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vendredi 3 juillet 2026

AMERICAINS - RUSSES - CHINOIS : RUMEURS SUR LES RECUPERATIONS D'EPAVES D'OVNI

LES RUMEURS SUR LES RECUPERATIONS D’EPAVES OU D’OVNI PAR LES AMERICAINS, LES RUSSES ET LES CHINOIS

Notre étude porte sur différentes catégories de sources de telles informations. Nous allons les examiner.

1.    - Documents officiels déclassifiés et enquêtes gouvernementales.

2.    - Témoignages d'initiés, lanceurs d'alerte et anciens militaires.

3.    - Rumeurs, récits ufologiques et documents dont l'authenticité est contestée.

Lorsque l'on applique les standards historiques habituels, on constate que les affirmations sur la récupération d'OVNI existent dans les trois grandes puissances (États-Unis, URSS/Russie, Chine), mais les niveaux de preuve sont très différents.

Nous devons admettre qu’à ce jour, aucun document gouvernemental déclassifié authentifié, aucune étude scientifique, ne démontrent publiquement qu'un engin d'origine non humaine ait été récupéré par les États-Unis, la Russie ou la Chine. On pourra toujours prétendre que le secret est bien gardé, mais objectivement, depuis que des groupes spécialisés enquêtent sur ce sujet, en fait depuis plus de 70 ans, des indices sérieux et crédibles auraient fuités ! Or ce n’est pas le cas, les rumeurs et autres affirmations n’ont jamais permises de rendre public l’existence cachées d’engins provenant d’un autre monde.

En revanche, c’est facilement vérifiable, les États-Unis ont reconnu l'existence d'enquêtes sur les OVNI/UAP. Il exacte aussi que plusieurs témoins de haut niveau affirment l'existence de programmes secrets de récupération d'épaves, en Union soviétique on a mené des programmes d'étude des OVNI et des sources de renseignement occidentales et des témoignages récents affirment que la Russie et la Chine auraient également tenté de récupérer des objets inconnus.

Aucune preuve matérielle vérifiable n'a été rendue publique à ce jour.

1. Les lieux et les études souvent invoqués aux États-Unis

Roswell (1947)

Le cas le plus célèbre reste le prétendu crash de Roswell au Roswell.

Version officielle actuelle :

-       Débris d'un programme secret de surveillance nucléaire (Projet Mogul).

-        Aucune preuve publique d'un engin extraterrestre.

Cependant, Roswell demeure la base de nombreuses allégations de récupération d'un appareil non humain.

Photo : Document  - Rapport Blue Book

Projet Blue Book

Le projet officiel de l'armée de l'air américaine a enquêté sur des milliers de cas entre 1952 et 1969. Les archives sont déclassifiées et accessibles via les National Archives and Records Administration. Le projet n'a jamais conclu à une origine extraterrestre. Mais depuis que ces conclusions ont été rendues publiques, on a de nombreuses preuves que l’étude en fait se bornait en fait à déciviliser le phénomène OVNI.

Les révélations de David Grusch

En 2023, David Grusch, ancien officier du renseignement américain, a témoigné devant le Congrès.

Ses affirmations :

-       Existence d'un programme clandestin de récupération d'engins non humains ;

-       Récupération présumée de véhicules et de « biologiques non humains » ;

-       Implication de sociétés privées dans la rétro-ingénierie.

Cependant, il faut mettre en évidence que Grusch n'a pas présenté publiquement de preuves physiques et en fait ses déclarations reposent principalement sur des témoignages obtenus dans le cadre de ses fonctions.

Réponse officielle du Pentagone

Le bureau américain AARO (All-domain Anomaly Resolution Office) a publié en 2024 un rapport historique concluant qu’aucune preuve vérifiable d'une technologie extraterrestre n’a été mise en évidence, qu’aucune preuve d'un programme secret de récupération d'engins non humains n’a été trouvée et qu’aucune preuve de rétro-ingénierie de technologie extraterrestre n’a été mise en évidence.

C'est aujourd'hui la position officielle des États-Unis. Toutefois cette position est bien frileuse par rapport aux déclarations de milliers de personnalités américaines de premier plan, aussi bien du monde politique, que scientifique qui ont la conviction que la vie extraterrestre est possible, que des visiteurs et des objets d’une autre planète peuvent venir sur notre terre et surtout que l’état, les diverses agences gouvernementales, cachent beaucoup de choses au sujet des ovni.


2. Et en Union soviétique et la Russie

Programmes soviétiques réels

L'URSS a effectivement étudié les OVNI.

Des programmes ont été mis en place pour collecter et analyser les observations inhabituelles.

1.    Programme Setka-AN ;

2.    Programme Setka-MO ;

3.   Programme Network-AN ;

Les autorités soviétiques ne considéraient pas nécessairement ces phénomènes comme extraterrestres, mais comme des objets pouvant avoir une importance militaire.

Photo : Étude confidentielle sur les OVNI en Urss. Rapport

Les « dossiers secrets du KGB »

Depuis les années 1990 circulent divers documents attribués au KGB. Ils contiennent des observations militaires, des enquêtes sur des phénomènes aériens ou des récits de crashs supposés.

Le problème est que beaucoup de ces documents ont une chaîne de provenance floue et sont difficiles à authentifier. Certains spécialistes les jugent plausibles, d'autres les considèrent comme des montages ou des compilations d'origine inconnue. Bien évidemment, en Russie, on ne répond pas officiellement aux demandes écrites relatives à ces documents, ni aux questions qui nous intéressent à propos du dossiers ovni.

Allégations de récupération d'épaves

Des documents et témoignages récents évoquent des récupérations soviétiques d'objets inconnus dans les années 1960-1980. Tout cela reste au niveau de l’information rapportée, sans preuve et surtout aucune pièce récupérée qui serait accessible à la communauté scientifique. En fait, il faut noter qu’aucun document officiel russe authentifié par le gouvernement n'a confirmé l'origine non humaine d'un objet récupéré. Compte tenu de la politique de la Russie, on reste uniquement dans la spéculation.

La profusion de documents en provenance de Russie, ces dernières décennies, évidemment non confirmés par les autorités officielles, est toutefois intéressante car elle fait état d’un problème et d’enquêtes similaires à ce qu’on fait aux États Unis ou dans les pays ou des organismes officiels ou privés, spécialisée sur l’étude du dossier ovni, sont en place. Individuellement, de nombreux scientifiques Russes, des hommes politiques en union soviétique, ont confirmé l’intérêt officiel du pays pour le dossier ovni et ils font état d’enquêtes sur des observations intéressantes. Comme aux Etats Unis, en Russie, le privé est largement en avance sur la position officielle.

3. En Chine aussi

La Chine est paradoxalement le pays pour lequel les informations sont les plus limitées.

Ce que l'on sait :

1.    Des chercheurs chinois ont travaillé sur l'analyse d'observations d'objets non identifiés.

2. L'armée chinoise s'intéresse aux phénomènes aériens inhabituels pour des raisons de défense.

3. Certaines fuites et témoignages affirment que Pékin disposerait également de programmes de récupération et de rétro-ingénierie.

