire avait précisément interrogé les autorités sur les observations d'UAP autour des installations nucléaires. La réponse officielle est extrêmement intéressante. John Hannaford, alors représentant du gouvernement devant le comité parlementaire, indiquait ne pas avoir été informé d'observations d'UAP autour des installations nucléaires, tout en précisant que les installations à haute sécurité disposent de protocoles permettant notamment de faire face aux intrusions et aux drones.  Cela révèle quelque chose d'important : la question des UAP autour des sites nucléaires existe bien dans le débat institutionnel canadien, mais elle ne signifie pas automatiquement que les autorités considèrent ces objets comme extraordinaires. Il faut distinguer :

  • ·         Les observations rapportées par des témoins ;
  • ·         Les signalements enregistrés par une administration ;
  • ·    Les événements considérés comme suffisamment crédibles pour déclencher une enquête ;
  • ·         Les intrusions effectivement détectées par les systèmes de sécurité ;
  • ·         Les événements demeurant réellement inexpliqués après enquête.

Ces cinq catégories sont souvent mélangées dans la littérature OVNI.

2. Le problème statistique : les centrales nucléaires sont des endroits où l'on regarde beaucoup le ciel

  • ·         C'est probablement l'un des arguments les plus importants à prendre en compte.
  • ·         Une centrale nucléaire n'est pas un endroit quelconque. Elle possède :
  • ·         Des systèmes de sécurité ;
  • ·         Des équipes de surveillance ;
  • ·         Des caméras ;
  • ·         Des radars ou moyens de détection selon les installations ;
  • ·         Des procédures d'alerte ;
  • ·         Des personnels travaillant 24 heures sur 24 ;
  • ·         Des zones interdites ;
  • ·         Des infrastructures très visibles ;
  • ·         Une forte sensibilité aux intrusions aériennes.

Il est donc normal qu'un objet inhabituel soit davantage remarqué et signalé autour d'une centrale nucléaire que dans une zone rurale ordinaire. C'est ce qu'on appelle en statistique un biais d'observation. Si 10 000 personnes regardent occasionnellement le ciel au-dessus d'une région, et seulement 100 personnes surveillent constamment une zone industrielle sensible, la seconde zone peut produire davantage de signalements par observateur, sans que le phénomène aérien y soit réellement plus fréquent. C'est un point essentiel.

3. Mais cela ne suffit pas à tout expliquer

Et c'est ici que le dossier devient réellement intéressant. Dire :

« Il y a davantage de surveillance autour des installations nucléaires »

Est une excellente explication pour une partie des signalements. Mais cela ne permet pas d'expliquer automatiquement tous les cas. Il faudrait notamment étudier séparément : les observations faites par des personnels militaires, les observations faites par des personnels des centrales, les observations simultanées faites par plusieurs témoins indépendants ou les détections radar et les événements ayant provoqué une réaction de sécurité. C'est cette dernière catégorie qui serait particulièrement précieuse.

4. Trois grandes hypothèses doivent être envisagées

À mon sens, les observations d'OVNI autour des installations nucléaires doivent être analysées selon trois hypothèses principales, auxquelles on peut ajouter une quatrième catégorie.

Hypothèse 1 — Les explications conventionnelles C'est probablement la catégorie la plus importante numériquement. Elle comprend notamment les avions, les satellites, les drones, les ballons, les lanternes, les météores etc. L'expérience de Rutkowski est particulièrement utile ici : il explique avoir fréquemment constaté que des observations initialement présentées comme mystérieuses correspondaient finalement à une étoile, une planète ou un avion.  Les données canadiennes récentes vont dans le même sens : sur 1 052 signalements étudiés pour 2025, environ la moitié ont été classés comme lumières nocturnes — satellites, avions, étoiles, etc. — et un peu plus de 3 % seulement ont été considérés comme inexpliqués.  Cela donne une indication importante sur la différence entre « signalement d'OVNI » et « véritable anomalie ».

