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Deux F-4
Phantom contre un objet lumineux : l’un des dossiers militaires les plus
troublants de l’histoire de l’ufologie
L'incident de Téhéran du 19 septembre 1976 occupe une place particulière dans l'histoire des phénomènes aérospatiaux non identifiés. Contrairement à de nombreuses affaires reposant essentiellement sur le témoignage d'un particulier, celui-ci implique des contrôleurs aériens, des civils, un général de l'armée de l'air iranienne, deux équipages de F-4 Phantom II et des observations radar.
Surtout, l'affaire fit l'objet, quelques jours après les événements, d'un rapport du service de l'attaché de défense américain à Téhéran, transmis à plusieurs organismes américains, dont la Defense Intelligence Agency (DIA), la CIA, la NSA, les Joint Chiefs of Staff et la Maison-Blanche. Le document a depuis été déclassifié.
Il faut toutefois corriger immédiatement une affirmation très répandue : l'objet n'a pas été "repéré par satellite radar". Les sources déclassifiées parlent d'une détection radar au sol et d'un verrouillage radar depuis le F-4, mais aucune source primaire consultée ne permet d'affirmer qu'un satellite aurait détecté l'objet. Cette précision est importante dans une étude historique sérieuse.
Le contexte : Téhéran au cœur de la guerre froide
En septembre 1976, l'Iran est encore dirigé par le Shah Mohammad Reza Pahlavi. Le pays est alors l'un des principaux alliés des États-Unis au Moyen-Orient. L'armée de l'air impériale iranienne — Imperial Iranian Air Force (IIAF) — est particulièrement bien équipée. L'Iran dispose notamment de chasseurs américains F-4 Phantom II, appareils supersoniques sophistiqués capables d'effectuer des missions d'interception et d'attaque.
Le choix du F-4 est particulièrement intéressant pour l'affaire de Téhéran. Il ne s'agit pas d'un avion d'observation rudimentaire : c'est un appareil conçu pour le combat aérien, doté d'un radar embarqué, de systèmes d'armes et de communications sophistiqués. L'incident survient donc dans un contexte où une intrusion aérienne inconnue au-dessus de la capitale iranienne pouvait être considérée comme une question de sécurité nationale.
Dans la nuit du 18 au 19 septembre 1976, vers 00 h 30, le poste de commandement de l'armée de l'air à Téhéran reçoit plusieurs appels téléphoniques provenant du secteur de Shemiran, au nord de la capitale. Le rapport américain indique que quatre appels sont reçus de citoyens signalant des objets étranges dans le ciel. Les descriptions initiales sont assez diverses. Certains témoins parlent d'un objet ressemblant à un oiseau, tandis que d'autres évoquent plutôt un hélicoptère muni d'une lumière. Mais un élément attire immédiatement l'attention des militaires : aucun hélicoptère n'est censé se trouver dans cette zone à ce moment-là.
Cette diversité initiale des descriptions constitue d'ailleurs un élément intéressant : contrairement à certaines affaires où tous les témoins semblent reprendre immédiatement la même histoire, les premières descriptions de Téhéran ne sont pas parfaitement homogènes.
Les appels sont suffisamment nombreux pour parvenir à Brigadier General
Yousefi, présenté dans le rapport américain comme l'Assistant Deputy Commander
of Operations de l'armée de l'air impériale iranienne. Dans un premier temps,
Yousefi pense qu'il peut simplement s'agir d'une étoile particulièrement
brillante. Il contacte cependant la tour de contrôle de Mehrabad, principal
aéroport de Téhéran, puis décide d'observer lui-même le phénomène. Il constate
alors une lumière qui lui paraît nettement plus importante qu'une étoile.
Le général prend donc la décision remarquable, dans un contexte militaire, de faire décoller un intercepteur.
01 h 30 : le premier F-4 Phantom décolle
À 25 milles nautiques : les instruments cessent de fonctionner
Lorsque le F-4 arrive à environ 25 milles nautiques, soit environ 46 km, du
phénomène, l'équipage signale une défaillance simultanée :
- ·
Des
instruments de bord ;
- ·
Des
communications UHF ;
- · De l'interphone.