Photo : En Chine seules quelques associations ont étudiées le phénomène. Aucune structure ne semble exister au niveau officiel.

Toutefois aucun document gouvernemental chinois authentifié n'a confirmé publiquement une récupération d'engin extraterrestre, les informations proviennent principalement de sources indirectes ou de déclarations de lanceurs d'alerte occidentaux.

Du côté privé, il existe depuis plusieurs décennies, des organisations privées, associatives, qui s’intéressent au dossier ovni. Nous avons ainsi de nombreuses sources d’informations qui nous permettent de constater que le phénomène est en Chine, similaire à ce qu’il est chez nous.

4. L'hypothèse d'une « course mondiale à la récupération »

Depuis quelques années, plusieurs témoins américains soutiennent qu'il existe une compétition internationale. Selon cette hypothèse les États-Unis récupèrent des objets depuis les années 1940 ; l'URSS puis la Russie ont mené des programmes similaires ; la Chine a développé ses propres capacités de récupération et les services de renseignement surveillent les activités des autres puissances dans ce domaine.

Cette théorie est cohérente avec la logique géopolitique : si un objet inconnu doté de technologies avancées tombait sur Terre, toutes les grandes puissances chercheraient naturellement à le récupérer. Cependant, le passage de cette logique à l'affirmation « des engins extraterrestres ont effectivement été récupérés » reste aujourd'hui non démontré.

Évaluation critique des preuves

Affirmation

Niveau de preuve

Les États-Unis ont étudié les OVNI

Très élevé

L'URSS a étudié les OVNI

Très élevé

La Chine étudie les phénomènes aériens anormaux

Élevé

Des témoins affirment l'existence de programmes de récupération

Élevé

Des gouvernements ont récupéré des objets inconnus

Moyen

Ces objets étaient d'origine non humaine

Faible

Des programmes de rétro-ingénierie extraterrestre existent

Faible à moyen

Des preuves matérielles publiques existent

Très faible

EN BREF ILS ONT TENTE DE RECUPERER DES OVNI

Le constat le plus rigoureux est le suivant :

Il existe de nombreux témoignages crédibles affirmant que les États-Unis ont mené ou mènent des programmes de récupération d'objets anormaux.

Des indices suggèrent que l'URSS/Russie et probablement la Chine ont poursuivi des efforts similaires.

Aucun document déclassifié authentifié n'apporte aujourd'hui une preuve publique et incontestable qu'un engin extraterrestre ait été récupéré par l'une de ces puissances.

Autrement dit, l'existence d'une recherche gouvernementale sur les OVNI est un fait historique. L'existence de programmes secrets de récupération reste une hypothèse soutenue par certains témoins, mais qui n'a pas encore été démontrée publiquement de façon concluante.

Équipe rédactionnelle GEOS France. PG - JU -

 



mercredi 19 novembre 2025

Le rôle de la CIA dans l'étude des ovnis (1947-1990)

 Le rôle de la CIA dans l'étude des ovnis (1947-1990)


NOUVELLE ECONOMIE SPATIALE



L’ARTICLE COMPLET ORIGINAL EN ANGLAIS (note et info complémentaires) DATE DE 1999 EST DISPONIBLE SUR LE SITE DE LA CIA :D'OU IL A ETE EXTRAIT PAR NOUVELLE ECONOMIE SPATIALE. https://www.cia.gov/readingroom/docs/DOC_0005517742.pdf

Auteur : Gerald K. Haines - 1999

Depuis des décennies, le public américain nourrit une fascination profonde et persistante pour les objets volants non identifiés (OVNI). Des sondages ont révélé qu'une proportion considérable de la population a entendu parler de ce phénomène, et qu'une majorité croit à sa réalité. Même les anciens présidents américains Jimmy Carter et Ronald Reagan ont affirmé avoir vu un OVNI. Cet intérêt généralisé est contrebalancé par une croyance tout aussi tenace, partagée par de nombreuses organisations privées spécialisées dans les OVNI et des « ufologues », selon laquelle le gouvernement des États-Unis, et plus particulièrement la CIA , serait impliqué dans un vaste complot visant à dissimuler la vérité.

L'idée que la CIA ait secrètement dissimulé ses recherches est un thème récurrent depuis le début de l'ère moderne des OVNI à la fin des années 1940. Cette perception était si tenace qu'à la fin de 1993, sous la pression d’ufologues réclamant davantage d'informations, le directeur de la CIA, R. James Woolsey, ordonna un nouvel examen de tous les dossiers de l'Agence sur le sujet. Cet article, basé sur l'analyse de ces documents internes, retrace l'intérêt et l'implication réels de l'Agence dans la controverse sur les OVNI, de ses débuts en 1947 à 1990. Il en ressort une histoire complexe où les préoccupations initiales et importantes liées à la sécurité nationale au début des années 1950 se sont progressivement estompées, ne laissant place qu'à une attention limitée et périphérique. La dissimulation elle-même, semble-t-il, est née d'une combinaison de secret bureaucratique, de paranoïa liée à la Guerre froide et de la nécessité paradoxale de cacher d'autres projets terrestres top-secrets, pris à tort pour des objets extraterrestres.

L'aube de l'ère des soucoupes volantes

Le phénomène des « soucoupes volantes » est apparu en même temps que la Guerre froide. En 1947, alors que la confrontation entre les États-Unis et l'Union soviétique s'intensifiait, les premières observations ont commencé. Le premier témoignage important remonte au 24 juin 1947, lorsque Kenneth Arnold , pilote privé et homme d'affaires réputé, a aperçu neuf objets en forme de disque près du mont Rainier, dans l'État de Washington, se déplaçant à une vitesse estimée à plus de 1 600 km/h. Le récit d'Arnold a été suivi d'une multitude d'autres observations, provenant de pilotes militaires et civils, de contrôleurs aériens et du grand public à travers tout le pays.

L'US Air Force, craignant que ces objets ne soient des armes secrètes soviétiques, réagit immédiatement. En 1948, le général Nathan Twining créa le projet SIGN afin de recueillir, analyser et évaluer toutes les informations relatives aux observations, y voyant une menace potentielle pour la sécurité nationale. Ce projet, mené par le Centre de renseignement technique aérien (ATIC) de la base aérienne de Wright-Patterson , conclut rapidement que si les ovnis existaient bel et bien, leur phénomène n'avait rien d'extraordinaire. Un rapport de l'Air Force révéla que la quasi-totalité des observations étaient dues à une hystérie collective, à des canulars ou à une mauvaise interprétation d'objets connus. Le rapport n'excluait toutefois pas totalement la possibilité de phénomènes extraterrestres.