5. Hypothèse 2 — Les activités humaines secrètes ? ce qui est souvent sous-estimée dans l'ufologie. Une installation nucléaire est précisément le genre d'endroit autour duquel peuvent exister des activités : militaires ; de renseignement, de surveillance, de tests de drones, d'essais de nouveaux capteurs ou encore de surveillance électronique. Un objet peut donc être réellement non identifié par le témoin, tout en étant parfaitement terrestre. C'est même une hypothèse particulièrement importante dans les observations modernes. Un drone sophistiqué, un appareil expérimental ou un ballon de surveillance peut apparaître comme un « OVNI » pour un observateur qui ne dispose pas des informations classifiées. Et paradoxalement, plus le site est sensible, plus l'information permettant d'identifier l'objet risque d'être classifiée. Cela peut créer artificiellement l'impression d'un « mystère ».

6. Hypothèse 3 — Une véritable anomalie aérienne. C'est la catégorie que l'on ne doit pas supprimer simplement parce qu'elle est difficile à interpréter. Un petit nombre de cas peuvent rester véritablement inexpliqués.

Mais « inexpliqué » signifie seulement :

Nous ne savons pas ce que c'était.

Cela ne permet pas de conclure :

C’était extraterrestre.

Cette nuance est absolument fondamentale.

Le mérite de l'approche de Rutkowski est précisément de maintenir cette distinction. Il considère que l'existence de phénomènes inexpliqués mérite une étude sérieuse, mais refuse de transformer automatiquement l'inconnu en preuve extraterrestre.

7. Et il existe une quatrième hypothèse : le problème de la sécurité nucléaire. C'est probablement, à mon avis, le volet le plus intéressant. Même si 99 % des observations autour des centrales nucléaires avaient une explication banale, le phénomène resterait important pour une raison simple : un objet inconnu à proximité d'une installation nucléaire constitue un problème de sécurité, quelle que soit son origine. S'il s'agit

  • ·         D’un drone commercial : problème de sécurité ;
  • ·         D’un drone militaire étranger : problème de sécurité ;
  • ·         D’un appareil de renseignement : problème de sécurité ;
  • ·         D’un ballon : problème de sécurité ;
  • ·         D’un phénomène atmosphérique : problème de surveillance ;
  • ·         D’un objet réellement inconnu : problème de sécurité encore plus important.

Autrement dit, la question OVNI devient ici une question de sécurité nationale indépendamment de l'hypothèse extraterrestre. C'est une évolution majeure du dossier UAP.

Pon peut se demander pourquoi les OVNI semblent-ils parfois « s'intéresser » au nucléaire. C'est ici que commence la partie la plus spéculative.

Trois interprétations sont généralement proposées.

A. Une origine extraterrestre

Selon cette hypothèse, une intelligence non humaine pourrait s'intéresser aux capacités nucléaires terrestres. Elle pourrait surveiller les armes, les centrales, les essais nucléaire et en fait tout ce qui est sensible.

C'est une hypothèse très présente dans la littérature ufologique depuis les années 1950. Mais nous ne disposons toujours pas de preuve publique permettant de l'établir.

 

B. Une origine militaire ou stratégique terrestre

C'est une hypothèse beaucoup plus prosaïque. Les installations nucléaires constituent des objectifs majeurs pour le renseignement. Un adversaire peut vouloir connaître les capacités d'une centrale, les dispositifs de sécurité, les mouvements militaires et biens d’autres points considérés comme « secret défense ». Dans cette perspective, certains « OVNI nucléaires » pourraient être des objets de reconnaissance. Le terme OVNI ne renseigne donc pas sur l'identité de l'objet.

 

C. Un phénomène de perception et de surveillance

Il existe enfin une explication statistique. Les installations nucléaires sont bien évidemment fortement surveillées, souvent éclairées ou encore situées dans des zones où les restrictions aériennes sont importantes et associées à des procédures de sécurité.  Le même objet qui passerait inaperçu ailleurs peut donc devenir un rapport officiel lorsqu'il traverse l'espace aérien d'une installation nucléaire.