Le pilote décide alors d'abandonner l'interception. Il fait demi-tour en direction de Shahrokhi. Et c'est ici que l'événement devient particulièrement intrigant. Lorsque l'avion s'éloigne, les systèmes reviennent à leur fonctionnement normal. Le rapport américain décrit donc une corrélation entre la distance par rapport au phénomène et les perturbations constatées à bord. Il faut néanmoins rester précis : le rapport ne démontre pas que l'objet est la cause physique des pannes. Il établit que les équipages ont rapporté cette succession temporelle.
Deuxième interception : 01 h 40
La première tentative ayant échoué, un second F-4 est envoyé environ dix minutes plus tard. L'équipage comprend notamment Parviz Jafari, alors officier de l'armée de l'air iranienne, et Jalal Damirian, officier systèmes d'armes. C'est cet équipage qui va fournir la partie la plus spectaculaire du dossier. Une précision historique est nécessaire ici : Jafari est devenu général plus tard et est fréquemment présenté dans les récits contemporains comme « General Jafari ». En 1976, il était encore officier subalterne/commandant d'escadron selon les sources. Il faut donc éviter de projeter son grade ultérieur sur la nuit de l'événement.
Le second F-4 parvient à obtenir un contact radar. Le rapport indique que l'objet est acquis à environ 27 milles nautiques, soit près de 50 km. La cible se trouve dans une position située approximativement à 12 heures, légèrement au-dessus de l'avion. Le radar indique également une vitesse de rapprochement d'environ 150 nœuds. Plus étonnant encore, le retour radar est décrit comme ayant une taille apparente comparable à celle d'un avion ravitailleur Boeing 707 dans le récit déclassifié.
Nous sommes donc face à une observation combinant :
Témoins au sol + observation militaire + radar au sol/embarqué + interception aérienne
C'est cette combinaison qui donne au dossier sa réputation particulière.
Alors que le F-4 se rapproche, le pilote constate que l'objet semble conserver une distance. Le rapport indique que lorsque l'avion se rapproche jusqu'à environ 25 NM, l'objet s'éloigne, avec une accélération suffisamment importante pour être visible sur le radar. L'impression donnée aux pilotes est donc celle d'une cible qui maintient une distance de sécurité par rapport à l'intercepteur. Le phénomène ne ressemble cependant pas nécessairement à un « combat aérien » au sens classique. Il s'agit davantage d'une tentative d'interception d'une cible qui semble continuellement se soustraire à l'approche du chasseur.
La description visuelle est elle aussi remarquable. L'objet principal est décrit comme extrêmement lumineux, avec des lumières ou flashes de plusieurs couleurs :
- ·
Bleu ;
- ·
Vert ;
- ·
Rouge ;
- · Orange.
Les lumières semblent disposées selon une configuration géométrique. La luminosité est telle que les équipages ont du mal à distinguer la forme réelle de l'objet. Cette difficulté est importante. Lorsque certains récits modernes parlent d'un « engin en forme de diamant », il faut comprendre que la forme géométrique précise n'est pas nécessairement une observation structurale nette. La luminosité intense pouvait masquer le corps de l'objet.
Le phénomène le plus spectaculaire : un objet secondaire
Alors que le F-4 poursuit le phénomène principal, les pilotes rapportent qu'un objet plus petit se détache de celui-ci. Le petit objet se dirige rapidement vers le F-4. Jafari pense qu'il peut s'agir d'une attaque. Il prépare alors son système d'arme. C'est à ce moment que survient le deuxième épisode de défaillance électronique.
Le F-4 est équipé de missiles AIM-9 Sidewinder, missiles air-air à guidage infrarouge. Jafari tente de préparer le tir contre l'objet secondaire. Mais, selon le rapport : le panneau de commande des armes devient inopérant. Au même moment, les communications UHF et interphone sont également perdues. Le tir n'a donc pas lieu. Le pilote effectue alors une manœuvre d'évitement. Le petit objet poursuit sa trajectoire, puis se replace derrière le F-4 avant de retourner vers l'objet principal, selon le récit transmis aux autorités américaines. C'est probablement le passage le plus célèbre de toute l'affaire de Téhéran.
C'est ici que commence véritablement
le débat. Pour les partisans de l'hypothèse extraterrestre, la séquence paraît
extraordinaire :
Approche → panne électronique → éloignement →
retour du système.