À la fin des années 1940, le projet SIGN fut remplacé par le projet GRUDGE. Ce nouveau projet avait un objectif différent : une campagne de relations publiques visant à apaiser l’inquiétude du public. Les responsables du projet GRUDGE expliquaient les observations par des ballons, des avions conventionnels, des planètes, des météores, des illusions d’optique, voire de « gros grêlons ». Ils ne trouvèrent aucune preuve d’armes étrangères sophistiquées et conclurent que les ovnis ne menaçaient pas la sécurité des États-Unis. De fait, le projet GRUDGE recommanda de réduire son ampleur, arguant que l’intérêt même des autorités encourageait la croyance aux ovnis et contribuait à un climat d’hystérie collective. Le projet fut officiellement abandonné le 27 décembre 1949.

Ce désintérêt officiel fut de courte durée. Avec le déclenchement de la guerre de Corée et la montée des tensions de la guerre froide, les observations d'OVNI se poursuivirent. En 1952, le directeur du renseignement de l'US Air Force, le major-général Charles P. Cabell, ordonna une nouvelle initiative, plus ambitieuse : le projet BLUE BOOK, la principale étude de l'armée de l'air qui se déroula tout au long des années 1950 et 1960. Son objectif, comme celui des projets précédents, était d'identifier et d'expliquer les OVNI et de convaincre le public qu'ils n'avaient rien d'extraordinaire. Ces trois projets – SIGN, GRUDGE et BLUE BOOK – définirent la position officielle du gouvernement américain pour les trente années suivantes.

La CIA prend note

ARCHIVE CIA

Photo : article original extrait des archives publiques et déclassifiées de la CIA.

Durant cette période initiale, la CIA a suivi de près les efforts de l'armée de l'air. Consciente du nombre croissant d'observations, l'agence s'inquiétait de plus en plus de la menace que les ovnis pouvaient représenter pour la sécurité. En 1952, face à une augmentation massive des signalements, les responsables de la CIA se demandaient s'il ne s'agissait pas d'une simple « folie estivale ». Tout en acceptant les conclusions de l'armée de l'air, l'agence notait également que, « puisqu'il existe une faible possibilité qu'il s'agisse d'engins interplanétaires, il est nécessaire d'enquêter sur chaque observation ».

Cet intérêt prudent se mua en vive inquiétude durant l'été 1952. Les 19 et 20 juillet, les radars de l'aéroport national de Washington et de la base aérienne d'Andrews détectèrent une série de signaux mystérieux. Le 27 juillet, ces signaux réapparurent. L'armée de l'air dépêcha des avions intercepteurs pour enquêter, mais ils ne trouvèrent rien. Ces incidents firent la une des journaux à travers le pays. La Maison-Blanche voulut savoir ce qui se passait. L'armée de l'air avança rapidement l'explication que ces signaux radar pouvaient être dus à des « inversions de température », un phénomène confirmé ultérieurement par une enquête de la Civil Aeronautics Administration.

Alarmée par la recrudescence des observations, la CIA a constitué un groupe d'étude spécial au sein du Bureau du renseignement scientifique (OSI) et du Bureau du renseignement d'actualité (OCI). Le rapport initial du groupe indiquait que la plupart des observations pouvaient s'expliquer facilement. Il recommandait néanmoins à l'Agence de poursuivre la surveillance du problème en coordination avec l'Armée de l'air. Plus important encore, le groupe insistait pour que la CIA dissimule son intérêt aux médias et au public. On craignait que la révélation de cet intérêt ne soit perçue comme une confirmation de l’existence des OVNI, engendrant ainsi des tendances alarmistes.

Cette recommandation fut transmise au directeur adjoint du renseignement, Robert Amory Jr., qui fit part des préoccupations du directeur du renseignement central, Walter Bedell Smith. Ce dernier était profondément inquiet des implications pour la sécurité nationale. Il souhaitait savoir si l'enquête de l'armée de l'air était suffisamment objective et quels moyens financiers et humains supplémentaires seraient nécessaires pour déterminer la cause du faible pourcentage d'observations inexpliquées d'OVNIs. Smith estimait qu'il n'y avait « qu'une chance sur 10 000 que le phénomène représente une menace pour la sécurité du pays, mais même ce risque était inacceptable ». Il considérait qu'il incombait à la CIA, de par la loi, de coordonner les efforts de renseignement pour résoudre le problème. Smith se posait également une autre question : comment le phénomène OVNI pourrait-il être utilisé dans le cadre de la guerre psychologique menée par les États-Unis ?

Le groupe d'étude de la CIA a rencontré des responsables de l'armée de l'air à Wright-Patterson et a examiné leurs données. L'armée de l'air a affirmé que 90 % des observations étaient facilement justifiables. Les 10 % restants ont été qualifiés de « témoignages invraisemblables provenant d'observateurs crédibles ». L'armée de l'air a rejeté les théories selon lesquelles ces observations impliquaient des armes secrètes américaines ou soviétiques, ou encore des « Martiens », sans apporter la moindre preuve. Lors de ces réunions, les responsables de la CIA et de l'armée de l'air ont convenu que la divulgation des intérêts de l'Agence aggraverait le problème. Cette décision commune de dissimuler l'implication de la CIA allait largement contribuer aux accusations de complot qui allaient suivre.

Évaluation des menaces à la sécurité nationale

La principale préoccupation de la CIA n'était pas les extraterrestres, mais l'Union soviétique. Le groupe d'étude a épluché la presse soviétique à la recherche de rapports sur les ovnis et n'en a trouvé aucun. Ils en ont conclu que cette absence était forcément le fruit d'une politique de secret délibérée du gouvernement soviétique. Cette découverte a suscité de vives inquiétudes en matière de sécurité nationale. Le groupe craignait que l'URSS n'utilise les ovnis comme arme de guerre psychologique pour semer la panique et l'hystérie collective aux États-Unis.

Un danger encore plus pressant a été identifié : le groupe craignait que les Soviétiques n’utilisent les observations d’OVNI pour saturer le système d’alerte aérienne américain. Si ce système était délibérément encombré de faux signalements d’OVNI, il pourrait ne plus être en mesure de distinguer les cibles réelles des fausses, ce qui donnerait aux Soviétiques un avantage décisif en cas d’attaque nucléaire.

Cette préoccupation fut exprimée par H. Marshall Chadwell, directeur adjoint de l'OSI. En décembre 1952, Chadwell informa le directeur de la CIA, Smith, l'exhortant à agir. Il était convaincu qu'« il se passait quelque chose qui nécessitait une attention immédiate ». Il mentionna des « observations d'objets inexpliqués à haute altitude et se déplaçant à grande vitesse à proximité d'importantes installations de défense américaines », qui n'étaient « attribuables ni à des phénomènes naturels ni à des types connus d'aéronefs ».

Chadwell estimait que le problème était si important qu'il devait être porté à l'attention du Conseil national de sécurité (CNS). Il rédigea une proposition de directive du CNS visant à faire de l'étude des OVNI un projet prioritaire pour l'ensemble des services de renseignement et de recherche en matière de défense. Il exhorta également Smith à mettre en place un projet de recherche externe, mené par des scientifiques de haut niveau, afin d'étudier le problème. Smith accepta et chargea ses équipes de préparer la directive du CNS.