 

Le véritable test serait une comparaison statistique

C'est là que je pense que la recherche sur les OVNI pourrait progresser considérablement. Au lieu de simplement dresser une liste :

« Voici 50 OVNI observés près de centrales nucléaires »

 

Il faudrait comparer :

            Nombre de signalements autour des installations nucléaires / surface / population /                 nombre  d'observateurs / trafic aérien / niveau de surveillance

            Avec :

            Nombre de signalements dans des zones comparables mais non nucléaires.

Et surtout, il faudrait comparer : nucléaire contre militaire non nucléaire – contre industriel – contre zone rurale. 

Si les installations nucléaires produisent réellement une fréquence d'observations anormales beaucoup plus élevée après correction de ces biais, alors le phénomène deviendrait statistiquement beaucoup plus intéressant.

La Commission canadienne de sûreté nucléaire dispose aujourd'hui d'une cartographie officielle des installations nucléaires canadiennes. On pourrait donc construire une base de données historique comprenant :

Variable

Information recherchée

Date

 Jour/mois/année

Heure

 Heure locale

Installation

 Centrale/site nucléaire

Distance

 Distance du phénomène

Direction

 Azimut

Durée

 Secondes/minutes/heures

Témoins

 Nombre

Profession

 Civil/militaire/personnel nucléaire

Apparence

 Disque, sphère, triangle, lumière...

Mouvement

 Stationnaire, accélération, trajectoire

Son

 Oui/non

Radar

 Oui/non

Vidéo

 Oui/non

Photographie

 Oui/non

Identification

 Avion, satellite, drone...

Statut

 Expliqué / insuffisant / inexpliqué

Ce serait infiniment plus instructif qu'une simple compilation ufologique.

Et c'est précisément là que Rutkowski apporte quelque chose de nouveau

Son article est intéressant parce qu'il vient d'un enquêteur qui connaît la littérature OVNI canadienne depuis les années 1970. Ce n'est pas simplement un journaliste découvrant le sujet. Rutkowski rappelle d'ailleurs que son travail national de recensement des observations canadiennes remonte à la fin des années 1980. Les Archives nationales du Canada ont elles-mêmes consacré un entretien à son travail et à son étude des observations canadiennes.  Il dispose donc d'un recul historique considérable et son évolution est intéressante : il ne dit pas :

« J'ai découvert que les extraterrestres existent. »

            Il dit plutôt, en substance :

            Nous avons accumulé suffisamment de données pour savoir que le phénomène mérite             d'être étudié, mais pas suffisamment pour savoir quelle est sa nature.

C'est une position beaucoup plus solide scientifiquement.

Appréciation de l’article

Je considère cet article comme important, mais pas parce qu'il apporterait une preuve nouvelle d'une présence extraterrestre.

Son intérêt est ailleurs.

Il montre qu'après environ 80 ans de phénomène OVNI moderne, nous sommes toujours confrontés au même problème : énormément de signalements, une proportion importante d'explications ordinaires, quelques dossiers insuffisamment documentés et un petit noyau d'événements réellement difficiles à expliquer.

Le nucléaire ajoute une dimension particulière : l'exigence de surveillance y est telle que l'existence d'un objet inconnu devient immédiatement une question de sécurité. Et c'est probablement la meilleure manière de poser aujourd'hui le problème : La question n'est plus seulement « les extraterrestres s'intéressent-ils au nucléaire ? », mais « pourquoi des objets non identifiés sont-ils régulièrement signalés dans certains des espaces aériens les plus sensibles de la planète, et que nous apprennent ces observations lorsque nous les débarrassons des erreurs d'identification, des biais statistiques et des spéculations ? » C'est une question beaucoup plus difficile — et beaucoup plus intéressante.

À mon sens, le prochain niveau de recherche sur les OVNI nucléaires devrait être comparatif et international : États-Unis – Canada – Royaume-Uni – France – Russie/URSS – Chine – Inde – Israël – Afrique du Sud, puis examiner si une véritable anomalie statistique apparaît autour des installations nucléaires. Cela permettrait de passer de la « mythologie des OVNI nucléaires » à une véritable histoire analytique des observations.