Puis :
Tentative de tir → panne du système d'armes → interruption de l'attaque → retour du fonctionnement.
L'interprétation est alors évidente : l'objet aurait produit une sorte de perturbation électromagnétique volontaire ou involontaire. Mais cette conclusion n'est pas démontrée. Le document américain ne dit pas : « L'objet a provoqué les pannes. » Il rapporte que les équipages ont constaté les pannes pendant leur approche. Cette distinction est fondamentale pour une étude scientifique.
La suite de l'observation est tout aussi étrange. Les pilotes rapportent qu'un autre objet lumineux se détache du phénomène principal et se dirige rapidement vers le sol. Jafari s'attend à voir une explosion. Mais selon son témoignage, l'objet ralentit et semble se poser doucement. Il produit alors une luminosité importante au niveau du sol. Le secteur supposé du phénomène est localisé.et les militaires souhaitent ensuite examiner cette zone.
Le mystérieux « atterrissage »
C'est l'un des aspects qui ont contribué à transformer Téhéran 1976 en « cas classique ». Les pilotes pensent avoir vu un objet atteindre le sol. Mais lorsque la zone est examinée ultérieurement, aucun engin n'est retrouvé. Le rapport déclassifié mentionne néanmoins des recherches dans la région et un signal sonore ou « beeping » détecté à proximité. Une maison située dans le secteur aurait également été associée à un bruit important et à une lumière très brillante. Le dossier évoque enfin des vérifications concernant une éventuelle radioactivité. Le résultat définitif de ces contrôles n'est cependant pas publié dans le dossier connu, ce qui interdit d'affirmer que de la radioactivité aurait effectivement été détectée.
Un détail est souvent négligé dans les récits populaires. Le rapport mentionne également un avion civil évoluant dans la région. Son équipage aurait rencontré des problèmes de communication dans le secteur. Mais il faut apporter une nuance importante :
- L’équipage de l'avion civil n'aurait pas nécessairement vu l'objet.
- Il aurait surtout constaté une anomalie de communication.
Cela constitue un élément intéressant parce qu'il introduit un témoin indépendant de l'interférence alléguée, mais il ne constitue pas une confirmation indépendante de l'existence de l'objet lui-même.
Après l'événement nocturne, une recherche est effectuée dans la zone où les pilotes pensent que l'objet secondaire a atterri. Le résultat est décevant : aucun appareil, aucun débris spectaculaire et aucune trace clairement attribuable à un engin inconnu ne sont retrouvés.
Cette absence de preuve physique constitue l'une des principales limites du dossier. Le cas reste donc essentiellement un cas radar-visuel et aéronautique, et non une affaire de récupération d'objet.
L'une des raisons pour lesquelles l'affaire de Téhéran est devenue célèbre est la réaction des autorités américaines. Le 23 septembre 1976, l'attaché de défense américain à Téhéran transmet un rapport concernant l'événement. Le document est identifié sous la référence IR 6 846 0139 76. Il est envoyé à différents organismes américains, notamment :
- 1. Joint Chiefs of Staff ;
- 2. CIA ;
- 3. NSA ;
- 4. White House ;
- 5. Secretary of Defense ;
- 6. U.S. Air Force ;
- 7. DIA.