Le panel Robertson : Science et secret

Le 4 décembre 1952, le Comité consultatif du renseignement (IAC) se saisit de l'affaire. Il convint que le directeur du renseignement central (DCI) devait « faire appel à des scientifiques sélectionnés pour examiner et évaluer les preuves disponibles ». Parallèlement, Chadwell se renseigna sur les efforts britanniques et découvrit qu'ils étaient également actifs. Un éminent scientifique britannique, RV Jones, dirigeait un comité d'étude des « soucoupes volantes » qui avait conclu que les observations étaient des interprétations erronées de phénomènes naturels. Les Britanniques éprouvaient également des difficultés à faire évoluer l'opinion publique, notamment après que des pilotes de la RAF et de hauts responsables militaires eurent observé une « soucoupe volante parfaite » lors d'un meeting aérien.

En janvier 1953, Chadwell et H.P. Robertson, physicien renommé du California Institute of Technology, réunirent un panel prestigieux de scientifiques non militaires. Ce groupe, qui prit le nom de Panel Robertson, comprenait Samuel A. Goudsmit, physicien nucléaire ; Luis Alvarez, physicien des hautes énergies ; Thornton Page, expert en radar et en électronique ; et Lloyd Berkner , spécialiste en géophysique.

Le comité s'est réuni du 14 au 17 janvier 1953. Il a consacré 12 heures à l'examen des données et des dossiers de l'armée de l'air. Après avoir visionné un film d'une observation survenue en 1952 à Tremonton, dans l'Utah, le comité a conclu que les images étaient dues à la réflexion du soleil sur les goélands. Un film de 1950, provenant de Great Falls, dans le Montana, a été interprété comme la réflexion du soleil sur la surface de deux intercepteurs de l'armée de l'air.

Les conclusions du panel ont été unanimes et définitives. Premièrement, rien ne prouve que les observations d'OVNI constituent une menace directe pour la sécurité nationale. Deuxièmement, le panel n'a trouvé aucune preuve permettant de conclure à une origine extraterrestre de ces objets.

Le groupe d'experts a identifié une autre forme de menace. Il a conclu que l'accent mis en permanence sur les signalements d'OVNI pourrait perturber le bon fonctionnement du gouvernement. Comment ? En saturant les canaux de communication avec des signalements non pertinents et en provoquant des comportements hystériques au sein des populations. Le groupe s'est également inquiété de la possibilité que des ennemis potentiels exploitent cette hystérie pour déstabiliser la défense aérienne américaine.

Pour remédier à ces problèmes, le groupe d'experts a recommandé au Conseil de sécurité nationale de démystifier les observations d'OVNI et de mettre en place une politique d'information du public. Il a suggéré d'utiliser les médias, la publicité, les cercles d'entreprises, les écoles, et même la société Disney pour « faire passer le message » et rassurer la population. Dans un contexte marqué par le maccarthysme, le groupe a également recommandé de surveiller les groupes privés d'étude des OVNI, tels que l' Airial Phenomena Research Organization (APRO), afin de déceler toute « activité subversive ».

Suite aux conclusions du Comité Robertson, la CIA renonça à rédiger une directive du Conseil de sécurité nationale (NSC) sur les ovnis. La position officielle de l'Agence devint qu'aucun examen plus approfondi du sujet n'était justifié, bien qu'elle continue de surveiller les observations. Les responsables de l'Agence souhaitaient que toute information concernant l'intérêt que la CIA portait à ce sujet soit strictement confidentielle. Le rapport du Comité Robertson fut classifié, et toute mention du parrainage de ce comité par la CIA fut interdite. Cette décision d'imposer le secret, motivée par le désir d'éviter la panique au sein de la population, allait par la suite causer de graves problèmes à l'Agence et constituer le fondement de son déficit de crédibilité.

Le U-2, OXCART et la naissance d'un complot

Après le rapport du comité Robertson, les responsables de l'Agence ont relégué la question des OVNI au second plan. En mai 1953, la responsabilité fut transférée à la Division de physique et d'électronique de l'OSI, dont le chef se désintéressa du problème. Il proposa de considérer le projet comme « inactif » et de n'y affecter qu'un analyste à temps partiel et un archiviste, avant de recommander son abandon définitif.

Mais certains au sein de l'Agence restaient inquiets, notamment au sujet des rapports en provenance de l'étranger. On prétendait que des ingénieurs allemands détenus par les Soviétiques développaient une « soucoupe volante », et les signalements d'OVNIs se multipliaient en Europe de l'Est et en Afghanistan. La CIA était au courant du projet Y, une opération conjointe canado-britannico-américaine visant à produire un aéronef non conventionnel de type soucoupe volante, et craignait que les Soviétiques ne testent des appareils similaires. Cette inquiétude s'inscrivait dans un contexte de montée en puissance de l'URSS : l'État soviétique avait procédé à l'explosion d'une bombe atomique en 1949 et d'une bombe à hydrogène en 1953.

En octobre 1955, le sénateur américain Richard Russell et son groupe aperçurent une soucoupe volante lors d'un voyage en train en URSS. Après de nombreux entretiens, les agents de la CIA conclurent que cette observation ne corroborait pas la théorie du développement des soucoupes volantes par les Soviétiques et que Russell avait probablement observé un avion à réaction classique en pleine ascension.

L'élément le plus significatif de l'histoire des OVNI dans les années 1950 est venu de la CIA elle-même. En novembre 1954, l'agence s'est lancée dans la reconnaissance à haute altitude avec son projet U-2 . Dès août 1955, le U-2 effectuait des vols d'essai à plus de 18 000 mètres d'altitude. À l'époque, la plupart des avions de ligne commerciaux volaient entre 3 000 et 6 000 mètres.

Par conséquent, dès le début des vols du U-2, les pilotes de ligne et les contrôleurs aériens ont constaté une forte augmentation des observations d'OVNI. Les premiers U-2 étaient argentés et reflétaient les rayons du soleil, surtout à l'aube et au crépuscule. Pour les observateurs au sol, ils apparaissaient souvent comme des objets incandescents.

Cela posa un sérieux problème au projet Blue Book de l'armée de l’air. Les enquêteurs du projet, informés des vols secrets des U-2, durent justifier ces observations. Ils les attribuèrent à des phénomènes naturels tels que des cristaux de glace et des inversions de température. En consultant l'équipe du projet U-2 de l'agence, les enquêteurs purent attribuer de nombreuses observations d'OVNI à des vols d'U-2, mais il leur était formellement interdit de révéler la véritable cause au public.

D'après des estimations ultérieures d'agents de la CIA ayant travaillé sur les projets U-2 et OXCART (SR-71) , plus de la moitié des observations d'OVNI recensées entre la fin des années 1950 et les années 1960 étaient imputables à ces vols de reconnaissance habités. Face à cette situation, l'armée de l'air fut contrainte de diffuser des informations trompeuses et mensongères auprès du public afin d'apaiser les craintes et, surtout, de protéger un projet de sécurité nationale extrêmement sensible. Cette dissimulation, bien que jugée nécessaire, alimenta considérablement les théories du complot qui suivirent.