Équipe rédactionnelle du GEOS France. J.D. Phd


dimanche 23 août 2026

L'impact des actualités sur les OVNI : pourquoi un tiers des Américains ont changé d'avis sur les extraterrestres

L'impact des actualités sur les OVNI : pourquoi un tiers des Américains ont changé d'avis sur les extraterrestres

https://studyfinds.com/ufo-americans-changed-minds-aliens/


Nous avons analysé cette étude, nous disposions autrefois de chiffres différents, issus de sondage Gallup notamment. Voici les commentaires que nous pouvons apporter :

 

L'IMPACT DES ACTUALITÉS SUR LES OVNIs

37 % des Américains déclarent croire davantage aux extraterrestres après les informations récentes L'étude a été réalisée par Talker Research auprès de 2 000 adultes américains, interrogés en ligne entre le 1er et le 6 juillet 2026. Elle porte spécifiquement sur l'effet perçu des informations récentes concernant les UFO/UAP sur les opinions relatives à la vie extraterrestre.

Le résultat qui a immédiatement retenu l'attention est le suivant : 37 % des personnes interrogées déclarent que les informations récentes sur les UFO/UAP les ont amenées à croire davantage aux extraterrestres. Mais le chiffre doit être lu avec ses deux contreparties :

·         54 % déclarent que leur opinion n'a pas changé ;

·         10 % déclarent que les informations les ont conduites à croire moins aux extraterrestres.

Il faut donc éviter de transformer le résultat en :

« Un tiers des Américains croient désormais aux extraterrestres. »

Ce n'est pas ce que l'étude démontre. Elle mesure une évolution déclarée de l'opinion, et non le niveau absolu de croyance.

LE CHIFFRE LE PLUS SPECTACULAIRE : 37 %

Le résultat est néanmoins remarquable.

Si l'échantillon est représentatif de la population américaine, cela signifierait qu'une proportion considérable d'adultes américains estime que la couverture récente des UFO/UAP a renforcé sa propre conviction concernant l'existence des extraterrestres.

Mais il y a une nuance essentielle : L'étude ne mesure pas directement l'effet réel des médias. Elle demande aux personnes :

-       Les informations récentes ont-elles changé votre opinion ?

C'est donc une perception subjective de l'influence médiatique. On ne dispose pas d'une mesure de leur opinion : avant l'exposition aux informations → après l'exposition.

Il s'agit donc d'une enquête d'opinion transversale, et non d'une expérience contrôlée. StudyFinds reconnaît lui-même cette limite en précisant qu'il s'agit d'un sondage en ligne et non d'une expérience scientifique contrôlée. C'est probablement le résultat le plus intéressant de toute l'étude.

Parmi les différentes générations :

Génération

Déclare croire davantage aux extraterrestres après les informations UFO/UAP

Gen Z

54 %

Millennials

45 %

Gen X

36 %

Baby-boomers

23 %

L'écart entre la Gen Z et les baby-boomers atteint donc 31 points. C'est considérable. Mais attention : Cela ne prouve pas que les jeunes sont devenus plus crédules. Il existe plusieurs interprétations possibles. Les jeunes générations :

·         Consomment davantage de contenus numériques ;

·         Sont davantage exposées aux réseaux sociaux ;

·         Connaissent mieux le vocabulaire UAP ;

·         Sont davantage exposées aux vidéos de phénomènes aériens ;

·         Sont moins marquées par le vieux stigmate associé au mot « UFO ».

L'étude ne permet pas de déterminer laquelle de ces explications est la bonne.

StudyFinds reconnaît d'ailleurs explicitement que le sondage ne permet pas d'expliquer pourquoi les jeunes sont plus réceptifs.

HOMMES ET FEMMES : UNE AUTRE DIFFÉRENCE

L'enquête trouve également :

43 % des hommes déclarent que les informations récentes ont renforcé leur croyance ;

Contre 33 % des femmes.

L'écart est donc de 10 points.

Là encore, il faut éviter toute interprétation excessive. L'étude constate une différence, mais elle ne démontre pas pourquoi elle existe.