La transmission est donc loin d'être anodine. Le document original est aujourd'hui
accessible sous forme déclassifiée. https://www.ufoscans.com/joint-chiefs-staff-report/
|
RESUME DU RAPPORT : Rapport déclassifié concernant l'incident de Téhéran Un rapport du Bureau du directeur de
l'aviation civile des États-Unis (USDAO) détaille un incident survenu en 1976
à Téhéran, au cours duquel un avion F-4 a subi une panne totale de ses
instruments et de ses communications lors de l'interception d'un objet aérien
non identifié. Cet objet a émis une lumière intense, a effectué des manœuvres
à grande vitesse et a semblé atterrir, ce qui a conduit à un contrôle de la
radioactivité du site. Ce document est un rapport officiel du
Bureau d'observation des États-Unis (USDAO) à Téhéran, daté du 20 septembre
1976, concernant une série d'observations d'OVNI survenues dans le quartier
de Shemiran à Téhéran le 19 septembre 1976. L'incident a débuté par des
appels téléphoniques de citoyens signalant d'étranges objets dans le ciel. Un
avion F-4 a été dépêché sur place pour enquêter. À l'approche de l'objet,
décrit comme ayant une luminosité intense et des lumières stroboscopiques
clignotantes, le pilote du F-4 a subi une perte totale de ses instruments et
de ses communications. L'appareil a fait demi-tour et les communications ont
été rétablies. Un second F-4 a été lancé et a réussi à verrouiller l'objet au
radar. L'objet a été décrit comme présentant un motif rectangulaire de
lumières clignotantes bleues, vertes, rouges et oranges. Au cours de la
rencontre, un second objet est apparu du premier et s'est dirigé vers le F-4
à grande vitesse. Le pilote a tenté de tirer un missile AIM-9, mais son
panneau de commande d'armement est tombé en panne et il a de nouveau perdu
toute communication. Le pilote a effectué des manœuvres d'évitement et les
objets ont finalement rejoint le premier. L'objet principal a ensuite été
observé en train de descendre et d'atterrir, provoquant apparemment une forte
explosion et projetant une lumière intense sur une vaste zone. L'équipage du
F-4 a observé le lieu d'atterrissage depuis une altitude de 4 572 mètres
(15 000 pieds). Un avion de ligne civil se trouvant à proximité a également
signalé des problèmes de communication. Au lever du jour, l'équipage du F-4
est retourné sur les lieux et a détecté un signal sonore près d'une petite
maison avec jardin. Les riverains ont rapporté avoir entendu un bruit fort et
avoir vu une lumière très vive, semblable à la foudre. La zone faisait
l'objet de contrôles de radioactivité au moment du signalement. LE PILOTE A TENTÉ DE TIRER UN MISSILE AIM-9
SUR L'OBJET, MAIS À CE MOMENT-LÀ, SON PANNEAU DE COMMANDE D'ARMES S'EST
DÉCLENCHÉ ET IL A PERDU TOUTES LES COMMUNICATIONS (UHF ET INTERPHONE). |
« An out standing report » : la
célèbre évaluation de la DIA
L'un des passages les plus cités du dossier est l'évaluation effectuée par
la Defense Intelligence Agency.
L'analyse considère le rapport comme exceptionnellement intéressant et souligne plusieurs éléments :
- ·
Plusieurs
témoins ;
- ·
Des
témoins considérés comme crédibles ;
- ·
Une
observation visuelle ;
- ·
Une
confirmation radar ;
- ·
Des effets
électromagnétiques rapportés ;
- · Des performances de manœuvre jugées inhabituelles.
La DIA considère ainsi le dossier comme un cas particulièrement intéressant pour l'étude du phénomène OVNI. Mais une précision essentielle s'impose.
« Out standing report » ne signifie pas « vaisseau extraterrestre confirmé ».
La DIA juge la qualité et l'intérêt du rapport, pas l'origine extraterrestre de l'objet. C'est une nuance souvent perdue dans les récits ufologiques.
Autre correction importante : On lit fréquemment : « La DIA a enquêté sur l'OVNI de Téhéran et a conclu qu'il était extraordinaire. » C'est une formulation trop simplificatrice. Le document initial est un rapport d'information militaire américain provenant de Téhéran, établi par le personnel diplomatique/militaire américain à partir des informations recueillies auprès des Iraniens. La DIA l'a ensuite reçu, évalué et diffusé. La différence est importante historiquement.
Il s'agit donc plutôt de :
Témoignages iraniens → interrogatoire/collecte par les Américains → rapport de l'attaché de défense → circulation auprès des agences américaines → évaluation DIA.
Cela renforce la valeur documentaire du dossier, mais ne transforme pas le rapport en enquête scientifique indépendante.
Un cas extraordinairement documenté… mais pas « prouvé extraterrestre » C'est probablement la meilleure façon de caractériser Téhéran 1976.