La dissimulation devient l'histoire

Alors que la CIA produisait involontairement des rapports d'OVNI, la pression publique s'intensifiait pour la publication du rapport du Comité Robertson de 1953. En 1956, Edward Ruppelt, ancien directeur du Projet Blue Book, révéla publiquement l'existence de ce comité. L'ufologue Donald Keyhoe, major des Marines à la retraite, militait pour la divulgation de toutes les informations gouvernementales. Des groupes civils d'étude des OVNI, tels que le Comité national d'enquêtes sur les phénomènes aériens (NICAP) et l'APRO, firent immédiatement pression pour obtenir la publication du rapport.

Sous la pression, l'armée de l'air a demandé à la CIA l'autorisation de déclassifier et de publier le rapport. L'agence a refusé. Elle a alors préparé une version expurgée, supprimant toute référence à la CIA et toute mention du potentiel de guerre psychologique évoqué par le groupe d'experts.

Les demandes ne cessèrent pas. En 1958, Keyhoe, lors d'un entretien avec Mike Wallace de CBS, affirma que la CIA était profondément impliquée dans les affaires d'OVNI et qu'elle finançait le panel Robertson. Avec le Dr Leon Davidson, ingénieur chimiste et ufologue, il exigea la publication du rapport complet. Davidson était convaincu que la CIA, et non l'armée de l'air, était responsable de l'analyse des OVNI et que « les activités du gouvernement américain sont responsables des observations d'OVNI de la décennie précédente ». Grâce aux vols U-2 et OXCART, Davidson était plus proche de la vérité qu'il ne le pensait. Malgré cela, la CIA resta inflexible et refusa de déclassifier le rapport.

L'Agence était si soucieuse du secret qu'elle s'inquiétait de l'ancien directeur de la CIA, Roscoe Hillenkoetter, membre du conseil d'administration du NICAP. Les responsables de l'Agence ont débattu de l'opportunité de lui montrer le rapport afin d'apaiser les tensions. (Hillenkoetter a démissionné du NICAP en 1962).

Cette politique de secret rigide a eu des conséquences désastreuses dans deux affaires plutôt bizarres qui ont contribué à une méfiance croissante du public envers la CIA.

Le premier incident fut celui du « code radio » de 1955. Deux sœurs âgées de Chicago, Mildred et Marie Maier, rapportèrent avoir enregistré une émission de radio au cours de laquelle un code non identifié, provenant d'une soucoupe volante, avait été entendu. L'Office of Scientific Intelligence (OSI) de la CIA s'y intéressa et demanda à la Division des contacts (CD) d'en obtenir une copie. Un agent de la CD, Dewelt Walker, rencontra les sœurs, qui étaient ravies de l'intérêt que leur portait le gouvernement. Walker télégraphia au quartier général que la scène était digne d'« Arsenic et vieilles dentelles ». Il obtint la bande, que l'OSI analysa et qui révéla n'être rien de plus qu'un message en morse émis par une station de radio américaine connue.

L'affaire en resta là jusqu'en 1957, lorsque Leon Davidson s'entretint avec les sœurs Maier. Celles-ci se souvenaient d'un certain M. Walker, de l'« US Air Force ». Davidson, soupçonnant Walker d'être un agent de la CIA, écrivit au directeur de la CIA, Allen Dulles. L'Agence, soucieuse de protéger l'identité de Walker, se trouvait alors dans une situation délicate. Elle chargea l'Air Force d'écrire à Davidson, affirmant mensongèrement que Walker « était et est un officier de l'Air Force » et que l'enregistrement avait été analysé par « un autre organisme gouvernemental ».

Insatisfait, Davidson insista pour obtenir davantage de détails. L'Agence dépêcha un autre agent, en civil et en uniforme de l'armée de l'air, pour le rencontrer. Lorsque Davidson continua d'insister pour connaître la source de l'enregistrement, l'agent consulta son quartier général et rappela Davidson plus tard avec une nouvelle version : le signal étant d'origine américaine avérée, la bande et les notes « avaient été détruites pour gagner de la place dans les archives ».

Davidson était furieux. Il a déclaré à l'officier que « lui et son agence, quelle qu'elle soit, agissaient comme Jimmy Hoffa et le syndicat des Teamsters en détruisant des documents susceptibles de les incriminer ». Ce petit incident, mal géré par la CIA et l'armée de l'air, a dégénéré en une affaire majeure qui a contribué à épaissir le mystère entourant le rôle de la CIA.

Quelques mois plus tard, un autre incident vint alimenter les interrogations. En 1958, le commandant Keyhoe accusa l'Agence de demander délibérément aux témoins d'OVNIs de ne pas rendre leurs observations publiques. Cette accusation faisait suite à un incident survenu en 1957, au cours duquel l'OSI avait demandé au Département de la Conquête (CD) d'obtenir des photographies d'OVNIs datant de 1952 auprès de Ralph C. Mayher, photographe de télévision à Cleveland. Un agent du CD, John Hazen, obtint les photos, les fit analyser et les rendit à Mayher « sans commentaire ». Mayher demanda alors l'évaluation de l'Agence, expliquant qu'il préparait une émission de télévision et souhaitait mentionner qu'un service de renseignement américain avait examiné les photos.

Keyhoe contacta ensuite Mayher, prit connaissance du récit et demanda à l'Agence de confirmer par écrit l'emploi de Hazen, afin de mettre au jour le rôle de la CIA. Bien que les agents de terrain du CD fussent généralement très transparents, l'Agence refusa. L'assistant du directeur de la CIA, Dulles, envoya à Keyhoe une lettre évasive, le renvoyant vers l'armée de l'air. À l'instar de la réponse apportée à Davidson, cette réplique ne fit qu'alimenter les spéculations quant à l'implication profonde de l'Agence.

Le Comité Condon et la fin du BLUE BOOK

Au début des années 1960, Keyhoe et Davidson poursuivirent leurs attaques. Davidson affirmait alors que la CIA « était seule responsable d'avoir créé la polémique autour des soucoupes volantes comme outil de guerre psychologique dans le cadre de la guerre froide depuis 1951 ».

En 1964, suite aux discussions à la Maison-Blanche sur la conduite à tenir en cas de découverte d'une intelligence extraterrestre dans l'espace, le directeur de la CIA, John McCone, demanda une évaluation actualisée des ovnis par la CIA. L'OSI répondit que « peu de choses avaient changé » depuis les années 1950 et qu'il n'existait toujours aucune preuve de menace ou d'« origine étrangère ».

Parallèlement, la pression publique a contraint l'armée de l'air à créer une commission spéciale ad hoc, présidée par le Dr Brian O'Brien et comprenant Carl Sagan, chargée d'examiner le projet Blue Book. Son rapport n'a rien apporté de nouveau : aucune menace, aucune technologie extraterrestre. Il a toutefois recommandé qu'une université de premier plan étudie les ovnis de manière approfondie. En 1966, de brèves auditions devant la commission des forces armées de la Chambre des représentants ont abouti à des conclusions similaires.