LE CHIFFRE DE 60 % EST ENCORE PLUS INTÉRESSANT

À mon avis, c'est même plus important que le fameux 37 %. - 60 % des personnes interrogées pensent que les gouvernements savent davantage de choses sur les UFO que ce qu'ils ont rendu public.

 Nous sommes ici devant un phénomène sociologique particulièrement important :

La question OVNI est liée à la question de la confiance envers les institutions.

Ce n'est donc plus seulement :

« Croyez-vous aux extraterrestres ? »

Mais :

« Pensez-vous que le gouvernement vous dit toute la vérité sur les OVNI ? »

Et 6 Américains sur 10 répondent implicitement :

             « Non. »

C'EST LÀ QUE L'ÉTUDE DEVIENT PARTICULIÈREMENT INTÉRESSANTE

Les deux résultats :

-       37 % : les informations ont renforcé ma croyance

Et

-       60 % : le gouvernement sait davantage de choses

Pourraient sembler liés. Mais il faut être extrêmement prudent. L'étude ne démontre PAS que les 60 % ont changé d'opinion à cause des médias. StudyFinds le reconnaît explicitement : la relation entre les deux résultats n'a pas été mesurée.

C'est une distinction méthodologique fondamentale.

On peut constater :

-       A = 37 %

-       B = 60 %

Mais on ne peut pas en déduire :

A → B

Sans analyse statistique supplémentaire.

6LE RÔLE DES FILMS ET DES SÉRIES

Autre résultat intéressant : 54 % des personnes interrogées estiment que les films et séries consacrés aux extraterrestres rendent les Américains plus susceptibles de croire à l'existence d'une intelligence extraterrestre.

Mais là encore, il s'agit d'une opinion sur l'influence des médias, pas d'une mesure expérimentale de cette influence. C'est très important.

Les personnes répondent essentiellement :

« Je pense que les films et les séries influencent les croyances. »

Cela ne signifie pas :

« Les chercheurs ont démontré que les films et séries provoquent une augmentation de 54 % de la croyance. »

LE PUBLIC AMÉRICAIN SEMBLE DAVANTAGE CURIEUX QUE TERRIFIÉ

L'enquête pose ensuite une question particulièrement intéressante : « Que ressentiriez-vous si l'existence d'une vie extraterrestre intelligente était confirmée demain ? »

Les réponses montrent :

-       38 % : curiosité

-       17 % : peur.

La curiosité est donc plus de deux fois plus fréquente que la peur. C'est un résultat important pour comprendre l'évolution culturelle du phénomène. Pendant des décennies, la science-fiction américaine a largement présenté l'extraterrestre sous deux formes :

-       L’envahisseur

Ou

-       La menace.

Or cette étude suggère que la réaction spontanée la plus fréquente serait désormais :

« Je voudrais savoir. »

Cela constitue une transformation culturelle intéressante.

MAIS LES AMÉRICAINS NE SE SENTENT PAS PRÊTS

Il existe pourtant une contradiction apparente.

-       38 % seraient curieux.

Mais :

-       55 % estiment que la société n'est pas prête à gérer la confirmation d'une vie extraterrestre.

Seulement 45 % pensent que la société serait prête.  On obtient donc un phénomène psychologique assez intéressant :

« Je veux savoir, mais je ne suis pas certain que nous soyons capables de gérer ce que nous découvririons. »

C'est probablement l'un des aspects les plus intéressants de cette enquête.

LE PROBLÈME MÉTHODOLOGIQUE MAJEUR

Il faut maintenant parler franchement des limites de cette étude. L'échantillon compte 2 000 personnes. C'est une taille parfaitement respectable pour une enquête d'opinion. Mais les personnes ont été recrutées pour un sondage en ligne opt-in. Cela signifie que les participants ont choisi de participer à ce type d'enquête. StudyFinds le précise lui-même dans sa méthodologie.  Ce n'est donc pas la même chose qu'un échantillon probabiliste strict de l'ensemble de la population américaine.