Ce qui est solidement établi
|
Élément |
Niveau de confiance |
|
Des civils signalent un phénomène lumineux |
Élevé |
|
Le général Yousefi observe le phénomène |
Élevé |
|
Un premier F-4 est envoyé |
Élevé |
|
Le premier équipage rapporte des pannes |
Élevé |
|
Un second F-4 est envoyé |
Élevé |
|
Contact radar rapporté |
Élevé |
|
Deuxième équipage rapporte des perturbations |
Élevé |
|
Tentative de tir d'AIM-9 rapportée |
Élevé |
|
Défaillance du système d'armes rapportée |
Élevé |
|
Objet secondaire rapporté |
Moyen à élevé |
|
Objet semblant atteindre le sol |
Moyen |
|
Preuve physique récupérée |
Absente |
|
Origine extraterrestre |
Non démontrée |
|
Détection par satellite |
Non démontrée |
Quelles explications conventionnelles peut-on envisager ?
L'affaire est difficile, mais « difficile » ne signifie pas automatiquement « extraterrestre ». Plusieurs hypothèses ont été proposées.
A. Une étoile ou une planète brillante
C'est la première hypothèse envisagée au début de l'événement. Elle ne paraît toutefois pas suffisante pour expliquer l'ensemble du dossier, notamment : le déplacement apparent ; le contact radar rapporté ; l'interception ; les objets secondaires et les anomalies électroniques.
Elle pourrait néanmoins expliquer une partie de l'observation initiale, surtout si des effets d'autokinésie ou d'optique atmosphérique ont amplifié l'impression de mouvement.
B. Un phénomène astronomique
Un objet astronomique extrêmement brillant peut-être spectaculaire
lorsqu'il est observé dans un ciel sombre.
Mais là encore, cette hypothèse ne suffit pas facilement à expliquer le comportement rapporté par les équipages militaires.
C. Un avion ou un appareil conventionnel
C'est également une hypothèse à considérer. La région de Téhéran était fortement militarisée. Cependant, les caractéristiques rapportées — luminosité, accélérations apparentes, séparation d'objets et comportement au radar — rendent cette explication difficile à appliquer à toute la séquence.
Des problèmes techniques des F-4
C'est probablement l'élément sceptique le plus sérieux. Il est possible que des pannes électriques, radar, communications ou armement aient affecté les appareils indépendamment du phénomène. Il faut se rappeler qu'un rapport militaire historique ne fournit pas automatiquement :
|
Les carnets de maintenance |
Les bandes radio |
Les enregistreurs de maintenance |
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Les paramètres électriques |
Les enregistrements radar bruts |
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Les données de vol |
Les relevés électromagnétiques |
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Sans ces données, la causalité reste impossible à démontrer.
Mais la simultanéité des pannes reste troublante et c'est précisément ici
que le dossier conserve son intérêt.
Le premier F-4 :
Approche → instruments et communications perdus
→ éloignement → récupération.
Le deuxième :
Approche → communications perturbées → objet secondaire → tentative d'engagement → système d'armes hors service → éloignement → récupération.
Cette répétition donne au dossier une structure inhabituelle. On peut donc raisonnablement parler d'une corrélation opérationnelle rapportée entre proximité du phénomène et dysfonctionnements. Mais il faut éviter de franchir une étape logique supplémentaire : corrélation ≠ preuve de causalité.
L'hypothèse extraterrestre
C'est évidemment celle qui a donné au cas sa célébrité internationale. Dans cette interprétation, l'objet aurait présenté des capacités très supérieures à celles des appareils humains : accélération extrêmement rapide ; manœuvres à grande vitesse ; absence apparente d'inertie ou encore séparation d'objets… Le scénario devient alors celui d'un appareil inconnu capable de détecter l'interception, de réagir à celle-ci et de neutraliser temporairement la capacité offensive du chasseur. C'est spectaculaire. Mais aucune donnée publique ne permet de conclure que l'intelligence derrière le phénomène était extraterrestre.
Une autre possibilité : plusieurs phénomènes
confondus
C'est une hypothèse qui mérite davantage d'attention. L'affaire pourrait ne
pas correspondre à un seul objet.
Il pourrait y avoir eu : une source lumineuse principale ; un ou plusieurs phénomènes atmosphériques ; des aéronefs conventionnels ; des effets radar ou encore des problèmes techniques… Les pilotes ont ensuite interprété ces événements comme appartenant à un même système. Cette possibilité est difficile à tester parce que les données brutes ne sont pas disponibles.