Suite à ces examens et aux révélations du Dr Robertson lui-même lors d'une émission de CBS concernant l'implication de la CIA, l'armée de l'air a de nouveau sollicité l'Agence en juillet 1966 pour la déclassification de l'intégralité du rapport de la commission Robertson de 1953. L'Agence a une fois de plus refusé. Karl H. Weber, directeur adjoint de l'OSI, a écrit à l'armée de l'air : « Nous souhaitons vivement éviter toute divulgation supplémentaire de l'information selon laquelle cette commission était financée par la CIA. »

Cette réaction était à courte vue. Le Saturday Review publia un article critiquant la version édulcorée du rapport. Pire encore, le Dr James E. McDonald, physicien de l'atmosphère renommé de l’Université d’Arizona, avait déjà consulté le rapport complet à Wright-Patterson. À son retour pour le photocopier, l'armée de l'air refusa, prétextant qu'il s'agissait d'un document classifié de la CIA. McDonald, s'imposant comme une autorité en matière d'OVNIs, affirma publiquement que la CIA était à l'origine du secret et de la dissimulation orchestrés par l'armée de l'air.

Cédant à la pression publique et à son propre comité O'Brien, l'armée de l'air annonça en 1966 qu'elle recherchait une université pour mener une étude de 18 mois. En octobre, l’université du Colorado accepta un contrat de 325 000 dollars. Le programme était dirigé par le Dr Edward U. Condon, un physicien qui se déclarait « agnostique » sur le sujet.

Ce que le public ignorait, c'est que la CIA était impliquée de manière informelle. Un général de l'armée de l'air contacta Arthur C. Lundahl, directeur du Centre national d'interprétation photographique (NPIC) de la CIA, et proposa une liaison informelle. Le NPIC fournirait au Comité Condon des conseils et des services techniques pour l'examen des photographies. La direction de la CIA approuva cet arrangement afin de garder un œil sur cette nouvelle initiative.

L'ensemble du dispositif fut tenu secret. La CIA resta discrète et insista pour que le travail effectué par le NPIC pour le comité ne soit pas officiellement reconnu. En février 1967, Condon et son équipe visitèrent le NPIC et furent impressionnés par son équipement de photoanalyse spécialisé. En mai, le NPIC fournit une analyse de photographies d'OVNI prises à Zanesville, dans l'Ohio, qui réfuta l'observation. Condon était ravi, déclarant que pour la première fois, une analyse scientifique d'un OVNI résisterait à l'examen.

En avril 1969, Condon et sa commission publièrent leur rapport. Celui-ci concluait que l'étude des ovnis n'avait « guère, voire pas du tout », abouti au cours des 21 dernières années et que des recherches plus approfondies étaient « injustifiées ». Il recommandait l'abandon du Projet Blue Book. Le rapport ne mentionnait pas la participation de la CIA.

Un comité spécial de l’Académie nationale des sciences a examiné le rapport Condon et a approuvé ses conclusions, déclarant que « l'explication la moins probable des ovnis est l'hypothèse de visites extraterrestres ». Suite à ces recommandations, le secrétaire de l'armée de l'air a annoncé l'arrêt du projet BLUE BOOK le 17 décembre 1969.

L'ère de la FOIA : le problème refuse de disparaître

Le rapport Condon n'a pas convaincu de nombreux ufologues, qui le considéraient comme un nouvel élément de la dissimulation. En juin 1975, William Spaulding, à la tête d'un petit groupe appelé Ground Saucer Watch (GSW), a écrit à la CIA pour demander une copie du rapport du panel Robertson et tous les documents relatifs aux ovnis.

En 1976, Gene Wilson, coordinateur de l'information et de la protection de la vie privée à la CIA, adressa à Spaulding une réponse « mal informée ». Wilson affirmait : « Avant la création du Comité Robertson et après la publication de son rapport, la CIA ne s'est jamais engagée dans l'étude du phénomène OVNI. » Or, les observations du drone U-2 et le soutien du Comité Condon du NPIC prouvaient le contraire.

Non convaincue, GSW a intenté une action en justice contre la CIA en septembre 1977 , en vertu de la loi sur la liberté d'information (FOIA). Submergée de demandes similaires, la CIA a accepté de mener une « recherche raisonnable ». Des responsables de l'agence, sous la direction de Launie Ziebell du Bureau du conseiller juridique, ont mené une recherche approfondie. Ils ont même découvert un vieux dossier sur les OVNI sous le bureau d'une secrétaire. La recherche a finalement permis de recueillir 355 documents, soit environ 900 pages.

Le 14 décembre 1978, l'Agence publia tous les documents, à l'exception de 57, retenus pour des raisons de sécurité nationale. Bien que les documents publiés ne constituent pas une preuve irréfutable et ne révèlent qu'un intérêt mineur de l'Agence après 1953, la presse traita l'événement de manière sensationnaliste. Le New York Times, par exemple, affirma que les documents confirmaient une « vive préoccupation gouvernementale » et une surveillance secrète. GSW porta alors l'affaire devant les tribunaux pour obtenir la publication des documents retenus, arguant que l'Agence dissimulait encore des informations cruciales.

La situation était très similaire à celle de l’assassinat de JFK : malgré la quantité d'informations publiées par l'Agence, la thèse d'une dissimulation persistait. Le directeur de la CIA, Stansfield Turner, fut tellement bouleversé par l’article du Times qu'il demanda à ses supérieurs : « Sommes-nous impliqués dans l'affaire des OVNI ? » Son équipe examina les dossiers et conclut qu'« aucune recherche organisée n'avait été menée par l'Agence… et qu'aucune collecte de renseignements sur les OVNI n'avait été organisée depuis les années 1950 ». La plainte de GSW fut rejetée en mai 1980.

À la fin des années 1970 et dans les années 1980, l'Agence a maintenu un intérêt discret pour le sujet. Si la plupart des scientifiques rejetaient l'existence des soucoupes volantes, certains membres de la communauté du renseignement se sont tournés vers l'étude de la parapsychologie et des phénomènes paranormaux, notamment les expériences de « vision à distance ». Les responsables de la CIA ont également examiné le problème sous l'angle du contre-espionnage : les Soviétiques et le KGB utilisaient-ils des citoyens américains et des groupes d'ufologues pour obtenir des informations sur des programmes d'armement américains sensibles, comme l’avion furtif ? Ou bien la vulnérabilité du système de défense aérienne américain pouvait-elle être exploitée par des missiles étrangers imitant des OVNI ?

Dans les années 1980, l'Agence ne disposait d'aucun projet officiel concernant les ovnis. En réalité, les responsables ont délibérément limité au maximum les dossiers sur les ovnis afin d'éviter de créer des documents susceptibles d'induire le public en erreur s'ils étaient un jour rendus publics.

