Le dossier des OVNI/UAP au Portugal : état des lieux
Le Portugal occupe une place singulière dans
l'histoire européenne du phénomène OVNI (aujourd'hui souvent désigné par
l'acronyme UAP – Unidentified Anomalous Phenomena). Sans être un
pays particulièrement médiatisé sur le sujet, il possède une tradition
d'enquêtes civiles, quelques observations célèbres et un intérêt institutionnel
modéré mais réel.
Position officielle du Portugal
Contrairement aux États-Unis ou à la France, le Portugal n'a jamais
développé de programme officiel connu consacré aux OVNI. Il n’y a donc aucune
cellule gouvernementale permanente dédiée aux UAP, aucune politique publique de
collecte systématique des témoignages et quelques archives militaires et
aéronautiques consultables dans certains cas, mais pas de politique comparable
au GEIPAN français, En fait les autorités Portugaises considèrent généralement
les observations comme relevant de la sécurité aérienne lorsqu'elles concernent
l'espace aérien. Le Portugal a traversé une grave crise économique il y a environ
une décennie, et année après année il se relève de cette mauvaise période. Il a
mis en place un programme économique draconien et il rembourse rapidement les
diverses dettes accumulées. Il est dans de nombreux domaines économiques l’un
des pays d’Europe qui est le plus performant. On peut alors comprendre, après
une chasse permanente à l’économie publique, que ce pays n’ait pas considéré le
dossier OVNI comme étant une affaire urgente et à étudier.
Il n'existe pas aujourd'hui d'équivalent Portugais du GEIPAN français.
Pourquoi le Portugal intéresse malgré
tout les chercheurs ?
Le Portugal présente plusieurs facteurs favorables à d’éventuelles observations
de phénomènes aériens non identifiés, notamment une longue façade atlantique, une
faible pollution lumineuse dans certaines régions ; plusieurs iles importantes
dont les Açores situées au milieu de l'Atlantique Nord, ainsi qu’un un trafic
aérien et militaire important entre l'Europe et l'Amérique du Nord.
Ces caractéristiques expliquent que plusieurs observations aient été
rapportées au-dessus de l'océan Atlantique, au large du Portugal, de même qu’aux
Açores et dans la province mois peuplée de l’Alentejo ainsi que dans la région
urbaine de la capitale : Lisbonne. En fait cette répartition des observations
du phénomène ovni se retrouve d’une façon similaire dans les pays développé
ayant une large façade sur la mer.
Le Portugal, du fait de cette situation, de l’observations de plusieurs cas
importants d’apparition d’OVNI à développé un petit réseau de chercheurs
intéressés par ce domaine et s’est dotée d’une association de bénévoles, qui
enquêtent sur les cas signalés dans le pays. Il faut rappeler que le Portugal
est un petit pays, une grande surface toutefois pour peu d’habitants, soit un
peu plus de 10 millions, dont la majorité concentrée sur les villes de Lisbonne
et Porto.
Le CEIFO est l’association
qui régulièrement fait parler d’elle dans ce pays. En fait le « Centro de
Estudos de Fenómenos Insólitos (CEIFO) » est longtemps resté la principale
association portugaise consacrée à l'étude des phénomènes insolites. Elle
étudie le phénomène ovni via des enquêtes sur le terrain, la collecte de
témoignages, la recherche documentaire en générale et une collaboration avec d’autres
groupes spécialisés dans l’étude du phénomène en Europe. .
Le CEIFO s'est souvent présenté comme adoptant une démarche prudente,
distinguant les cas explicables des cas restant non identifiés. Il a donc une
orientation « scientifique » loin du sensationnalisme ou des petits humanoïdes
gris que l’on retrouve dans les histoires de science-fiction mais pas sur le
terrain.
Signalons également la « Revista UFO (Brésil/Portugal) » qui elle traite le sujet sous l’angle de l’information. Même si elle est brésilienne, la revue Revista UFO entretient depuis longtemps des liens avec les chercheurs portugais. Ancienne colonie du Portugal, au Brésil on parle le Portugais et ces deux pays ont beaucoup de liens communs. Il est à noter que de nombreux auteurs portugais y ont publié des ouvrages sur ce thème...
Évoquons aussi le Réseau MUFON, présent dans de nombreux pays dans le monde, car quelques enquêteurs
portugais collaborent également avec ce réseau international. Notons que
toutefois le Portugal ne possède pas une implantation aussi importante que
d'autres pays.
Les chercheurs portugais connus, qui sont parfois objet d’interviews dans
la presse, qui ont publiés des ouvrages, qui ont écrit ou étudié le sujet ou
qui sont les organisateurs d’associations ou d’événements sont :
- Fina
d'Armada
- Carlos Oliveira
- António Faleiro
Etc…
Leurs approches sont très différentes car certains privilégient l'analyse historique ; d'autres une lecture plus ouverte du phénomène et quelques-uns adoptent une perspective franchement ufologique. Les diverses faces du phénomène sont en fait couvertes par ce panel de chercheurs bénévoles.
Les observations les plus célèbres
Le cas d'Alfeizerão (1957) - L'un des dossiers historiques portugais.
Des témoins rapportent une lumière très intense qui fait des évolutions inhabituelles
et qui disparait rapidement.
Les informations restent cependant fragmentaires.
Le cas des Açores
Les Açores sont probablement la région la plus célèbre. Plusieurs pilotes
civils et militaires ont décrit des objets lumineux, des évolutions sans bruit avec
des changements brusques de direction.
La proximité des routes transatlantiques rend ces observations
particulièrement intéressantes.