Pourquoi Téhéran 1976 reste un « cas classique »
Le cas possède pratiquement tous les éléments recherchés par les enquêteurs ufologiques :
Plusieurs témoins → militaires → radar → avions
de chasse → tentative d'interception → anomalie électronique → manœuvres
inhabituelles → objets secondaires → documentation gouvernementale américaine.
C'est exceptionnel. Le rapport américain lui-même insiste sur la qualité des témoins et sur la combinaison des observations visuelles et radar. Mais le dossier présente simultanément de sérieuses lacunes : par exemple pas de photographie authentifiée ; pas de film ; pas de débris ; pas d'objet récupéré ……
L'affaire a continué à vivre grâce aux témoignages ultérieurs de Parviz Jafari car en effet durant des décennies après l'événement, Jafari a continué à raconter l'interception, notamment lors d'une intervention au National Press Club de Washington en 2007. Son récit tardif est important pour l'histoire du dossier, mais il faut distinguer : le document contemporain de 1976 de la mémoire du témoin plusieurs décennies plus tard.
Cette distinction est essentielle dans une enquête historique car la mémoire humaine est reconstructive. Un témoignage tardif peut conserver des informations authentiques tout en incorporant progressivement des éléments issus de discussions, publications ou reconstitutions ultérieures.
Téhéran 1976 présente un intérêt qui dépasse largement l'ufologie. L'incident pose une question militaire très simple : Que doit faire une force aérienne lorsqu'un objet inconnu pénètre ou évolue dans son espace aérien et qu'il est impossible de déterminer immédiatement sa nature ?
Le cas illustre également le rôle des systèmes de détection multiples :
Observation humaine + contrôle aérien + radar +
interception + systèmes d'armes.
C'est précisément cette dimension qui rend le dossier pertinent pour l'histoire des PAN/UAP modernes.
Conclusion
Téhéran 1976 : un excellent dossier OVNI, mais pas une preuve extraterrestre L'affaire de Téhéran demeure probablement l'un des cas militaires de PAN les plus sérieux du XXe siècle. Dans la nuit du 18 au 19 septembre 1976, des habitants du nord de Téhéran signalent des lumières inhabituelles. Un général iranien observe lui-même le phénomène. Deux F-4 Phantom sont envoyés successivement. Le premier équipage rapporte la perte de ses instruments et communications à l'approche de l'objet. Le second obtient un contact radar, poursuit la cible, observe plusieurs phénomènes lumineux et rapporte à son tour des perturbations électroniques. Lorsqu'une tentative d'emploi d'un missile AIM-9 est envisagée, le système d'armes devient temporairement inopérant. Les équipages rapportent ensuite des objets secondaires et un phénomène semblant atteindre le sol.
Le dossier est d'autant plus remarquable qu'il ne repose pas seulement sur la tradition ufologique : un document militaire américain contemporain confirme que l'événement a été rapporté aux autorités américaines et largement diffusé dans leur appareil de renseignement.
Mais il faut conserver une ligne critique. Nous savons qu'un événement aérien inhabituel a été rapporté. Nous savons que deux équipages de F-4 ont décrit des anomalies et que le phénomène a été associé à des observations radar. Nous ne savons pas avec certitude ce qu'était l'objet. Et surtout, les archives disponibles ne démontrent ni une origine extraterrestre, ni une technologie inconnue, ni une détection satellitaire.
C'est précisément cette combinaison — documentation exceptionnelle et identification toujours incertaine — qui explique pourquoi Téhéran 1976 demeure, près de cinquante ans plus tard, l'un des dossiers les plus fascinants de l'histoire des OVNI.
Sources documentaires principales
Rapport militaire américain / USDAO Téhéran, septembre 1976, référence IR 6 846 0139 76 : https://ufotransparency.com/files/1976-09-19-dia-tehran-iran-uap-cable-dia-tehran-iran-cable-1976
Copie du rapport Joint Chiefs of Staff / dossier Téhéran : https://www.ufoscans.com/joint-chiefs-staff-report/
Documentation
historique complémentaire sur le témoignage de Parviz Jafari : https://theufodatabase.com/videos/parviz-jafari-discussed-tehran-ufo-encounter





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