Les mythes modernes : Roswell et Majestic-12

Les années 1980 ont également vu ressurgir les accusations selon lesquelles l'Agence dissimulait des documents relatifs à l’incident de Roswell de 1947, au cours duquel une soucoupe volante se serait écrasée au Nouveau-Mexique, permettant ainsi au gouvernement de récupérer des débris et des corps extraterrestres. En septembre 1994, l'US Air Force a publié un nouveau rapport sur Roswell. Ce rapport concluait que les débris trouvés en 1947 provenaient probablement d'une opération de ballons autrefois ultra-secrète, le projet MOGUL, conçu pour surveiller l'atmosphère et détecter d'éventuels essais nucléaires soviétiques.

Aux alentours de 1984, une série de documents ont fait surface, censés prouver que le président Truman avait créé en 1947 un comité ultrasecret, nom de code Majestic-12, chargé de récupérer des débris d'OVNI et des corps d'extraterrestres. La plupart, sinon la totalité, de ces documents se sont révélés être des faux. L'un de ces documents prétendument liés à Majestic-12, par exemple, s'est avéré être une contrefaçon. Il s'agissait d'une photocopie d'une lettre authentique de 1944 de George C. Marshall concernant des interceptions « Magic », mais les dates et les noms avaient été modifiés et « Magic » avait été remplacé par « Majic ». Aucun document original de MJ-12 n'a jamais été retrouvé.

Résumé

L'histoire de l'implication de la CIA dans les affaires d'OVNI ne révèle pas un intérêt profond pour la vie extraterrestre. Il s'agissait plutôt d'une brève mais intense période de préoccupation pour la sécurité nationale, au plus fort de la Guerre froide. La principale crainte de l'Agence n'était pas l'existence d'« hommes venus de Mars », mais plutôt que le phénomène OVNI ne soit exploité par l'Union soviétique à des fins de guerre psychologique ou pour masquer une attaque nucléaire surprise.

Le comité Robertson de 1953, commandité par la CIA, conclut à l'absence de preuves de menace ou de visites extraterrestres. Sa principale conclusion fut que le véritable danger résidait dans le signalement des ovnis, susceptible d'encombrer les services de renseignement et de provoquer la panique au sein de la population. La recommandation du comité, préconisant une campagne d'information et de démystification, associée à une politique stricte de dissimulation du rôle de la CIA, instaura un climat de méfiance qui dura des décennies.

Cette méfiance fut ensuite involontairement attisée par la CIA elle-même. Le développement d'avions de haute altitude ultrasecrets comme le U-2 et l'OXCART entraîna une forte augmentation des observations d'« OVNI » – observations que l'armée de l'air et la CIA durent activement et de manière trompeuse dissimuler par des versions officielles. Ce phénomène, combiné à des refus jugés « à courte vue » de déclassifier d'anciens rapports et à des demandes d'information du public mal gérées, renforça la conviction qu'il s'agissait d'une dissimulation gouvernementale.

La conviction que nous ne sommes pas seuls dans l'univers est trop séduisante, et la méfiance envers le gouvernement trop répandue, pour que la question se prête à une explication scientifique traditionnelle. À l'instar des théories du complot sur l'assassinat de JFK, le phénomène OVNI et la croyance en une dissimulation de la CIA ne disparaîtront probablement pas de sitôt, quoi que fasse ou dise l'Agence.



samedi 21 juin 2025

quelle est l'enquête et la vérité derrière cet incident à Tianjin en chine ?

 Déconstruction de l'incident de l'OVNI de Tianjin : quelle est l'enquête et la vérité derrière cet incident ?

[Mystery Academy 054]

15 octobre 2024

par Wu Jiaqiang

Source : https://www.esquirehk.com/lifestyle/myster-academy-0054-ufo

 

Ces dernières années, les observations d'OVNI se sont multipliées dans le monde entier, éveillant l'imagination et la curiosité du public pour la vie extraterrestre. Le dernier incident en date s'est produit non pas aux États-Unis, mais à Tianjin, en Chine, et est sans aucun doute devenu un sujet brûlant parmi les passionnés d'OVNI et les théoriciens du complot du monde entier.


Points lumineux mystérieux à Tianjin

En septembre 2024, une courte vidéo tournée à Tianjin est devenue virale sur Internet. Un étrange point lumineux est apparu dans le ciel nocturne de l'aéroport international Binhai de Tianjin, se déplaçant rapidement et irrégulièrement. L'apparition de cet OVNI a attiré l'attention des habitants et a rapidement fait le buzz sur les réseaux sociaux, déclenchant de nombreuses discussions. Des témoins ont décrit l'objet comme n'ayant pas une trajectoire régulière comme celle d'un avion ou d'un drone, mais semblant être contrôlé par une force inconnue. Plus surprenant encore, on sait que le point lumineux est apparu plusieurs fois en quelques heures cette nuit-là, et pas seulement dans la zone urbaine de Tianjin. Même dans la région environnante du Hebei, des personnes ont affirmé avoir observé des phénomènes similaires.

Au fur et à mesure que l'incident se déroulait, diverses théories ont émergé. Comme toujours, les agences officielles et les scientifiques ont avancé des explications rationnelles, affirmant qu'il pourrait s'agir d'un phénomène naturel ou d'activités humaines. Par exemple, certains astronomes ont souligné que cette période coïncidait avec le pic des pluies de météores, ce qui a pu conduire certains à mal interpréter ce phénomène anormal dans le ciel nocturne.

De plus, l'utilisation généralisée des drones a également conduit certains à soupçonner que ces points lumineux pourraient être causés par des drones, notamment lorsque les objets ne peuvent être clairement identifiés la nuit. Cependant, les ufologues ne se satisfont pas de ces explications raisonnables. Ils soulignent que le mouvement des points lumineux dans la vidéo est extrêmement étrange, bien au-delà des capacités technologiques actuelles. Il s'agit très probablement de la visite d'une civilisation extraterrestre. Les théoriciens du complot supposeront bien sûr que le gouvernement connaît depuis longtemps l'existence de la vie extraterrestre et qu'il dissimule la vérité pour éviter de semer la panique dans l'opinion publique.

Ces dernières années, plusieurs incidents d'OVNI très médiatisés ont eu lieu en Chine. Voici quelques-uns des cas les plus marquants :

·         Incident d'OVNI dans le ciel nocturne de Chun'an, Hangzhou (14 juillet 2023) : Cette nuit-là, 22 points lumineux alignés sont apparus dans le ciel nocturne de Chun'an, Hangzhou, et il a été confirmé plus tard qu'il s'agissait des satellites « Starlink » d'Elon Musk.

·         Incident d'OVNI de Chengdu Green Light (22 juin 2023) : Un éclair de lumière verte est apparu dans le ciel nocturne de Chengdu, dans le Sichuan, et il a été confirmé qu'il s'agissait d'une boule de feu après enquête.

·         Incident du vaisseau spatial publicitaire de Shijiazhuang (5 juin 2023) : Un énorme objet volant est apparu dans le ciel au-dessus de Shijiazhuang, et il a été confirmé plus tard qu'il s'agissait d'un vaisseau spatial publicitaire pour une certaine société vinicole.