Les observations de Lisbonne
Divers témoignages souvent relatés dans la presse et les milieux
ufologiques Portugais sont évoqués depuis les années 1970. Il s’agit de sphères
lumineuses, de triangles lumineux et fréquemment des objets stationnaires.
La plupart n'ont jamais reçu d'explication définitive.
Cas radar
Quelques témoignages évoquent des échos radar inhabituels associés à des
observations visuelles. Comme dans beaucoup de pays européens, la documentation
disponible est toutefois limitée.
Le phénomène de Fátima : un sujet à
part
Une partie des ufologues portugais considère que les événements de 1917 à Fátima
peuvent être étudiés sous l'angle des phénomènes aériens anormaux. Parmi les
arguments avancés on fait état de phénomène lumineux ; modification de la
luminosité ; descriptions inhabituelles du « soleil » et de réactions physiques
rapportées par les témoins.
Cependant : l'Église catholique interprète ces événements comme des
apparitions mariales ; les historiens des religions privilégient une lecture
religieuse et la plupart des scientifiques ne considèrent pas Fátima comme un
dossier OVNI au sens moderne.
Ce sujet demeure très controversé. Il a fait l’objet de nombreux ouvrages
et de nombreuses études sous l’angle ufologique.
Les OVNI et l’armée, dans les médias
et ce qu’on en pense au Portugal.
Aucune preuve publique ne montre que les forces armées portugaises aient
développé un programme comparable à l'AARO américain ou encore aient développé une
base de données nationale sur les UAP. Ce dossier ne semble pas être d’un
quelconque intérêt de la par de l’armée Portugaise. Il faut noter que quelques
pilotes militaires à titre personnel, ont néanmoins rapporté des phénomènes
inexpliqués au fil des décennies.
Depuis les révélations américaines (2017-2026), les médias portugais
traitent davantage les UAP évoquant les travaux de l'AARO américain, les
auditions du Congrès des États-Unis ou encore les débats scientifiques
internationaux. Le ton est généralement plus prudent qu'auparavant. On ne
trouve toutefois que rarement de grandes enquêtes sur le sujet dans les médias Portugais.
Aucun grand congres mondial n’a été organisé au Portugal et en conséquence la
presse n’a pas l’occasion d’être informé sur ce dossier et sur les personnes
qui au Portugal peuvent les étudier. En fait les ufologues Portugais sont peu
actifs dans le domaine de la communication, contrairement à ce qui se passe au
Brésil. En France on peut être informé par un nombre important d’associations,
de réunions, de repas, de conférence ou de rencontres diverses. Chaque semaine sur
le Territoire Français, un ou plusieurs événements sont organisés sur le
dossier des OVNI, ce qui n’est pas le cas au Portugal ou de telles réunions n’existent
pas.
Parmi les opinions exprimées par la population à propos des OVNI – UAP, on
retrouve les mêmes grandes tendances qu'ailleurs. On trouve une frange de
sceptiques qui estiment que la quasi-totalité des observations relèvent de méprises
astronomiques, de satellites, de drones, de phénomènes atmosphériques ou encore
d’erreurs d'identification. Une partie de la population qui s’intéresse au
phénomène, les Ufologues considèrent qu'une faible proportion des cas demeure
réellement inexpliquée. Selon ces Ufologues, les témoignages multiples, certaines
observations radar ou les rapports de pilotes méritent une étude scientifique
approfondie. La faible population du pays explique aussi que ce milieu
ufologique, en fait très limité, ne soit pas aussi actif par rapport à la
majorité des pays dit développés.
Dans le domaine scientifique, la majorité des chercheurs qui s’expriment, adopte
une position intermédiaire et estiment que certains phénomènes restent non
identifiés, mais cela ne constitue pas une preuve d'une origine extraterrestre.
Conformément à l’image que démontre le Portugal dans ce domaine, les
scientifiques qui s’expriment, en fait peu nombreux, restent prudents et par
manque de moyen, d’ambition, ne pensent pas à militer pour engager des
recherches sur le phénomène des OVNI – UAP ;
Comparaison avec d'autres pays de l’implication du Portugal dans la
recherche Ufologique
|
Pays |
Niveau d'implication |
|
France |
Très élevé (GEIPAN) |
|
Royaume-Uni |
Archives historiques
importantes |
|
Espagne |
Déclassification partielle |
|
Italie |
Plusieurs organismes civils
actifs |
|
Portugal |
Activité civile modérée,
implication officielle limitée |
Évaluation générale
Le Portugal ne constitue pas un « point chaud » mondial du phénomène OVNI,
mais il représente un terrain d'étude intéressant grâce à sa position
géographique et à quelques dossiers marquants. Les principaux traits du paysage
portugais sont :
Une implication institutionnelle limitée : pas de programme national dédié
aux UAP, contrairement à la France ou aux États-Unis.
Une communauté ufologique active mais de taille modeste, organisée autour
d'associations et de chercheurs indépendants.
Des cas notables, notamment dans les Açores, où des pilotes civils et
militaires ont signalé des phénomènes inhabituels au-dessus de l'Atlantique.
Un intérêt renouvelé depuis les révélations américaines sur les UAP, qui
ont encouragé une approche plus ouverte dans les médias et chez certains
chercheurs.
En résumé, le dossier portugais est moins riche en volume que ceux de la
France, du Royaume-Uni ou de l'Espagne, mais il contient plusieurs observations
de qualité qui continuent d'alimenter les recherches et les débats sur les
phénomènes aériens non identifiés.
EQUIPE REDACTIONNELLE DU GEOS France.
GL


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