Il faut par conséquent éviter :

« 37 % des Américains ont changé d'avis. »

La formulation scientifiquement plus exacte est :

« Dans cette enquête en ligne auprès de 2 000 adultes américains, 37 % des répondants déclarent que la couverture récente des UFO/UAP a renforcé leur croyance dans les extraterrestres. »

Cette phrase est beaucoup plus rigoureuse.

Le vocabulaire de la question mérite également d'être examiné.

Il existe une différence considérable entre :

« Existe-t-il une vie ailleurs dans l'Univers ? »

            Et :

            « Croyez-vous davantage aux aliens ? »

La première est une question scientifique relevant notamment de l'astrobiologie.

La seconde est fortement associée à :

-       La culture populaire ;

-       Les UFO ;

-       Les visiteurs extraterrestres ;

-       Les récits de contact ;

-       Les théories de récupération d'engins.

L'étude rapproche donc deux domaines qui devraient idéalement être séparés :

Vie extraterrestre

            Et

            Visiteurs extraterrestres sur Terre.

C'est une faiblesse conceptuelle importante.

L'étude ne dit absolument pas que les extraterrestres existent

Les chiffres montrent :

-       Une évolution des croyances.

Ils ne démontrent absolument pas :

-       Une évolution des preuves.

Autrement dit :

La population peut devenir davantage convaincue sans que la quantité de preuves scientifiques augmente dans les mêmes proportions. C'est précisément ce qui rend l'étude intéressante. Elle porte davantage sur la sociologie de la croyance aux extraterrestres que sur l'existence éventuelle d'une présence extraterrestre.

Je ne serais pas tenté de rejeter cette étude. Au contraire elle montre quelque chose de très important : l'environnement informationnel UAP semble être devenu suffisamment puissant pour que des personnes déclarent elles-mêmes qu'il a modifié leur perception. Et cela intervient après plusieurs années d'événements extrêmement médiatisés :

-       Vidéos de la Navy ;

-       Témoignages de pilotes ;

-       Auditions du Congrès ;

-       Rapports gouvernementaux ;

-       AARO ;

-       NASA ;

-       Déclarations de responsables militaires ;

-       Témoignages de lanceurs d'alerte ;

-       Déclassification de documents.

C'est donc moins :

            « Les médias font croire aux extraterrestres. »

            Que :

            « La normalisation institutionnelle du sujet UFO/UAP modifie le cadre dans lequel une partie du public interprète les informations. »

Cette deuxième formulation me paraît beaucoup plus défendable.

Le chiffre de 54 % chez la Gen Z mérite une attention particulière. Si ce phénomène était confirmé par des études répétées au cours des prochaines années, il pourrait indiquer une véritable transformation générationnelle de la représentation des extraterrestres. Mais une seule enquête ne permet pas de le savoir.

Il faudrait refaire la même enquête :

            2026 → 2027 → 2028 → 2030

            Et observer si la différence persiste.

            Sinon, il pourrait simplement s'agir d'un effet d'actualité.

 

C'est pourquoi le titre de StudyFinds est un peu sensationnaliste

Le titre : « Why A Third Of Americans Changed Their Minds About Aliens » est journalistiquement efficace. Mais scientifiquement, je le nuancerais.

Il faudrait plutôt écrire :

            « Un sondage révèle que 37 % des adultes américains déclarent que les informations récentes sur             les UFO/UAP ont renforcé leur croyance aux extraterrestres. »

La différence est considérable.

            « Ont changé d'avis » laisse entendre une modification objectivement mesurée.

            « Déclarent que leur opinion a changé » rapporte correctement ce que le questionnaire mesure.

Je donnerais à cette enquête :

1.    Intérêt sociologique : 8/10

2.    Intérêt pour l'étude de l'opinion publique : 8/10

3.    Valeur scientifique pour démontrer l'existence extraterrestre : 0/10

4.    Capacité à démontrer une causalité médiatique : 3/10

5.    Intérêt pour l'histoire contemporaine du phénomène OVNI : 9/10

Cette enquête montre que la transformation actuelle du phénomène OVNI ne se limite pas aux institutions.

Elle touche également : la perception collective du public.




 

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