·         Incident de la visite nocturne d'un extraterrestre au Xinjiang (24 septembre 2022) : Un objet lumineux est apparu dans le ciel du Xinjiang, qualifié de manière humoristique de « visite nocturne d'extraterrestres qui ont trouvé la Terre trop sombre et ont allumé des lumières vives ». En réalité, il s'agissait du vaisseau spatial russe « Soyouz MS-22 » lancé depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan.

·         Transit de la station spatiale de Pékin (8 janvier 2022) : Deux points lumineux blancs, un grand et un petit, sont apparus dans le ciel de Pékin. C'est exactement ce qui s'est passé lorsque la station spatiale chinoise a survolé Pékin.

À propos de diverses explications

L'incident d'OVNI de Tianjin n'est pas le premier du genre en Chine. Ces dernières décennies, de nombreuses observations d'OVNI ont eu lieu dans toute la Chine. En 1971, la province du Guizhou a signalé un énorme OVNI planant dans le ciel nocturne, provoquant une série de phénomènes étranges dans la région.

Ces mystères non résolus continuent d'attirer d'innombrables chercheurs pour tenter de découvrir la vérité. À ce jour (10 octobre 2024), aucune recherche scientifique spécifique ni aucun rapport officiel sur l'incident d'OVNI de Tianjin n'ont été publiés. De tels incidents nécessitent généralement un certain temps d'enquête avant que les agences compétentes ne procèdent à une analyse scientifique des phénomènes observés et ne publient les résultats. Cependant, sur la base d'incidents d'OVNI antérieurs, plusieurs explications scientifiques et méthodes de recherche courantes peuvent être appliquées à l'enquête sur cet incident.

Les scientifiques se demandent souvent d'abord si des phénomènes astronomiques peuvent expliquer ces taches lumineuses non identifiées, comme des météores ou des pluies de météores, en particulier de fin septembre à début octobre, période généralement la plus active des Géminides. Les traînées lumineuses des pluies de météores se déplacent rapidement dans le ciel nocturne et sont parfois confondues avec des ovnis.

De plus, des satellites comme Starlink ou la Station spatiale internationale peuvent également créer des lumières intenses dans le ciel nocturne et, en orbite autour de la Terre, présenter des trajectoires de mouvement différentes. Il existe également des théories sur les phénomènes optiques atmosphériques. Certains phénomènes anormaux dans l'atmosphère, comme les parulines, les aurores boréales ou d'autres effets optiques atmosphériques, peuvent également conduire à des erreurs de jugement de la part des témoins. Je crois que ces explications sont familières à nos concitoyens.

Depuis la popularité des drones et autres aéronefs artificiels, ils sont devenus la source de suspicion dans de nombreux incidents d'OVNI. Après tout, les lumières et les mouvements irréguliers de ces appareils en vol nocturne peuvent facilement les faire prendre pour des OVNI. Bien entendu, le personnel compétent peut consulter les enregistrements de vol des drones dans la zone auprès du service de gestion de l'aviation afin de déterminer si des drones volaient légalement ou illégalement au moment de l'observation, et s'ils étaient liés à des avions militaires ou expérimentaux. Certains nouveaux aéronefs peuvent présenter des caractéristiques de vol inhabituelles, notamment des technologies avancées de vol sans pilote ou de furtivité.

Ce qui intéresse davantage le doyen, c'est le phénomène selon lequel les observations d'OVNI s'accompagnent souvent d'implications psychologiques et de comportements collectifs. Les scientifiques étudient les attentes du public et le contexte culturel à l'égard des OVNIs, ce qui peut influencer l'interprétation individuelle du phénomène, tout comme l'effet psychologique collectif. Par exemple, lorsqu'une observation d'OVNI est largement diffusée sur les réseaux sociaux ou dans les médias, ces rapports renforcent les attentes du public à l'égard des OVNIs et incitent même davantage de personnes à signaler des observations similaires. De plus, en raison des illusions des témoins oculaires et des biais de mémoire, les psychologues soulignent que ces facteurs peuvent conduire à une mauvaise appréciation des objets observés.

Enquêtes officielles et surveillance internationale

Bien qu'il n'existe aucun rapport officiel sur l'incident d'OVNI de Tianjin, il y a lieu de croire que l'Administration de l'aviation civile chinoise et l'armée enquêteront sur ce type d'incident. En fait, presque tous les gouvernements envoient des experts pour analyser des incidents similaires, notamment ceux impliquant la sécurité aérienne, et publient régulièrement des explications officielles. Certains incidents sont finalement classés comme des « phénomènes inexpliqués », mais ne représentent pas une menace pour la sécurité nationale ou la vie des personnes. D'autres sont considérés comme des « phénomènes naturels ou d'origine humaine ». La plupart des observations d'OVNI sont finalement expliquées comme des phénomènes naturels ou le résultat de la technologie humaine, surtout à l'ère actuelle du développement rapide des drones.

Le rapport « UAP » (Phénomènes Aériens Non Identifiés) du Département de la Défense des États-Unis est l'une des dernières études internationales sur le phénomène OVNI. Depuis 2021, le gouvernement américain a lancé des recherches systématiques sur ce phénomène et a rendu publiques certaines observations inexpliquées. Ces rapports servent de référence à d'autres pays et pourraient également servir de modèle aux scientifiques et chercheurs chinois souhaitant mener des enquêtes similaires sur l'incident de Tianjin.

D'autres organisations internationales de recherche sur les ovnis, telles que le Réseau d'entraide pour la recherche sur les ovnis « MUFON » aux États-Unis et l'Association britannique de recherche sur les ovnis « BUFORA » au Royaume-Uni, enregistrent et analysent généralement les signalements d'ovnis du monde entier. Quant à l'incident de Tianjin, on pense qu'elles vont attirer leur attention et l'inclure dans la base de données mondiale des observations d'ovnis, et solliciter des informations de première main ou des vidéos de témoins.

Certains doyens se demanderont peut-être si de telles observations donneront lieu à une coopération internationale dans les enquêtes. En réalité, il ne s'agit certainement pas d'un récit de science-fiction. La coopération est plus forte qu'on ne le pense. La mise en œuvre des actions dépend de plusieurs facteurs clés, notamment la nature et l'ampleur de l'incident, la réaction des gouvernements et des organisations internationales, l'attention mondiale, l'importance technique ou militaire de l'incident, ainsi que les facteurs politiques et l'historique de la coopération diplomatique entre les deux parties.

Quant aux doutes du doyen, ils portent sur la source et l'authenticité des nombreuses courtes vidéos de l'incident d'OVNI de Tianjin, ainsi que sur l'explication selon laquelle il est impossible pour un drone de pénétrer dans l'aéroport. L'annulation massive de vols cette nuit-là et le refus de tout décollage et atterrissage d'avion ont déjà démontré la gravité de l'incident. J'attends avec impatience le jour où la vérité éclatera !


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